Polybe. IX
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SES ŒUVflES 367
conséquent de l'impartialité rigoureuse de l'iiistoire, d'ailleur» plus précis sans doute et plus techoique que De l'étaient la plupart des écrits do ce genre. Dans les dernières années de sa vie, il composa aussi un récit de la prise de Numance par Scipion (133); peut-être avait-il accompagné Scipion dans celte campagne ■. Enfin on cite encore de lui un ouvrage géographique (riepi VTiç TCtpi TÔv tuDjupivoy oixTiaEtoc) *, qui n'était sans doute qu'un extrait du livre XXXIV de sa grande Bisloire. Celle-ci, en quarante livres, est son œuvre capitale, et de celles qui font époque dans l'évolution générale de la science historique. La composition de cet immense ouvrage dut occuper la plupart des années de sa maturité. II eut le temps non seulement de le fmir, mais encore d'y ajouter cotte sorte d'épilogue, VBisloire de la prise de Nwnance.
Le titre de son ouvrage est 'Iffroptai. Le sujet, c'est l'histoire des soixante-quinze années qui s'écoutent entre le début de la seconde guerre punique (221) et ta, prise de Corinthe (146). Mais ce sujet ne commence qu'avec le troisième livre ; Polyho a écrit, en guise d'introduction, deux livres préliminaires sur les événements qui se sont passés de 264 à 221, c'est-à-dire depuis le commencement de la première guerre punique, fie cette façon, son histoire fait suite, dans son ensemble, à l'ouvrage de Timée, qui allait jusqu'à l'année 264, et, dans sa partie essentielle, il continue celui d'Aratos de Sicyone, qui s'arrêtait à l'année 221. Ces circonstances, que Polybc rappelle lui-même ', ont pu contribuer à déterminer le choix de son sujet. Mais d'autres raisons plus fortes, tirées delà nature des choses, devaient l'y pousser. La période dont il a entrepris de
t. Cicéron. Epiêt,. V, 1!, £.
!. Geminna, BCanYurn ■'< 'Aporov, 13 (p. S4, D}.
i. Pol7be, I. 3, 3. et 5, 1.
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conter l'histoire est ccUo où se dessine clairement la us g;rando révolution politique de l'antiquité, la souission du monde civilisé tout entier aux armes de ime. En moins de cinquante-trois ans, comme le dit lybe <, Rome fait passer sous sa domination presque aie la terre habitable (221-168); dans les vingt-deux nées suivantes, elle achève la conquête de la Grèce la destruction de Carthage (168-I4fi). Par une conséence nécessaire, l'histoire doit changer de nature : particulière, il faut qu'elle devienne générale ou unirselle. Jusque-là, les diverses nations de l'antiquité mient chacune de leur vie propre et no se renconlient qu'exceptionnellement : désormais, leurs histoii s'enchevêtrent et se mêlent sans cesse, et il faut que récit qu'on en fera reproduise cette unité, comparable :elle d'un seul corps. Polybe a vu nettement le carac- 'e de cette transformation, qu'il a décrite avec préciin dans sa préface *. il a voulu faire non une série listoires particulières, mais une histoire générale, qui iroduisît avec vérité la vie totale de ce grand corps 'est devenu le monde civilisé. II a suivi son plan avec ipleur et régularité. A. partir du lli* livre, il entre, ec la guerre d'Annibal, dans le cœur de son sujet, mant de front l'histoire de l'Italie et celle do la Grèce, ainsi se poursuit Jusqu'au bout, à travers ses quaite livres, cet immense tableau de la conquête roline.
Malheureusement, l'ouvrage de Polybe n'est pas arrivé act jusqu'à nous. Les cinq premiers livres sont com- !ts : ils nous conduisent jusqu'à la bataille de Cannes, ur les treize livres suivants (Vl-XVlll), nous avons corc de longs extraits textuels, qui nous ont été coD- ■vés dans des manuscrits spéciaux . Pour les vingt-deux
.Polybe, I. 1, S.
. Polybe, 1,3, 3-*;I. i.
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