HISTOIRE PRAGMATIQUE
derniers, nous n'avons plus que des fragments d'importance el d'étendue fort inégales, dont les plus considérables provicnnoDl d'une compilation faite au x* siècle par Constantin Porphyrogénète '.
On s'est souvent demandé à quel moment de sa vie Polybc avait conçu la première idée de son histoire et s'il t'avait publiée en une ou en plusieurs fois *. Il est clair que la période de cinquante-trois ans qui finit en 168, par la défaite dcPersée, est pourlui la période décisive. 11 est donc permis d'en conclure qu'il conçut l'idée de son ouvrage peu après son arrivée à Rome, et que le récit des vingt-deux années suivantes lui fut suggéré après coup par la marche ultérieure des événements. D'autres indices particuliers conduisent d'ailleurs à la même conclusion '. 11 est possible aussi que Potybe n'ait pas attendu l'achèvement complet de son ouvrage pour en offrir certaines parties à la curiosité de ses contemporains. Mais il est certain qu'il le publia lui-même sous sa forme déCnitive, car on trouve, jusque dans les premiers livres, des allusions précises aux quarante /ivres qui en formèrent l'étendue totale *. Prenons-le
doac comme un tout, et essayons d'en dégager la phy-
sjonomie de Polybe historien.
Ce qui le distinguo profondément de tant d'autres de ses prédécesseurs ou de ses contemporains, simplement érudils et curieux, ou éloquents, c'est d'avoir voulu faire une htsloire pragmatique, c'est-à-dire tournée tout