Polybe, in
G. V. pins haut, p. 367.
Hiit. d* la Litt. gTSiqni. — T. V. 18
jM,Googlc
avaDt tout un voyageur el un observateur, plus préoccupé, dans ses recherches géographiques, de guerre et de politique que de géographie pure.
En outre, il a lu les écrits de ses prédécesseurs. Sans croire que l'érudition dispense de tout le reste, il ne méprise pas l'érudition. Polybe a réellement beaucoup lu. Tous les historiens, tous les auteurs d'écrits potitiques et militaires qui pouvaient lui apprendre quelque chose, il les a mis à contribution. Leurs noms remplissent son ouvrage, et souvent il y fuit allusion sans les nommer. Il s'en sert, mais il les juge. Sa critique est d'une entière indépendance et presque toujours d'un rare bon sens. Elle est sévère, mais non méchante. Il excuse volontiers les erreurs qui viennent d'une ignorance inévitable '. Ce qu'il ne pardonne pas facilement, c'est ta frivolité de ces bcaux-csprJts qui croient suppléer à l'intelligence des choses par k rhétorique el qui font do l'histoire un exercice d'école. Pour ceux-là, ii est intraitable. On l'excusera, ou plutôt on le louera de cette àpreté, si l'on songe à tout le mal que le manque de sérieux a fait à la Grèce alexandrinc dans tous les ordres de choses, l'our lui, son érudition est éclairée avant tout par sa connaissance des affaires et par son bon sens. Il sait très bien, par exemple, qu'un contemporain est d'ordinaire un meilleur témoin qu'un historien postérieur; mais si ce contemporain est un sot ou s'il raconte dos choses impossibles, son autorité de contemporain ne saurait prévaloir contre la raison et la nature des choses '. L'érudition de Polybe ne s'en tient pas aux œuvres littéraires : elle s'attache aux documents de première main. Il a recueilli, quand il l'a pu, les informations orales des principaux acteurs, un Phi-