‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 195 sur 514 · CASTOR DE RHODES · texte numérisé non relu

CASTOR DE RHODES

drie : ces fragmonls ont de l'inlérèt par les renseignemeDts qu'ils nous donnenl sur les travaux antérieurs qui avaient servi de sources au Polyhîstor, mais ils Dous montrenl ea même temps que sa curiosité, toujours attirée vers de nouveaux objets, se contentait en somme de copier et d'extraire, et ne sut jamais faire œuvre originale.

Castor de Rhodes, qui doit son surnom à la cité où il avait étudié, et dont le lieu de naissance est inconnu, est un contemporain de PolyhJstor. Sa vie futun roman < : sorti d'une humble condition, il entre par un mariage dans la famille de Déjolarus, prince des Galates; il rend d^ services à Pompée, qui lui donne le titre d'ami du peuple romain, et il meurt victime de la vengeance de Déjotanis, qu'il était venu accuser sans succès devant César. Son principal titre à figurer ici consiste dans un ouvrage intitulé Xpowxi, sorte de table ou de résumé chronologique, donnant la date de tous les règnes, de toutes les magistratures éponymes des pays civilisés, depuis le fabuleux Ninus jusqu'au triomphe de Pompée en 61. Ce n'était certainement pas l'œuvre d'un écrivain. Il n'est même pas sur que ce fut l'oeuvre d'un grand ssvant. Mais c'était un ouvrage commode, assuré par conséquent d'un succès qui a préservé son auteur de l'oubli ».

La philosophie de cette période, sans s'élever bien haut, est plus intéressante que l'histoire. Ici encore, la

I. Saidas. Kâir^up- Cf. Susemihl, II, p. 365. — Fragments recueillis par C. MQller, à la suite de l'Hèroilote-Didot. 1 II avait anssi composé divers ouvrages de rhétorique.

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grande originalité créatrice manque. Les écoles traditionnelles offrent cliacune un corps de doctrine arrêté, qui suffit en général aux besoins des intclligenceB. La morale, d'ailleurs, continue à être plus goûtée que la métaphysique. Maie il s'opère, sur les confins des écoles, pour ainsi dire, un mouvement d'échanges et d'emprunts qui a sa nouveauté. Dans cet âge d'érudition, l'ardeur des luttes anciennes fait place à une curiosité sympathique et éclectique. Delà, sous la diversité des étiquettes officielles, une sorte de philosophie des honnêtes gens, qui doit peut-être quoique chose au peu de goût du monde romain pour Icsdisputespurement dialectiques, el qui, en tout cas, s'adapte mieux ainsi au nouveau milieu dans lequel elle doit se développer. Car c'est à Rome ou en Italie que vivent désormais les philosophes les plus en renom. L'esprit romain, sérieux et pratique, aîme les choses morales. Lesphilosophes sentent le terrain favorable et s'y engagent de plus en plus, en prenant, peut-être parunesorted'instinctobscur, les précautions nécessaires pourplaire àleurs nouveaux disciples. Comme d'ailleurs quclqUes-uns de ces philosophes sont des hommes distingués, il vaut la peine d'esquisser rapidement leurs physionomies.

Le premier en date, et l'un des plus remarquables, est le stoïcien Panaitios *. Né à Rhodes dans le premier quart du second siècle, il eut pour maîtres, soit à Pergame, soit à Athènes, divers philosophes, et surtout Cratès de Maltos, à la fois stoïcien et grammairien. 11 vint à Rome, où il vécut longtemps dans le cercle des Scipions; il y connut Polybe '. Il passa probablement ses

1. Siiidas, navairiDc (où le compilateur distingue ft tort deux Panaitios). Cf. Schmekel, Die PhUosophit der millleren Sloa, ISflï. — Fragments dans Van Lynjen, De Paitaelio Rh. philotopho tloico, Leyde. 1802.

a. Cicéron. De Rtp.. I, !I, 3i.

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PANAITIOS; POSIDONIOS 309

dernières années^à Athènes. Biea que stoïcien de profession, Panailios n'est pas un sectateur servile de toutes les traditions du stoïcisme : c'est un esprit libre et délicat, qui prend son -bien partout où il le trouve, chez les plus grands esprits de toutes les écoles. Il admire Platon, qu'il appelle l'Homère dos philosophes ', et il accepte beaucoup de ses idées, tout en repoussant les théories du Phédon ^ ; il cite sans cesse Aristotc, Cranter, Théophrasle, Démétriosde Phalère, auxquels il fait des emprunts '. Dans son style aussi, à la différence de la plupart des stoïcîensj il vise à plaire et se pique de parler la langue des honnêtes gens *. Il avait composé de nombreux ouvrages, notamment Sur le devoir (lUpïToO xt^.tmm'). Sur laprovidence {flepl np(nioia;),5ur lapolitique (nfpiT:o>,tTïiocî). Onsait combieu Cicéron les goûtait et combien il s'en inspira. Il est très regrettable que nous n'ayons plus le moyen de nous en faire une idée . sur le peu de fragments qui nous en restent. Mais on ne risque guère de se tromper si l'on imagine l'auteur de ces traités comme une sorte de Cicéron grec, moins orateur probablement et moins « consulaire », mais d'une simplicité très élégante et très agréable, un imitateur habile des modèles attiques.

Posidonios, d'Apamée(en Syrie), fut l'élève de PanaitioB^ De grands voyages d'exploration, dans l'Occident, l'amenèrent à Rome, où il se lia avec les personnages les plus considérables; il s'établit ensuite à Rhodes, où

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