Cette étude a vté commeacâe à la fin da dernier siècle pM
DIODORB DE SICILE 347
exposé, il suit un auLeur principal, qu'il ne nomme pas, mais que l'on peut ordinairement reconnoitre. 11 le choisit le plus aouveot, moins pour sou renom de V éracité, que pour certains caractères de son récit : il aime la multiplicité des détails, la variété, les tableaux ékMfuents, plus encore les histoires d'enseinhie toutes faites, qui simpliQaicDt sa lâche : c'est ainsi qu'il a négligé Thucydide et Xénophon, pour se servir d'Éphore, parce que celui—ci avait simpliUé les récits de ses prédécesseurs et que d'ailleurs sa nature d'esprit convenait mieux à celle de Dîodore.
Ses principales sources semblent avoir été : pour l'histoire primitive de l'Egypte, llécatée d'Ahdère (I, 37,et 46);pour celle de la Perse, Clésias (11,32 ctXYI.i6); pour la période mythologique de la Grèce, Denys la CycLographe (lU, 52 el 66); pour l'histoire grecque jusqu'à Alexandre, Hérodote (II, 13 et 32; XI, 37), Éphore et Théopompe, qu'il cite fréquemment, Anaximèae d« Lampsaque (XY, 76 et 89), Caitisthène (XIV, 117) ; pour celle d'Alexandre, Clitarque (II, 7, 3) ; pour la période des Diadoques, Douris de Samos (XV, 66). L'histoire de la Sicile, qui tient une grande place dans son récit, est écrite surtout d'après Philistos (XIII, !03 et XV, 8») et Timéa (citations fréquentes). Pour celle de Rome, il dépend de MénodoLe de Périntbe et de Sosylos d'Iliuiu (XXVl, 4),
Heyoe. dont la dissertation De fonlibu* et aucioribtu hialoriarum Diadari {IIH) ee troate dans les tomes I et II de l'édition de Dfn* dort. Elle a. été reprûM et activenuaat menée de dos jours par divers savante. Voir, ponr la bibliographie campLéte de ces recherches, Shifer. QuttUnkril. II. 87. Citons seulemcnl : VoiquardscD, I/nters. abtr dia Quetien A. griech. u. m<-ii. Geach. bei Diodor Xt-XVl, Eiel. 1S«8; Clason, Die rùmiMcfie QuilU Diodon (({«idelb. Jabrb. lS7i); Baako. dt Duride Samio Diodori auclore, Bonn, 1ST4; G. Kmiltng.dissertationBsnr les sources de Dioilore dans le Rhein. Mu»., tSTB «t années buIt. ; Borneniann. De Castorit ehmnicà Diodon Siculi foHteac norraa, LQbeek, 1S7S ; Uiig«r. Diodnra Quelieii in der Dtad»* theagetc/ticUe (Acad. de Mmiicb, classe de pbilol. etbist., 1870).
348 CHAPITIÎK II. — D'AUGUSTE A DOUITIES de Polybc et de Posîdonios. Beaucoup de ces aiileun semblent avoir été suivis par lui pas à pas, te plus souvent abrégés, quclqucTois copiés, ou peu s'en faut. Jamais, il ne s'est avisé de remonter au delà, de les contrôler par les monuments, Jes archives, les inscriptions: ou simplement par un sens Ferme de la probabilité. D'un bout à l'autre, sa bibliothèque est donc, non seulement un ouvrage de seconde main, mais presque une série d'extraits, légèrement arrangés. Il est vrai que ce manque mémo d'originalité lui donne en un certain sens une valeur spéciale, puisqu'elle nous a ainsi conservé une sorte de reproduction de beaucoup d'ouvrages perdus.
Cette manière de faire suffit à dénoter une médiocrité d'esprit, qui apparaît plus vivement encore dans le travail proprement littéraire. Enchaîné à ses auteurs, Diodore n'a pas même su suivre le plan qu'il s'était tracé à lui-même. Après avoir répudié, comme on l'a vu, la méthode annalistique, qui morcelle le récit par années, il y revient dans une grande partie de son exposé. Comment en serait-il autrement ? Les vues générales qui lui auraient seules permis de constituer dans l'histoire universelle des groupes de faits vraiment homogènes, il ne les a pas. Nulle idée du progrès ou de la décadence des peuples, des causes qui les ont mis en contact les uns avec les autres, des emprunts qu'ils ont pu se faire mutuellement, ni de la marche de la civilisation. La constitution des grands empires, le développement de la puissance romaine, en un mot les faits dominants qui englobaient tous les autres, ne semblent pas l'avoir frappé. Il n'a point de philosophie. H est vrai qu'il voit partout l'action de la providence ; mais cotte action, telle qu'il la conçoit, se réduit à une puérile distribution de récompenses et de peines. Du reste, il n'est ni homme d'État, ni homme de guerre. Même l'histoire des
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lettres et des eirts, à laquelle il a eu la bonne idée de faire une place çà et là, est étrangement traitée par lui, selon le hasard de seB informations : il parle de Philoxèoc et de Timothée (XIV, 40), cl il a raison ; mais il no nomme pas Euripide, et il ne mentionne Eschyle qu'à propos de son frère.
Comme écrivain, son principal mérite est d'être clair. II écrit avec une facilité banale, dans une langue sans couleur '. Sans cesse, il se sert des mots abstraits et vagues qui remplaçaient alors dans l'usage les manières de direjprécises et vivantes d'autrefois. Dans l'exposé des faits, il est plutôt sec ; dans ses préfaces, lorsqu'il énonce des considérations générales, il n'est pas exempt (l'emphase. Louons-le du moins de n'avoir pas abusé des harangues (XX, 1).
En somme, Diodore nous fait sentir très vivement à quel point la littérature grecque avait alors besoin do se relever par le sentiment de l'art. Ce sentiment est chez lui aussi faible que possible ; il n'était pas plus fort chez la grande majorité de ses compatriotes. Mais une réaction commençait à se dessiner; ei nous avons maînteuant à en suivre le développement, d'abord lent et obscur, puis rapide et décisif.
On a vu combien l'art d'écrire avait été négligé par les philosophes et par un certain nombre d'historiens dans la fin de la période précédente, et d'autre part quelle fâcheuse tendance se manifestait dans la rhétorique d'alors. L'éloquonceditej4sia/rjueavait paru quelque
I. H a soin d'âvïter l'hiatns : cela faisait presque partie alora da boQ ton : Leipxig. Slad., HT, 303, dissert, de Eaelkcr, De kiatu in libnt Diùdori.
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temps devoir prédominer dans tout le monde grec, et on l'avait vue, à Rome même, se faire accueillir d'un certain nombre d'orateurs, préoccupés de suivre la mode. Mais, en général, le bon sens romain avait résisté. En résistant, il rendit aux Grecs le service de leur ouvrir les yeux sur leurs propres ridicules. Dès les dernières années de la République, la réaction est manifeste, el elle s'accentue, d'une manière décisive, dans les premières années de l'Empire.
Cicéron, un des mailres du goût romain, avail éIo- (juemment recommandé, dans un grand nombre de ses ouvrages, l'étude des meilleurs écrivains classiques el décrié le mauvais goût contemporain. Sénèque le père, dans ses Controverses, atteste que l'opinion des écoles, au temps d'Auguste, opposait à la frivolité prétentieuse de la déclamation grecque la vigueur plus saine de la déclamation latine ', De tels jugements devaient rappeler les Grecs à eux-mêmes : leurs propres témoignages nous apprennent que cette influence fut efficace '.
Si les éludes proprement grammaticales ne semblenl pas avoir eu d'action bien marquée sur cette renaissance du goùl littéraire, elles y contribuèrent du moins indirectement en perpétuant l'étudo des auteurs classi-
1. Spoéquo, Conlrov. II. 6, 12. Voir aussi X, Î3 el !5, son jugement sur le rhôleur grec Dorion, qu'il conBidère comme une Borle de fou, t furlose dinit •. et sur un autre Grec, Aemlliatios, à propo» duquel il écrit : i Grxcus rhelor, quod genuE slullorum amabilissimum est ■, Il nous apprend (X, 4, 21) que le célèbre Porcins Latro Ifinorsit de parti pris et tndprisait les Grecs.
S. Denye d'Halic. Oral. Altiquêt, Préf. 3: Aliia B' oI|uii thX if^ lîlî TOOBiJtr,; [leTaSolîpt éïtvtro t JtiVTuv xpotB-Jint P(û|ii,i|, wp-n i*-jt"i' ivaynilouua tàt êl«( itiitic ànoSlâittiv- xoii laiiTii! t' avTÎit ol î«*aff- TdJovnc, xai' «psTTiV uni inb toû xpatlotow là xoivà îiowoCïTtî. iumi- Btu-toi icdiï-j xa'l yevvciîoi làî npiiliî TEvi[ie>oi" îif ' il* xoonovp;tvoï 'A H çpivinoï tr|( niïeoi; nîpoî ïti )i3X)ov iiriEéEdjite «a\ tb ivir.tov i,ia-îxiv-
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GRAMMAIRIENS DU PREMIER SIËCLB 351 ques. Toutefois, elles n'eurent pas assez d'éclat sous ie règne d'Auguste cl de ses premiers successeurs pour que nous puissions nous y arrêter longtemps. Noua n'en dirons que quelques mots.
C'est toujours entre Rome et Alexandrie qu'elles continuent alors à se partager. Presque tous les grammairiens de ce temps, comme ceux de la précédente génération, procèdent d'Aristarquc et se proposent de continuer, ses travaux. Ce sont, comme lui, des critiques et des commentateurs. Ils s'attachent, comme lui, aux textes classiques, particulièrement à ceux des poètes, et de préférence à Homère. Accessoirement, ils s'occupent aussi de travaux plus généraux sur la langue, et déjà quelques-uns d'entre eux cherclient à établir l'usage attiquc, sans èlre toutefois dominés encore par les préoccupationsdc purisme qui prévaudront un peu plus tard. Quant à la théorie grammaticale, ils semblent se soucier médiocrement de la faire progresser : elle restera jusqu'au temps d'Apollonios Dyscole ce que Denys le Thrace l'avait faite.
Beaucoup de ces grammairiens ne peuvent être ici que mentionnés en passant : tels Apollonidès de Nicée, Philoxène d'Alexandrie, Zenon, Polybe, contemporains do Tibère et admis à sa cour, Sotéridas, qui vivait sous Néron, Alexion, Archibios de Leucade, Héracléon, Heraclite de Milet : tel encore Épaphrodite de Chéronée, qui enseigna à Rome sous les règnes de >'éron, Vcspasien, Tilus et Domitien, et mit à profit les ressources de sa ricbe bibliothèque pour commenter Homère, Hésiode, Pindare, Cailimaqueet les poètes comiques'. — Quelques autres, sans avoir eu peut-être un mérilc supérieur, (mt QD peu plus d'importance néanmoins, parce que leurs
1. E. Lnentzner. Epaphroditi Qrammaiici qum tuptrtunt, Bonn, ISM. Cal Épaphrodlta fut probablement l'ami et le protecteur de rhistorien Joseph.
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352 CUAPITRE II. — D'aUGUSTE A DOMITIEN ouvrages nous sont mieux connus. Th6on, par exemple, qui probablement tint école de grammaire sous Auguste, doit une certaine notoriété à ses scolies.. souveoL citées, sur les poètes tragiques et comiques ainsi que sur Apollonios de Rbodes, et à son Lexique de la tragédie elèt la comédie. 11 semble avoir été un de ceux avec qui commença cette littérature de lexiques spéciaux, qui va se continuer à travers toute la période impériale'. — En co genre, un des plus notables grammairiens des débuts de l'Empire, est Pampbilos d'Alexandrie, un peu postérieur à Théon. Son ouvrage Sur les expressions rares (nef i yXtiwsûv t'toi W^euï), immense recueil en 93 li vrcs, était une sorte de monument élevé par l'crudilion à la lillérature classique; et nous voyons, en fait, que les philologues des siècles suivants n'ont cessé d'y puiser comme dans un trésor^- — Très au dessous de lui, on peut nommer aussi Érotien, qui composa sous Néron un Lexiçtte d'Bippocrate, venu jusqu'à nous'.
Dans le groupe plus intéressant des commentateurs d'Homère, mentionnons d'abord : l'tolémée d'Ascalun, qui semble avoir vécu et enseigné à Rome au temps de César * ; Sélcucos, surnommé « l'Homérique », un des
i. Suidas, 'A:iL(oï. Cf. Hesychioe. Lexique, préface, et ApoUon.de Rhodea, À>sonaul.,p.i3î, 1. 16 de l'édilion Merkel. Gieee, D( neo« grammalico, 1861.
i. Suidas, nitifilo; 'AX(E*vSptû;. Voir en particulier Athénée, qui l'a mis sans cesse i contribution. Outre divers commentaires, Pampbilos avait âcrit aussi un Manuel de critique {rix'"i xpicnr,), danl Il ne reste rien.
3. Ërolianos, tûv «ap' 'Irnioxpàtti liÇtuv ovviyufii, édition de Klein. LeipziR, 1865.
i. Suidas, IlToUtiaro; 'AiTxaX<iiv[TT,;. Son traité Sur la diorthote d'Homère par Arislarqae e&l souvent cité par EuEtiillie. Les scolies de l'Iliade B6 réfèrent aussi, an plusieurs passages, à un écrit de lui Sur l'accentuation homérique. 1.e litre de son traité perdu Sur Chellénitmt ou l'art de parler correcltmeal (itîpV "EH.TtVioiioû r.ini ipSotitia;) est intéressant, en ce qu'il montre comment les pbîlulogues d'alors avaient à défendre la langue grecque contre l'invasion du néologisme et des mauvaises prononciations.
GRAMUAIRIENS DU PREMIER SIÈCLE 353 gFEunmaî riens attitrés de Tibère '; puis tes auteurs de Lexiques homériques, Apolloiiîos,lilsd'Archibîo6, Apion, Hérodorc. Lo Lexique d'Apollooios est venu jusqu'à nous, du moins en abrégé '; celui d'Apion paraît s'être fondu, par suite de remaniements, avec celui d'Ilérodore, de façon qu'ils n'ont plus formé qu'un seul ouvrage, souvent cité dans nos scoliose Apion, du reste, s'est plus adonné à l'érudition historique qu'à la grammaire proprement dite, et nous aurons à revenir sur lui un peu plus loin, quand nous parlerons de riiisloriographie du premier siècle. — Ënlin, il faut surtout distinguer, comme le plus important pour nous des « homéristes » d'alors, Arislonicos d'Alexandrie, probablement contemporain d'Auguste^. Sa notoriété lui vient de ses deux traités Sur les siqnes de l'Iliade et Sur les signes deiOdijssée{Wt^\'Tt^'j.i{un 'Vk.xil 'OS.), où il expliquait la signiûcation et la raison d'être des signes qu'Aristarque avait mis en marge des deux poèmes. C'était en réalité un double commeulaire, dans lequel les remarques d'Aristarque étaient critiquées et complétées. Les fragments qui nous en restent en attestent encore la valeur^.
1. Saidas, Sili-jxo; 'AXiUvSpiù:. Suâlone, Tib. c. SO. Ses commentaires sont citéa dans les Bcolios do VlUade et de VOdyuét. Autres ouvrages menlionnés par Suidas et AlhÙDéo (IX, 337) : un glossaire, un trait>: étendu Sur l'heiléniame (voir la note ci-dessua).
ï. Suidas, 'AnoiXiàmo; 'Ap^iSiou ; art. Apollonins, n° 80, dans l'Eneycl. do Pauly-Wissowa. Éditions du Loiique par Vîlloison. 2 vol., Paris, 1773, et par Belilier, i vol., Berlin, 1833. Travaui critiques ; K. Forsmann, De ArUtarcho ltj:ici Apollonii fonte, HelsJD- Fors, 18S3 ; h. Leydo, De Apollonii lophiita lexico komerico, Leipzig, IMS.
3. Eustathe, Iliade I, 20: 'Aitîuv xal 'HpiBupot ûv Ciltliav ti; t'a. t«D 'Opi^po-j çiptTai. Ailleurs et fréquemment: 'Ev loï; 'Atiiuvo: xal 'HpoSwpo'j. Cf. Lchra, De Arial., p. 3S7.
4. Suidas, 'Xpia-intoi. Strsbon, T, 38; 'Apio^viu: é 7iai'i,\t3i TfiiitLtLitiûî. Lelirs, De Aritl., I-IS. Art. de Colin, Arittonicot, n* 17, dans Pauly-Wis»ovs.
5. Des rragments importants du premier de ces traités se troa- Hiat. de la LiH. grwqae, — T. V. 23
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354 GHàPITBE II. — D'AUGUSTE A DOMIXIEÎJ
Ed dehors de ce groupe, mais toujours parmi les auxiliaires de la littérature qui ne sont pas eux-mêmes des littérateurs, on peut nommer encore Héliodore, connu surtout par ses travaux sur ta métrique d'Aristophane, bien qu'il se soit, lui aussi, occupé d'Homère'. Héliodore acontinué, comme mclricien, la tradiliou qui avait commencé avec Aristophane de ByzanceeL qui allait se continuer jusqu'à Héphestion; la valeur de cette méthode a été appréciée plus haut.
Tous ces spécialistes ont eu leur rôle et leur mérite. Mais il n'y a parmi eux ni un homme supérieur, ni ud novateur, ni un écrivain. Ils n'intéressent l'histoire de la littérature que d'une manière indirecte.
On peut en dire autant des maîtres de rhétorique cod- Icmporains.
Lorsque le dis de Cicéron étudiait à Athènes, en ii, il prit des leçons d'éloquence grecque auprès d'un certain (iorgias *. Quintilien nous le signale comme l'auteur d'un traité en quatre livres Sur les figures de rhétorique, qui fut traduit en latin et abrégé par Rutilius
vent conserfès dans les scolies de l'Iliade, en particulier dans celles du (lélébro manuscrit de Venise ; ils ont été édités par Friedlaendcr, ^m/onici Ilepî or.utcuv 'IXiiiîoj reliquix. Goltïngfe, 1863. Dn BecoDd traité, il ne reste que peu de chose dans les ecolies, beaucoup moins riches, de l'Odi/siée ; 0. Carnuth, Àritlonici «tpt otiIuîht 'Oîuo-oîfac retîquix, Lipsiaî, 1889. Aristonicos avait écrit en outre des ouvrages du mémo genre sur la Théogonie d'Hésiode et peutêtre sur les Travaux et Jours,
I. Héliodore a dû écrire une Colomélrie des parties lirriques des comédies d'Aristophane; voir la scolie à la tin desNuéa et à laSn de la Pair ; cf. GHifpe», 1282 et Paix, 1353 ; Dueboer, Scitol. Gr. in .4m(opA. .Didot, Proleg-, p. X. Travaux critiques: Th. Bergk. Heliodofut grammalieus, Rbein. Mus., iSiî, p. 37( ; 0. Hense, BfUodoreiteke Vnlenuchungen. Leipzig, 1870. Fragments de la Colométria d'Aristophane, éd. G. Thicmann, Halte; 1869, Travaux sur Homère, Schol. lliad. m, 4ÏS et V. 287 ; Hesych., Ux ., Préf.
t. CIc, Ep. addiv., 1. XVI, ep. !1.
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LA RHÉTORIQUE AU PEEMIER SIÈCLE S55 Lupus '.L'original est perdu, mais l'abrégé nous reste'; il suffit k Qous montrer que Gorgias était un Attique décidé et qu'il faisait étudier l'art do la parole d'après les œuvres des grands orateurs du iv« siècle.
Plus célèbres que lui furent les deux rhéteurs ÂpoUodoro de Pergame et Théodore doGadara, qui fondèrent les deux écoles ri valesdes Apollodoréens et des Théodoréens '. ApoUodore donnait des leçons au jeune Octave à Apollonie d'Kpire, en 44, lorsque celui-ci fut rappelé à Rome par le meurtre de César. Théodore, notablement plus jeune, enseignait encore à Rhodes, quarante ans plus tard, au temps où Tibère, irrité contre Auguste, s'y retira dans une sorte d'exil volontaire. ApoUodore, d'aprùs Uuintilien, avait écrit un Traité de Rhétorique, dédié à Matius; ses préceptes furent exposés en grec, sans doute sous une forme plus développée, par Atticus. Les œuvres de Théodore étaient plus nombreuses*. La plus intéressante à noter ici est son livre perdu Sur la puissance de Curateur. Son principal disciple fut un certain Uermagoras, que quelques contemporains de Quintilien avaient encore pu connaître ^, et qui ne doit pas être confondu avec ^le ^premier HermagoraS; dont il a été question plus haut.
Les discussions des Apollodoréens et des Théodoréens ont rempli et passionné les écoles de rhétorique grecque pendant tout le premier siècle de notre ère et au delà. Bien qu'il soit impossible aujourd'hui de formuler avec une précision absolue les doctrines des deux sectes rivales,il apparaît assez clairement que le différend portait