Quintll., pass. cilé
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356 CHAPITRE II. — D'AUGUSTE A DOMITIEN sur la valeur des règles et des classifications. Les Apollodorocns, liôriticrs peut-être de l'esprit rigoriste et stoïcien des grammairiens de Pergame, considéraient la rhétorique comme un art immuable, et ils n'admettaient pas qu'on dérogeât à ses préceptes traditionnels ni qu'on prétendit so mettre à l'aise avec ses divisions ou sa domcncialure- Les Théodoréens, plus libresd'esprit, moins doctrinaires, concevaient une rhétorique plus souple, plus changeante, obéissant à l'expérience et se modifiant avec les circonstances. Il ne parait guère douteux aujourd'hui qu'ils ne fussent[en cela beaucoup plus près de la vérité '.
Mais deux hommes surtout, en ce temps, eurent le mérite de dégager déjà la critique littéraire de l'eDscignerneiit purement technique et de la mettre au service d'un goût passionné pour les belles œuvres classiques. Ce furent Denys d'Halicarnasse et Cécilius.
Denys, né à Halicarnasse et fils d'un certain .\lcxandre, vint à Rome en l'an 30, après la fia des guerres civiles ^ Probablement jeune encore en ce temps, il y apprit le latin, étendit ses connaissances en tout genre, et se mit par là en état de profiter du séjour qu'il comptait y faire '. Ce séjour semble s'être prolongé autant que sa vie. En tout cas, il durait depuis viogl-deux ans, lorsque Denys, en l'an 8 avant J.-C., écrivait la préface de son Histoire primitive de Rome ; et la façon dont
i. Voir sur cett» querelle l'article Apollodoroi (n* Ml dans t'EoeyclopéJie de Pauly-Wissowa {t. I, p. 2B36).
î. Suidas, Aiav*j(T:o; 'AîitâvSpDv. Voir surtout ce qu^ Den^s dit d« lui-même dans son Hiit. primit. de Rome, I, 7.
3. Ibid., I, 7 : AiâXtxcâv tt tt|v P(.i|uiii(f|v ixtisBùtv uni 7pa[i)uîti>v tai-
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DENYS D'HALIGAllNASSE 357
il s'y exprime montre assez que, peu à peu, il s'était attaché de cœur à sa nouvelle patrie '. La vie semble eo effet lui avoir élc agréable dans le milieu où il avait été transporté. Très laborieux, il trouvait k Route des ressources abondantes ol précieuses pour composer la grande histoire qui fut son œuvre de prédileclion. En outre, il s'y était fait une société selon ses guùts : un Certain nombre de Grecs savants et lettrés, maîtres de rhétorique ou simples amateurs, Cécilius, qu'il appelle son «r très cher ami » *, Zenon, qui peut-être le mit on relations avec Cn. Pompée ', Démétriiis, à qui est dédié son Traitéde l'imitation *, Ammacos surtout, probablement son premier protecteur, esprit ouvert et curieux,qui s'intéressait à toutes les questions littéraires '; puis, quelques Romains de moyenne condition, tels que Cn. Pompée, sans doute un affranchi lettré sorti de la mai* son du grand Pompée; enfin, plusieurs membres do l'a*ristocratie, Rufus Melitius, dont le jeune liis fut soa élève, Q. Aelius Tubero, l'historien, d'autres encore. Rien ne prouve que Denys ait tenu école de grammaire ou do rhétorique, à proprement parler : les seules allusions de ses écrits qui pourraient le faire croire semblent se rapporter plutét à un enseignement privé; c'est ainsi qu'il donnait au jeune Rufus Mvlilius des toisons quotidiennes de littérature, lisant et étudiant avec lui lesgrands écrivains grecs, poètes ou prosateurs °.
1. Ibitl. Notez les moU : XapiviTipiou; àiiDiïà;.. inokûvai tlj iciXii,, «atîiiat Tj |ie|iïii|iiï(j, ml tùï Sl/Xat àïaStûv ô
S. Ltllrt à Cn. Pompée, 3.