DENTS D'HALIGARNASSE; ŒUVRES CRITIQUES
L'étude Sur la force du style de Uémosthène (Flepl vti% "kxx.-nxTK; Ai)uocOévou; ^eivÔTUTo;), dédiée à Ammœos, est postérieure au Flepî ouyOseut; (cité aux ch. 49 et 50). Une lacune au début est probablement la cause de certaines difGcultés critiques qui ne laissent pas que d'être embarrassantes. L'ouvrage semble avoir fait partie des Études sur les anciens oraleurs ic&r Denys lui-même, dans des écrits postérieurs, le cite sous co titre général '. D'autre part, il diffère absolument, quant au plan, des éludes sur Lysias, Isée et Isocrate : c'est un travail bien plus largement conçu, qui comporte de nombreuses comparaisons, et qui devait être complété par une autre étude, de même ampleur probablement, Sur les idées et la compo' Htion dans Démoslhène (Hepi tt,; irpayn^Tixii; ^■n\fJt'^iWK ^MyÔTUTOî)*. Il est difficile de croire que deux morceaux aussi développés n'aient été que des chapitres de l'ouvrage sur les orateurs. En outre, l'auteur renvoie lui-même & un autre écrit de lui sur Démosthène, où était discutée l'authenticilé des discours qu'on lui attribuait ' ; c'est celui-là, semble-l-il, qui devait faire suite et pendant aux études sur Lysias, Isée et Isocrate. Ces difficultés se résolvent, je crois, assez simplement, si l'on admet que le Traité sur le style de Démoslhène est un remaniement du chapitre des Anciens orateurs relatif à Démosthène. Denys expliquait sans doute, dans la préface aujourd'hui perdue, quels motifs l'amenaient à retoucher celte ancienne élude pour lui donner de nouveaux développements. Ces motifs, nous les devinons en partie. Il a voulu entrer plus avant dans l'élude de l'art de
1. Lettre à Pompée, ch. ii ; Seconde lettre à Ammmot, ch. i. En outre, dans le traité même Sur le ilyle de Démoilhine, il cite le Jugement lur Lytiat (1™ partie dea Éludée eur les anciens oratear$) en ces tennea : Iv t^ Kpi tsÛt-ik tP'T^i ^^ 1"' semble bien impliquer que In deux ouvrages se faisaient suite.
î. Ch. Lvrir, fin.
î. Ch. Lvii, fln.
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364 CHAPITRE IL ~ D'AUGUSTE A DOMITIÈN Démoslhène, faire mieux ressortir par dci^ comparaisons sa supériorité sur tous les autres prosateurs, cL en particulier sur Thucydide et Platon, qui avaient l'un et l'autre leurs admirateurs exclusifs. Dans ces développements nouveaux, il a profité des théories sur le sljle qu'il venait d'exposer dans le traité do l'Arrangement des mois. Nous y retrouvons les qualités critiques de l'auteur; mais le jugement sur Platon dénote une sévérité étroite, due à d'étranges préjugés de rhéteur. Nous savons par le Traité du sublime (c. 32, 8), que Cécilius, l'ami de Denys, était un « ennemi » de Platon. Denys, lui, proteste de son admiration pour te génie du grand philosophe et même pour son talent d'écrivain: ce qui n'empêche pas qu'il ne comprend ni son ironie charmante, ni sa fantaisie, ni la souplesse ondoyante de son style.
C'est ce jugement sur Platon qui a motivé la Lettre à Cn. Pompée. Denys y répond à une lettre de Pompée,, qui s'était étonné de ses critiques; il les maintieDlen les expliquant, et, malgré ses protestations, il les aggrave par là même. Dans ta seconde partie de la même lettre [à partir du ch. 3), il expose le plan de son Traité de ^'imitation, auquel il travaillait alors, et cite par avance le nombreux extraits de la seconde partie.
Ce traité de l'Imitation (ïtepî Miy-Tiasa;), presque entièrement perdu, dut paraître peu de temps après. C'était 3Q quelque sorte le résume de tout renseignement de Denys. L'imitation méthodique des grands écrivains était, ivant lui déjà, une des trois parties cataloguées de l'élucation de l'orateur'; mais il s'était appliqué plus que [>er8onnc à l'éclairer par des jugements réfléchis : toute
1. Rhil. à Rérenniiit, 1. I. ch. ii : < Hsc omoia tribus rébus assaïtti potorimus, artc, imitatione, exercitatione. » L'imilation eslli ina BûrtB d'inlcrméJîaire entre la théorie {art) et la pratiqua [titr- ^talioj.
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