‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 208 sur 514 · Ibid. 8. Cf. !. 3 «t t · texte numérisé non relu

Ibid. 8. Cf. !. 3 «t t

t. Ibid. t.

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360 CHAPITBE II. - D'AUGUSTE A DOMITIES

Les Études sur les anciens orateurs (riepî tôv opinait» putâpuv ûjco[twi;jLXTitrfwi} semblent êlre le plus ancicD des écrits de Denys qui soient venus jusqu'à nous '. La préface, écrite avec une ardeur aii Be trahit encore la jeunesse, est une sorte de manifeste contre la rhétorique asiatique : on y sent la passion d'un homme qui entre pour la première fois dans la lutte. D'ailleurs, il ne s'agit pour lui que d'achever la victoire, car il considère l'ennemi comme déjà vaincu. Le meilleur moyen de l'accabler, c'est de mieux faire connaître les vrais modèles. Dans ce dessein, Denys choisit six grands orateurs, qu'il répartit en deux groupes : première génération, Lysias, hocrate, Isée ; seconde génération, Démoslhène, Hypértde, Eschine. Nous oe possédons que la première partie, mais la seconde fut certainement écrite et publiée ^. Dans les trois études conservées, le plan suivi par l'auteur est uniforme : d'abord, une esquisse de la vie de l'orateur; puis les caractères distinctifs de son style (ô iax-rwo; ■/a.^xx.tf,^) ; ensuite ceux qui touchent à la composition cl à la manière do traiter les diverses parties du discours (ô iîpaYy,ïTiitô; yapxxTÀf ) ' ; enfin un choix de morceaux, donnés comme exemples à

1. La chronologie dss écrils de Denys ne peut pas être établie d'une manière tout à fait certaine, (ionauller l'essai de Blass : De monysii Halirarnasaensis striptis r/œloricu, Bonn, 1B63. Le classement qu'il propose ne mo piiralt pas toujours exact, et j'ai dû m'en écarter assez sensiblement. — Au début de la 2» lettre à Ammaeos,

S. J'admets avec Blass (ouvrage cita, p. II), que le début du £>!• narque prouve que le n. tûv Etp](. pr,Tip. a étù achevé. A deux, reprises, d'ailleurs, dans le même ouvrage (cb. xi et xiii), DenjfS renvoie à « son ouvrage sur Dùmoslhène > (ri| nipi ArittoafliTirjf Tpv?^}: cette manière de parler indique qu'il n'avait encore composé qu'un seuliarit sur Démoslbéno : cet écrit, d'après les renvois itiùmes, n'était pas celui que nous possédons; c'était donc le chapitre perdu de la deuxième partie des ObaerDatîons sur la orcttm-*.

3, Sur cette distiDClion, voyez Lysias, ch. \v.

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DENÏS D'HALICARKASSE; ŒUVRES CRITIQUES 861 l'appui des jugements émis. L'élude sur Lysias est particulièrement intéressante ^t tout à fait propre à faire apprécier te sens critique et te bon gt>ùt de Denys.

Le Dinarque est indépendant du précédent ouvrage, mais s'y rattache pourtant par le dessein et a dû le suivre d'assez près. L'auteur veut compléter sa première série d'études (c. 1). Toutefois, sa méthode est un peu différente, en raison même du sujet. Dans les Observations sur les anciens orateurs, Denys était préoccupé principalement de dire ce qu'il fallait admirer et imiter chez ses auteurs : ici, l'authenticité de beaucoup de discours attribués à Dinarque étant douteuse, il s'attache à bien établir les caractères qui permettront à ses lecteurs de reconnaître ce qui est do lui.

On peut rapprocher de ces écrits la Première lettre à Ammsos, dont la date est incertaine. C'est une simple discussion de chronologie, provoquée par un incident de dispute littéraire. Un philosophe péripatéticien s'était fait fort, en présence d'Ammceos, de démontrer que Démosthène devait son éloquence aux préceptes d'Arîs* totc. Indigné, Denys le réfuie, en établissant que tous les grands discours de Démosthène sont antérieurs à la publication de la Rhétorique. Sa réfutation, fondée sur les témoignages des historiens, est un document capital pour le classement chronologique de ces discours.

Le Traité de l'arrangement des mots {Hepi cmHiBOi 4»[uÎTwv), œuvre de la maturité de l'auteur', est aussi

1. Dans le préambule, Denys oppose à l'étude <le la forme celle da fond, qui doit étra réservée à une intelligence en pleine vignear et à l'Age où les cheveux blancliissunl. Celai qui écrit cela est évidemment un homme mOr. D'autre pari, cet ouvrage est antérieur au Style de Démoithine, qui le elle à deux reprises [cb. iix\i\ et l).11 est Trai que Blass <ouv. cité. p. 8) a cru Irou- W au «h. \i du it. (ivïfl. une référence au S/y/e de Dèm., ce qui. itDTerserait le rapport chronologique ; mais il y a là, je crois, BBe simple erreur; le ch. si du n. guvAfa. se référé, selun moi, »iii ch. xKi et suivants du même ouvrage.

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363 CHAPITRE II. — D'AUGUSTE A DOMITIEN le plus remarquable de ses écrits. Celte fols, l'auteur s'en prend à tous ceux qui font peu de cas du style, à tous les tenants de la littérature négligée. Pour les combattre, il inédite deux traités, qui embrasseront toute la doctrine du style, telle qu'elle avait été constituée depuis Aristote et Théophrasto : le premier, sur le choix des mots (ixXoYf, im^xw); le second, sur la manière de les arranger dans la phrase (<iiiv9eaiî ovo[jiiTMy).ll commence par le second, qu'il dédie h son jeune élève, Rufus Melitius, pour son jour de naissance, et c'est le seul qu'il semble avoir rédigé. Dans une première partie (c. 1-20), il montre, par des exemples frappants, l'importance de l'arrangement des mots; puis, il en étudie les secrets, sans dédaigner d'entrer dans des détails minutieux sur la structure des membres de phrase, sur l'accent et sur le rythme. Une seconde partie (c. 2l-2i), est consacrée à la distinction des trois genres d'arrangement, d'ojt résulte le caractère général du style : l'arrangement sévère (otùcTOfà ffCvOeoiç), l'arrangement brillant ou fleuri (ifVayupàou àvOïipâ), et l'arrangement moyen (xoivri) ■. Enfin, dans une dernière partie (c. 25 — fin), l'auteur étudie les rapports entre la poésie et la prose, relativement à l'arrangement des mots. Plein de renseignements techniques, l'ouvrage, dans son ensemble, se recommande à quiconque veut faire une étude précise du style des écrivains grecs. Il renferme en outre un grand nombre de citations, qui nous ont conservé plusieurs fragments précieux '.

1. n ne faut pas confondre, comme on le fait ordinairement, les trois genres de siJveisK avec les trola genres de style dont il est si fréquemment question dans la rhétorique ancienne et sur lesquels Denj's lui-même s'est étendu dans son écrit Sur le ilyb dt Démoilhéne. Le caractère total du style (XiSîtot z«p«xTT,p) résulta t la fois de l'inÀo-ni et de la aiiUai(. Celle-ci n'en est qu'un élénieDL

3. Eo particulier l'Iiytnne de Sappho i Aphrodite (c. iî) et une partie d'un dithyrambe perdu de Plndare (ch. xiii).

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