‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 256 sur 514 · Or · texte numérisé non relu

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5. Pline, Epiât.. 1. X, ep. 28. Cf. Or. 41 ; et aussi Or. 45 ut SO. II. V. Arnim, p. 3i0 et sniv., p. S13 et suiv.

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472 CHAP. III. — BENAISSANCE AU II" SIÈCLE il resta philosophe dans la prospérité. Mais, après l'aiw été pour lui-même, il le fut pour les autres. Ses dernières années furent consacrées à des voyages qu'oD serait tenté d'appeler des missions ' . Ce fut alors qu'il prononça les plus beaux discours que nous ayons de lui. Il allait de ville en ville, à la façon des sophistes, précédé par une immense réputation, qu'il devait à la fois à soa éloquence et à ses malheurs. Il paraissait devant de nombreux auditoires, tantôt dans un théâtre, tantôt dans ie lieu dos assemblées populaires, vêtu en philosophe; et là, profitant hardiment de l'autorité que lui assuraient son âge, sa profession, son talent et la faveur impériale, il faisait la critique de ceux qui l'écoutaient. Son succès semble avoir été éclatant '.

Il parla ainsi à Apamée, à Tarse, à Alexandrie, et certainement en beaucoup d'autres lieux. Appelé à Rome par Trajan, qui avait pour lui une haute estime S il prononça devant l'empereur deux discours au moias Sur ta devoirs du prince {Usfi rfiç ^aaiXefaî I et 111). Il dut mourir vers la fin du règne do Trajan, après avoir perdu sa femme et son fils *.

Dion avait beaucoup écrit. Un grand nombre de ses ouvrages sont perdus, notamment ses lettres > et son

1, DaDB l'intervalle de ces voyages, il revenail naturellement i Prose, où élail son domicile. Le célèbre sophiste Poléiuoo, dans « jeunesse, dut se rendre en Bithynie pour l'entendre (Philoslr- VU des toph., I, ch. xnv, 8).

ï. L'iicho en vint jusqu'à Nicopolis. Voy. Ëpiclête, Entrelina. m, cb. 83, 17 et 19. Plutarque fut aussi en relations avec lui «1 semble lui avoir dédié deux écrits perdus. Voyez Volkmsn, Pbtlare/i, p. 110.

3. PbiloBtr., pass. cité, a encore arrangé cela en fable, i sa ma-

*. Pline, Ep. 1. X. ep. £8.

5. Les leltrei de Dion sont vantées par Philoatrate. Les cinq qui nous restent sous son nom sont considérées comme apocryphes par H. von Arnim ; elles n'ont d'ailleurs aucun intérêt; voirli bibliographie en tête de ce chapitre, p. tS3.

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Histoire des Gèles {xi FeTwi) '. Suidas lui en attribue ptusieura autres, dont nous ae savons rien *. Slobcc cile sous son nom trois passages extraits d'un recueil de Chries, el six fragments d'un Économiijue '. En tout cas, sa réputation était attachée à ses discours, dont une partie considérable est venue jusqu'à nous.

Les discours que Dion avait publiés, et ceux qui lui ont été attribués après sa mort, furent beaucoup lus dans les siècles suivants. Au temps de Synesios, c'est-à-dire au commencement du v' siècle, ils formaient une ample collection, bien plus complète que la nôtre, mais déjà très confuse, sans ordre chronologique assuré *. Plus tard, entre le v* et le ix» siècle, on lira de là un recueil abrégé, contenant, sous quatre-vingts numéros, un bon nombre de discours entiers, d'autres incomplets, et en outre certains morceaux plus courts, cboisis çà et là. C'est le recueil que Photius a eu entre les mains, celui qu'on lisait à Byzance et que noua possédons encore '. Une telle collection, dépourvue de chronologie, se prête mal à un classement satisfaisant et vraiment instruc-

I. Philostr., Vie des Soph,, I, 7. D'après ce qu'en dit JorDandès {De Orig. artitutque Golharum, cb. m), cet ouvrage devait avoir une tendance morale. Dion, déjt philosophe, y vantait la sagesse des G^tes (que Jornandés, d'après Paul Orose, assimile aux Goths). Il faisait ressortir par des anecdotes leur piété(méroe ouvr.,ch. it, anecdote sur le siège d'IIdisitana); il y montrait peu de sens critique (même chap.. passage relatif A Télèphe).

I. Un ouvrage philosophique (El çOaptôï fixâa^in), un Éloge itHé- Toeléi et de Platon (î), une Apologie d'Homère contre Platon en i livres, UD écrit (en B livresll Sur tea verlut d'ilexandre. Tout cela est naturellement Tort suspect.

3. Stobée. Floril.. VIT. 29. XlII. 31. XXXIV, 16 ; XUI. 13, LXII, «, LXXIV, 59, M, LXXXV. 12, ».

I. Syneaios. Dio <p. 323 dans le DioD de la Bibl. Teubner, I. II).

S. Photius (Bibl. 209) énnmèro les MO morceaux du recueil. Même inumération dans Arèthas (Dion Teubner, t. II. p. 364). Nos mss. ne sont pas d'accord avec Photius ni entre eux pour l'ordre des nnoiéros, maia il ne s'agit que de simples transposiliona. |

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474 CHAI'. 111. — UENàlSSAXCE AU II" SIÈCLE lif. Toutefois un peut y distinguer trois groupes assez caractérisés : les discours sophistiques, les discours politiques et les discours moratix.

Le premier groupe appartient manifestement dansson ensemble à la première période de [la vie de Dion, antérieure à son exil '. Il n'est représenté dans noire recueil que par un assez petit nombre de morceaux ', auxquels on peut joindre l'analyse que Syncsios nous a laissée d'un Éloge de la Chevelure '. Nous savons que Dion avait composé bon nombre d'ouvrages dece genre. On citait une Description de Tempe, un Memnon, ud Éloge du Moucheron, un Éloge du Perroquet *, où il eemblc que Dion eût déployé toute l'habileté, passablement puérile, des sophistes à la mode. Ce qu'il valait dans ces exercices, nous pouvons encore en juger par son Discours aux Troyens (Tpwixô;, or. Il) oii il démontre qu'llion n'a jamais été pris par les Achéens. Les re&sources de son argumentation, dans ce jeu de dialectique paradoxale, sont étonnantes; mais on demeure confoodu qu'un homme de valeur ait jamais pu employer son esprit à do pareilles choses. Son œuvre la plus célèbre en ce genre était un discours Contre les philosophes; U y démontrait avec vigueur que le bon sens valait mieux pour vivre que la philosophie; et il avait complété wtte démonstration par un Discours à Musonius, conçu daos le même esprit '. Ce qui faisait la force de cette attaque,

1, Synesios, Dio, pasa. cilé.

2, Citons particuliôrenienl les numéros 11, îl, 26, SB et Ï9. M, 60, 61, 66, 74. 76.

3, Synesios, Éloge de la calvitie [pionis oralionea, Teubner, t, II. p. 308).

i. Synesios et Philoslrate,

5. Synesios, Dio, p. 3^1 ; 'O xatà tûv çitanâjuv J.i-rot". a^t* i.Tcr(1tMt\it^biii; xa'i oùEÈv riijfa àxvr,(rac> lai û itpâ( Mcvdiûviov ïitpac tOioÛTO!. Of. p. 3Î5 ; Out4( te iiiojï ï.xiiaae nâiiora év îùl lati t<»

f iloaifuv. H. von Arnim (ouv. cita. p. 119 et suiv.) a cherché à élt-

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selon SyncsioB, c'ôlaiL, chose curieuse, la sincérité de l'aulcur. Dion avait donc été un incrédule de bonne foi, en matière de philosophie, avant de devenir un croyant passionné. — Au même groupe, on peut raltaclicr quelques morceaux où Dion, sans aucune préoccupation d'enseignement moral, traite de matières littéraires. Tel le numéro 18 (Ilept ^ô^ou àixTi^Eu;), où il donne a un jeune homme destiné à la vie publique des conseils sur la manière do se former à l'éloquence, et lui recommande en particulier l'étude do Xônophon ; tel encore le numéro 52 (fl'p- Aic/ÛXou xxt 3]of Qx^'ou; xaî Evpti:i$ou), où il comparela façon dont les troisgrands poètes tragiques avaient traité le même sujet, à savoir l'ambassade des Grecs àPhiloclète ' ; tclcnGn le numéro 55 (nipi '0[jLT,f ou xal StMpiTOu;], où il essaye d'indiquercc que Socrato a dû à Homère. Tous ces morceaux témoignent d'un goût juste et délicat, d'une critique réfléchie, curieuse et sincère *. — Le Discours aux Morficni {'FoSixxo;, or. 31), qui semble bien appartenir aussi à cette période de la vie de Dion, marque la transition à une seconde manière. L'orateur blâme devant l'assemblée du peuple, à Khodea, la coutume de désaiïecler Jes statues par des changements de noms. Visiblement, il se souvient du Discours contre Lepline. Mais tout en faisant la part grande au sophiste qui imite, on ne peut nier qu'il n'y eût déjà en lui, dès ce temps, un philosophe, capable d'élever un médiocre sujet par des pensées hautes et sérieuses. Les discours politiques appartiennent presque tous k

blir. sans preuve décisive, qne, dans rette |ioléinique, Dion se ralta.'hait aux vue» de Veepasien et combattait l'opposiliun républicaine des Stoïciens.

i. Le noméro 59 (♦iXoxTif|Ti'.c) n'est qu'une paraphrase résuniéo dn début du PAifoc'Jfï d'Euripide, probablement un simple e.tereice de style.

!. Ajouter le n" 10 {Dipl Tf.fsÙToû 9i).T,xoia<>, relatif à une audition musicale.

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476 CHAP- III. — RENAISSANCE AU II" SIÈCLE ]a seconde partie de la vie de Dion. L'orateur n'y parait pas tant en philosophe qu'en homme d'Etat, ou plulùt en bon citoyen, préoccupé des intérêts de son pays. Ces discours se rapportent généralement aux affaires de la Bithynie;par suite, ils nous initient, do la manière la plus intéressante, à la vie intérieure des villes grecques d'Asie en ce temps ' . Nous y voyons Dion usant de son autorité morale pour apaiser les conflits d'amourpropre entre Nicomédie et Nicée, entre Pruse et Apamée; nous le voyons calmer la turbulence de ses concitoyens, les remercier des honneurs qu'ils lui ont conférés, ou décliner ceux qu'ils veulent lui offrir, quelquefois leur tracer la conduite à tenir à l'égard de l'autorité impériale, enfln se justifier d'accusations portées contre lui. Ces discours, moins connus que les discours moraux, lui font pourtant le plus grand honneur. Il s'y montre à la fois honnête homme et habile homme : il y fait preuve de franchise, de sens pratique, de dignité, de patriotisme sans emphase et sans imprudence. Comme Plutarque, il sent et il dit très sagement que le meilleur moyen, pour les Grecs de ce temps, d'alléger le poids de l'autorité romaine, c'est, de ne pas lui fournir, par des agitations vaines, l'occasion d'intervenir durement. En même temps, il nous intéresse, on nous parlant de lui-même, de sa famille, de ses intérêts domestiques, avec une simplicité de bon goût. Il est chez lui,

1. Les principaui de ceux que je range dans ce groape sont Im n" 38 (Ilpb; NiKOiiiiBitî iiip\ 6|j,ovo!'«î t^( Jtpiî Nixaiî;). 39 (Illpi ô|>owi«! i> Ntiaii), 10 ('Ev T§ nsTpiSi nep'i ti,( npô; 'Aicatuiï ^(isvoîa;), it (llf*; 'Ai[a[i:(( nipl û^Lovoix), i3 (IlaXiiiMÔf Iv t^ naipiBi), 44 (^:)iofpavf|TimE jcpli; îiiï nBTpiîa itffrn-o.jjuiïr.v aÙTÛ tiiiii<), 45 ( 'Airoioïi<nio4 5«t*! ï»- XilM Jtpi; tTiï îioTpiBa), 16 [Ilpi) Toû fiï.offopiïï iv t^ ««Tpiîi). W (A>a«"î- Topia êv T^ narp-ii), 4g (IloXiTixàc iv Tj (xKXT|ofa), 49 (riiipaitiiOK àpïfe {v pou).^), 50 (llcp\ Tiûv ïpruv iv ^aul^), SI (Hpoc AioSupov). Oa peut y ajouler 34 (Tapinxàt.irJicpo;!, tout àrait analogne par le sajet aai n" 38-41. Voir H. y. Arnim, onv, cité. ch. iv. Die bilkynachtn Rtde.

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