‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 261 sur 514 · Jugements de Philostrate, do Themistios, de Synesios · texte numérisé non relu

Jugements de Philostrate, do Themistios, de Synesios

4. Phil., ODV. cité : SoçKTiExtàTaTai Si toO Aiwvo^ aX tûv \&-jwi tln&VK- Cl. Photius. pass. cita : "Apivrof il toCc napstid-rtiisiTi xa\ mïit tort itavTaYoO, etc.

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DldN DE PRUSE ; SON ÉLOQUENCE 483

veloppe. Il en est de même des exemples, en récits ou en fables, qu'il mêle sans cesse au tissu de ses développements moraux. Malgré ces défauts, Dion a un don de séduction, que nous sentons encore aujourd'hui. Son langage, d'une allure un peu lente, plaît par sa douceur et par l'absence complète d'emphase. Une phrase quelquefois tratnante, mais souple el comme caressante, qui enlace l'auditeur et qui l'amuse par ses détours; une remarquable abondance d'idées secondaires, comme il convient à la causerie; une imagination spirituelle; uno grâce naïve de conteur. De même que tous ses contemporains, il imite, soit à dessein, soit même sans le vouloir, par un simple effet de réminiscence. On retrouve chez lui des tours, des expressions, qui rappellent Démosihène ou Platon, Mais tout cela, en somme, est heureusement fondu dans une coule'ur générale qui lui est propre '. Ce qui en fait surtout la qualité, c'est ce qu'elle laisse pour ainsi dire transparaître de l'hommelui même. Dion est un atticiste tempéré, qui a gardé quelque chose d'asiatique; il l'est sans effort el avecsincérité : il parle une langue qui, à coup sur, n'était pas celle qu'on parlait couramment autour de lui, une langue plus pure, plus choisie, classique, et par conséquent légèrement archaïque, mais une langue qu'il a faite sienne, et il la parle avec une aisance charmante. Entre les écrivains de ce temps, c'est à coup sûr un des plus aimables ^

Ainsi, tandis qu'Épictète nous éloignait de la pure tradition hellénique, Dion nous y ramène. Nous allons la ressaisir plus pleinement encore chez Plutarque, qui est, en ce siècle à demi romain, le Grec par excellence.

t, Pbiloslr-, pass. cité : Eup'iiiuvo; piv tuv tEpiiia ilpii^ivuv toO ifiiniTi. JJiiitiBv Ei Bpô( t-tiv iïijioirWïOM; ïi;(w x«i Illinovot. r^ xaBâirtp al pxfiHt; TDî; ipiiiati npoOTi^el i àliov tb Eiutoû CGiov f-jv iftiiiii intatpanîtÉvij,

i. Sar la langue de DioQ, voir W. Schmldt, Alliciamut, t. I, p. 72-

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484 CITAP. m.— RENAISSANCE AU II' SIÈCLE

Inimédialemcnl au dessous des hommes de génie, Plutarque.. presque aussi populaire que les plus célèbres d'entre eux, est supérieur aux simples écrivains de talent par quelque chosequi vient de l'âme. (îràceà un ensemble de qualités que nous devons essayer d'analyser, il a. pour ainsi dire, résumé dans son oeuvre l'image complèlederanliquité hellénique, au moment où celle-ci touchait à sa lin; et il lui a prêté une forme simple, attrayante, éminemment propre à la faire connaître et aimer. Il est donc, pour la postérité, un des reprcsentanls accrédités de l'hellénisme, d'un hellénisme un peu dilué peut-être, mais élargi, vraiment universel et humain; et voilà pourquoi il convient de le mettre ici au centre de ce chapitre, où nous étudions justement cet épanouissement final des vieilles traditions grecques dans la grande lumière de l'empire romain.

X6 au cœur de la Grèce propre ', à Chéronée en Béotie, entre les années 45 et nO de noire ère, Plutarquc grandit au milieu des souvenirs nationaux, près de Delphes, près des champs de bataille les plus célèbres dans les annales de son pays (Platées, Chéronée, Haliarte, Coronée, les Thermopyles, etc.); près de Thèbes, alors ruinée, mais quilui rappelait toujours Pindare et Épaminondas; non loin de Thespies, oùl'on adorait Éros, d'OrcliomèncoCi avaient régné les Charités, et d'Ascra oii

t. Sur Plu(nr<iuc, nolire insigniflanle et ineiacte de Saidas, niiovTipjo,- Xiipuvi-j;. Les meilleurs rcnseignemeDU nous sont fournis par Ptutarquo Ini-môme, qui a Bouvent pari*, dacB ses diverï écrits, de son pays, de sa famille, des circonstances de sa vie et do ses relations. Voir l'indfix du Ptutarque de la Biblioth, Didot, aux mots Plularvhiu. Siearclius, lampria», etc. Consuller sartont B. Volkmann, Leben, Schriflim und Pfiiiotophie da Plalarck ean Cbaronea. Berlin, IS73 et Gréard, De la morale de Plutarque, Paria, 18H.

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PLUTARtiUE; SA VIE 485

avait chanté Hésiode. Il appartenait à une ancienne famille de pure race hellénitjue, qui semble avoir été établie sur ce sol béotien de temps immémorial. Vieille famille et vieux domaine, foyer toutentouré de traditions^ maison de forte et intelligente bourgeoisie, de mœurs simples el antiques, pleine do religion et de patriotisme, et, malgré cela, nullement fermée aux idées du jour. Les vieillards y étaient réilcchis et conleur.j, à la vieille manière grecque. Plutarque entendit longtempi les récits de son grand-père Lamprias, qui vécut assez pour voir ses petits-Gls déjà parvenus à l'âge d'homme ; el il recueillît do sa bouche des anecdotes historiques qui remontaient à son arrière-grand-père, Xicarque, contemporain du triumvir Antoine, de l'égyptienne Cléopùtre et du vainqueur d'Actium. Le temps de son enfance fut celui oOi la Grèce se relevait lentement de ses misères. Cette aimable demeure de Chéronée, au milieu de ses prairies et de ses voi^ers, retrouvait alors sa large aisance, moitié urbaine, moitié rustique, et sa bonne humeur traditionnelle. Le grand-père animait les réunions de sa gaieté malicieuse et de ses récits. Le père, homme droit el sensé, y parlait affaires, culture, élevage, intérêts domestiques, sans dédaigner de prêter l'oreille aux discussions philosophiques de ses hùtes : car il était hospitalier, en Hellène de bonne race, toujours prêt à écouter et à^s'ouvrir aux choses du dehors. Sous ces influences réunies, et tout simplement en se laissant vivre, Plutarque et ses frères, Lainprîas et Timon, s'imprégnaient de tout ce que la Grèce, en sa longue tradition, avait amassé peu à peu de plus excellent.

Quand il approcha de sa vingtième année, déjà tout nourri des poètes nationaux, dont les vers devaient habiter son àme jusqu'au dernier jour, il vint passer plusieurs années à Athènes, au milieu de ces maîtres et

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486 CHAP. III — RENAISSANCE AU II' SIÈCLE de ces étudiants qui y formaient comme une sorte d'université, active et bruyante, au milieu aussi des monuments qui rappelaient tant de grandeurs, au milieu des hôtes do tous pays. Grecs d'Europe et Grecs d'Asie, patriciens romains, sophistes voyageurs, qui s'y pressaient incessamment. Curieux de tout, il y toucha à toutes les sciences : à la rhétorique, qui n'eut que peu de prise sur lui, aux mathématiques, qui le passionnèrent un îdslant, aux sciences naturelles, à la médecine; mais il m 80 donna qu'à la philosophie. Ce fut elle qui le prit tout entier, autant du moins que sa libre nature, avide de savoir, pouvait être prise tout entière. Sous la direction du platonicien Ammonios, qu'il a mis en scène plusieurs fois dans ses dialogues, il étudia à fond la doctrine de Platon jusqu'en ses parties les plus abstrailes, sans négliger d'ailleurs de s'initier aux enseigaerneoU des autres sectes.

En dehors des éludes proprement dites, ces annéei d'Athènes furent pour lui des années charmantes et fécondes par tout ce qu'elles lui firent voir et entendre. Revivant en imagination dans l'ancienne cité de Périclès, ce fut alors qu'il eut la vision directe et vivant* de ces scènes de l'histoire nationale, qu'il devait retracer, bien plus tard, dans quelques-unes de ses Vies. En même temps, par les conversations quotidiennes dont il a gardé le souvenir dans ses Propos de table, il recevait l'impression de mille idées passagères, et son esprit s'habituait à ce genre de causerie, à la fois amusant* et érudite, qui était alors à la mode. Ajoutons que tout cela ne fermait pas son attention aux événements contemporains. Il dut entendre parler plus d'une fois d* ces nobles exilés que la tyrannie de Kéron reléguait dans les ilcs grecques ; et il était justement à Athènes, en 66, quand le maître du monde vint so faire couronner aux jeux pytliiques, comme chanteur et commetragédien.

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