‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 271 sur 514 · Démoith., ch. m ; Périclèa, cb. m ; Dion, ch. ii · texte numérisé non relu

Démoith., ch. m ; Périclèa, cb. m ; Dion, ch. ii

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et en s'aidant aussi de tout co que suggère l'étude comparative des divers récits, qu'on a pu tenter de dresser une liste des Vies parallèles selon l'ordre chronologiquede leur composition. Celle qu'a proposée Mtchaelis mérite d'être considérée, à tout le moins, comme le point de départ nécessaire de toutes les recherches futures : la voici ' : — Première série : 1 (manque), 2 Serlorius et Eumène, 3 Cimon et Lucultus, 4 Lysandre et Sylla, 5 Démosthène el Cicéron, G Agisel Cléomèue, Tib.elC- Gracchus, 7 Pélopidas et Marcellus, 8 Phocion et Calon d'tJtique,^ Aristide et Calon le censeur ; — Deuxième sébie : 10 Périclès et Fabius Maximus, li Nicïas et Crassus , 12 Dion et Brutus, 13 Tiinoléon et Paul Emile, li Philopoemen et Titus; puis, sans rang certain, Thémistocle et Camille, César et Alexandre, Agésilas et Pompée, Pijrrkus et Marius, Solon et Publicola ;. — Troisiéue série : 20 De'mélrius Poliorcète et Antoine, 21 Alcibiade et Coriolan ; — Quatrième série* : 22 Lycurgue et Numa, 23 Thésée et Bomulus.

Ces biographies, si on les rapproche les unes des autres, embrassent, comme on le voit, une bonne partie de l'histoire grecque el de l'histoire romaine. Elles complètent, sur beaucoup de points, les renseignements que nous devons aux historiens proprement dits. C'est un des plus riches répertoires de faits que nous ait légués l'antiquité : il est naturel de se demander d'abord quelle en est la valeur historique.

Ce que nous avons déjà dit de Plutarquo nous dispensera d'insister ici sur l'étendue de ses lectures. Bien qu'il ne cite pas toujours ses auteurs, et qu'il soit diflîcile, dans un assez grand nombre de cas, de déterminer avec prô-

1. Nous notons d'un astërisqua les couples dont le rang est attesté par Plularque tui-méme.

ï. Micbaclis s'abstiunt de se proconcer sur l'ordre relatif de la troisième et do la quatrI6tnc sorio (p, S3).

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plutarque; les vies parallèles 529

cision ceux qu'il suit, on ne doit pas hésiter à dire, d'une manière générale, qu'il a eu à cœur de se bien renseigner <. Aucune de ses biographies n'a été écrite sans qu'il eût pris la peine de relire les historiens de quel<|ue renom qui avaient déjà parlé du même sujet. Aux données qu'il trouvait chez eux, il n'a pas manqué de joindre, toutes les fois qu'il a pu le faire, celles que lui fournissait sa science d'antiquaire, les témoignages des monuments, ceux de la tradition. Son information serait donc excellente, si elle était méthodique. Malheureusement, la vraie méthode, fondée sur une réflexion profonde, n'était aucunement le fait do cet cspiit bien plus discursif que vraiment organisateur. CoDtcnt de profiter des renseignements qui venaient à lui ou qu'il avait sous la main, jamais il n'a songé à ces recherches laborieuses, maïs nécessaires, qui lui auraient permis d'apporter à l'histoire des faits nouveaux. Ses récits sont, pour le fond, ceux des autres, mélangés, rajeunis, remaniés, nullement renouvelés. En choisissant ses auteurs, il cherchait de très bonne foi la vérité. S'attacher à ce qui lui semblait vraisemblable, rapporter loyalement en cas de doute les traditions divergentes, rendre justice à chacun, en un mot se conduire en honnête homme, dans l'histoire comme dans la vie, lui était chose naturelle. Mais la justice, qui est difficile à réaliser partout, l'est particulièrement lorsqu'il s'agit dupasse; car elle implique alors, à un degré supérieur, clairvoyance, sagacité, largeur d'esprit, souvent même intuition pénétrante. Cea hautes et rares qualités, Plutarque ne les

1. La qneslion dea sources do Plutarque dans cbacuDe de ses biographies est toujours ouverte, bieu qu'elle ail snaclté, et suscite encore, de nombreux travaux. Il sulilt de citer ici : pour les biographies grecques, M. Ilaug, DU QuelUn Ptalarchi in den LebenbttchrtUtungen dtr Gritchen, Tublugue, I35( ; poar les biographies ro> maines. Peter, Die Quellen Plularch» in den Biographie» dtr ROmer, lialïe, teSS.

Hiil. d« Il Litt. greoqns. — T. V. Si

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530 CHAP. III. — RENAISSANCE AU II* SIÈCLE possédait pas autant que cela eût été désirable. Curieux des petites choses, il aimait ceux des historiensqui satisfaisaient son goût. Les commérages d'Kphore ne lui semblaient pas à dédaigner, à cùté des vues politiques de Thucydide. Il ne se résignait ni à laisser tomber les médisances, ou ies propos légers, ni même à les réduire à leur juste valeur. En face des témoignages divergents, son jugement, un peu candide, hésitait; et, pour être juste, il prenait de tout côté, sans s'apercevoir que les divers morceaux qu'il assemblait ainsi ne s'ajustaient pas ensemble. De là, une certaine indécision dans l'appréciation des hommes politiques, mêlés aux luttes des partis, tels que Péricîès, Démostliène, Cicéron. Son esprit n'était pas assez vigoureux pour élaguer résolument tout ce qu'une crédulité bavarde avait raconté sur eux. Ainsi, l'image totale demeurait molle et confuse dans sa conception, et elle apparaît de même dans son récit.

Ce défaut naturel de critique a él6 aggravé par une rapidité de composition trop visible. Après avoir lu ses auteurs, Plutarque. en face des témoignages amassés, ne prenait pas toujours le temps de bien établir la trame do son récit. Lne fois engagé dans sa narration, il lui arrivait de se contredire sans même s'en apercevoir. Faute d'une révision attentive, il laissait ensuite subsister ces contradictions; elles ne sont pas rares dans les Vies parallèles ^ . La chronologie surtout en offre de noml)reux exemples. D'une manière générale d'ailleurs, elle est fort négligée par Pltilarque; souvent même, il la passe entièrement sous silence; car il estime qu'elle n'importe guère à son dessein, qui est plus moral qu'historique.

La parallélisme, qui est le trait caractéristique de la méthode d'exposition de Plutarque, n'était pas non plus

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