‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 272 sur 514 · PLUTARQUE; LES VIES PARALLÈLES · texte numérisé non relu

PLUTARQUE; LES VIES PARALLÈLES

sans inconvénients au point de vue de la vén\v du récit. Celte forme, plus oratoire que critique, semble remonter par SCS origines à la rhétorique. Souvent employée par les orateurs, auxquels elle fournissait des antithèses fortes ouhriIlante!i',clle avait passé de chez eux à l'histoire ^et à la critique littéraire '. La biographie avait montré une tendance particulière à s'en servir ; on la trouve comme ébaiiclice chez Varron, chez Cornélius Nepos *. l'Iutarquc lui a donné seulement quelque chose de plus arrête, et, surtout, il l'a popularisée, grâce au succès de son ouvrage.

Elje devait lui plaire, car elle satisfaisait en lui bien des sentiments. Il aimait prufondémenl la Grèce et il admirait Rome. I^a civilisation grecque et la civilisaliim romaine lui apparaissaient, ainsi qu'à ses contemporains, comme les deux formes les plus hautes de la vie humaine; et, malgré leurs dîiïérences, elles révélaient une sorte de parenté, qui autorisait et facilitait les comparaisons. Puis, dans l'état d'assujettissement auquel son pays était réduit, il était bien aise de le relever par ces glorieux rapprochements, en montrant, l'iiistoire en main, qu'à chacun des grands Homains la Grèce pouvait opposer un grand homme de valeur égale, l>n comprend donc que cette forme parallèle l'ait vivement' séduit; et il n'est pas douteux non plus qu'elle n'ait été goûtée de ses lecteurs, Romains hellénisants ou Grecs plus ou moins fascinés par la grandeur romaine.

t. On sait quel usaRit en a fait ThiicyUidu dans ses discours, pais Isocrale. Démosthênc, etc.

S. Polj'be, comparaison de Rome et de Cartha^e, ilea (liTerseï constitutions entre elles, an 1. VI, etc-

3. Gécilius, ParaliiU de Dêmoslhine et de Cictron: Ps. Longio. mi'inc comparaison, etc.

i. Varron, dans ses tmagints, avait groapé les Grecs et les Ro mains illustres avec une intention tla comparaison. Le nièmo dessein était plus manifeste encore dans les Viri illustrer de Cornei. Nepos. voy. XXIII, 13, *.

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532 CHAP. III. — RENAISSANCE AU II' SIÈCLE Mais, si on la considère comme nne mélliodo d'exposition historique, on voit immédiatement combien elle offrait de dangers pour bien peu d'avantaf^eij. A supposer qu'elle eût quelque intérêt propre lorsqu'il s'agissait de personnages entre lesquels existaient vraiment des ressemblances naturelles, soit do caractère, soit de destinée, elle nepouvaitmanquordcdcvenirtoutartilicielledansla plupart des cas. Kllc devait conduire le biographe à mettre ensemble des personnages qui ne se ressemblaient en rien, et cela est arrivé en effet à Plutarque bon nombro de fois. Si même ce biographe eût été un espril plus vigoureux, habitué à suivre logiquement ses idées, la préoccupation du parallélisme n'aurait-elle pas nécessairement déformé pour lui la réalité? Kn s'attachant à chercher des ressemblances, il devait forcer certains traits el, par contre, en négliger d'autres, en somme faire ses personnages autres qu'ils n'étaient. Ce qui a préservé Plutarquede cet inconvénient, c'est qu'en fait il n'a pratiqué sa méthode que superficiellement. Le parallélisme, pour lui, ne consiste guère que dans le simple fait d'accoupler deux biographies. Quelquefois, il indique, au début de la première, les raisons de cet accouplement; raisons presque toujours vagues et de peu de valeur. Dans le cours même du récit, la méthode de rapprochement est tout à fait oubliée, tille reparaît à la Gn dans les comparaisons (mrf/.fi'isiç), qui terminaient chaque volume. C'est là évidemment qu'elle aurait pu être utile; or l'auteur n'en tire qu'un mince profit ' ses comparaisons restent à la surface des choses, elles ne dégagent presque jamais les grands traits caractéristiques des personnages mis en parallèle. De telle sorte que, si sa méthode n'a pas chez lui tous les inconvénients qu'elle aurait pu avoir, en revanche elle n'a guère d'avantages sensibles.

Au fond, le plus grave défaut de Plutarque, en tant

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qu'historien, c'est qu'il rapparie toujours t'hisloirc à la morale, el que sa morale n'est pas appropriée à l'histoire. Celle qu'il enseigne, et en laquelle il a foi, est une morale excellente de vie privée, faite pour la famille, pour les relations sociales, morale très saine, très généreuse, mais trup simple pour la vie publique. L'homme politique est sans cesse on présence d'intérêts en lutte, et parfois tous ces intérêts contraires sont respectables, tous ont des droits, tous peuvent s'autoriser de certains principes. Il faut pourtant bien qu'il agisse, c'est-à-dire qu'ilsacrifie les uns aux autres, qu'il subordonne les choses secondaires au but principal qu'il a en vue. Le choix h faire est délicat, les erreurs sont faciles. II est impossible qu'il ne so trompe pas plus d'une fois. Mais ai l'histoire note ses fautes une à une, sans tenir compte desintentions générales et des circonstances, si elle lui applique une sorte (le décalogue inflexible, elle se trompe plus encore. C'est ce qui arrive à Plutarque. Dans l'homme public, il cherche toujours par habitude l'homme prive. Son intelligence politique n'a pas assez de force ni do pénétration pour dégager les vues supérieures. Il on résulte que ses mesures sont souvent trop étroites pour ses personnages. Kn voulant être juste, il <levient en réalité injuste : car sa justice ne s'adapte pas à ceux qu'elle condamne.

Donc, comme œuvre historique, les Vies parallèles sont sujettes à de sérieuses critiques. Mais, cela dit et reconnu, il n'en reste pas moins qu'elles ont charmé, et qu'elles charmeront encore, quantité de lecteurs : ce qui implique qu'elles ont en elles-mêmes une incontestable valeur, littéraire et morale.

C'est d'abord une sorte de galerie, où toute l'humanité antique se montre à nous, sous des aspects infiniment variés, dans ses représentants les plus éminents. Chez les historiens proprement dits, les hommes sont

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trop mêlés aux événements; on a qnelque peine à les distinguer au milieu de la confusion des choses ; l'atlention, appelée sur les destinées des États et sur le conilit des grands intérêts, ne peut se donner qu'imparfaitement aux individus; et pourtant, c'est dans les individus qu'est la partie vraiment humaine du spectacle. Chez l'Iutarque, on ne voit qu'eux, lis sont là, devant nous, avec leurs qualités et leurs défauts, avec leurs affections fit leurs haines, avec leurs petitesses et leurs grandeurs; nous les regardons vivre: nous assistons à leurs actes; nous prenons part à leurs sentiments. C'est un plaisir pour quiconque est curieux des choses humaines. L'histoire générale sert de fond à ces biographies; elle leur donne en quelque sorte de la profondeur; car elle nous laisse entrevoir, derrière les grands hommes, des peuples qui s'agitent, des multitudes qui se passionnentj des États qui grandissent ou qui déclinent. Mais les grands hommes restent au premier plan. L'histoire se condense eu eux; elle vit en eux; elle est la matière où s'exercent leurs 'forces et où se déploient leurs passions.

£t celui qui nous les présente, un par un, est un moraliste d'instinct et de profession. 11 a le goût du détail caractéristique, qui découvre l'âme; et il le recherche avec une application parfaitement consciente d'ellemême. ÎS'ul ne sait mieux que lui en quoi la biographie diffère de l'histoire. S'il raconte, après Thucydide et Philistos, les actions de >'icias, voici comment il marque la différence des méthodes ' :

Les actions que Thucydide et l'hilistos ont rapportées, je ne pouvais les passer sous silence, car elles révèlent le caractère de mon personnage, ses dispositions intimes, mises au jour

1. Sieias, ch. i. Je traduis sur le leile de Sintenis, mais jo lia fauuAumottivTiv au lieu de xaXumoiiiviiv.

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par de terribles soutTrances. Je les ai donc indiquées rapidement, i^n m'en lenunt aux ohoses essentielles, pour n'Être pas accusé do manquera ma tâche. Mais ce que je me suis surtout elTorcé de réunir, ce sont les traits qu'on ignore communément, soit qu'ils aient été rupportés çà et là par d'autres historiens, soit qu'on les trouve attestfîs par des monuments et des dévrets îinoiens ; dédîiign:int d'amasser ce cjui ne dit rien, j'ai recueilli ce qui est propre i faire connaître les mceurs et la nature de l'ùme.

La môtilude qu'il formule si bien dans ce passitge, il i'u pratiquée consLainment. Kcrit-il la vie d'un liumme d'Étal ou d'un homme de guerre, d'un l'oriclèa ou d'un Alexandre ; c'est moins le politique ou le conquérant quirintéresitc que l'Iiomme lui-même; et, par suite, dans le politique même et daos le conquérant, c'est toujours l'homme qu'il cherche. 11 nous parlera sommairement de leurs grands desseins, qu'il considérera surtout comme une manifestation de leur personnalité. En rcvanclic, il insistera sur une foule de menues choses, qui lui semblent, avec raison, expressives et révélatrices. Anecdotes, Lons mots, lialiitudcs familières, manières de vivre et de parler, tour d'esprit, humeur ordinaire, physionomie et altitude, tout cela aura sa place dans un récit qui veut être avant tout une description morale. Nous ne connaissons pas assez la littérature biographique do l'antiquité pour apprécier très exactement ce qu'il y avait de nouveau dans cette manière de faire. 11 est probable, après tout, qu'avant l'iutarque, on avait déjà composé dans cet esprit des vies isolées. Mais il est bien certain aussi (|u'en appliquant celte méthode à un si grand nombre de biographies, avec lant d'aisance et de bon goût, il en a fait vraiment la forme constitutive d un genre littéraire.

Déjà, plus haut, nous avons signalé le talent de conteur qui est propre à l'iutarque. Celaient, vient singulièrement en aide au moraliste dans ces descriptions do

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mœurs et de caractères. Il Iiii fournit le moyen de mettre en œuvre vivement, avec à propos et sans embarras, les élémonls de notation morale qui en valent la peine. Ces petites choses entrent dans son récit tout naturellement; elles ne l'encombrent ni ne l'alourdissent jamais: tout au contraire. Ce sont des traits rapides, qui piquent l'attenlion. Celle-ci en est excitée, non distraite. L'auteur sait mêler agréablement les anecdotes aux grandes scènes, insérer en passant le mot ou le détail qu'il lui convient de rappeler. 11 semble, à le lire, que ce soient là des éléments nécessaires de sa composition ; tant sa main est liabilc à tresser ensemble ces fils de nature diverse et à en fondre les nuances dans la couleur générale du tissu. Mais qu'on y prenne garde : au milieu de ces petites choses, certains traits de grandeur morale éclatent d'autant plus qu'ils sont moins préparés. Dans un mot, dans une altitude, se révèlent tout à coup ce qu'il y a de plus noble dans la naturebumaine. L'âme généreuse de Plutarque alegoûtctl'inslinctdusublime ; elle excelle à le saisir et à le dégager. Il est certain que les Vies ont mis en lumière, ou, pour mieux dire, ont dcOni par des exemples, un certain genre de grandeur morale, qui, à cause d'elles, semble propre à l'antiquité. Lorsqu'ondilnun grand homme de Plutarque», on adans l'esprit un type particulier, plus idéal peut-être que réel, mais vraiment admirable : la simplicitédes mœurs, la droiture presque naïve, une certaine candeur même s'y allient aux plus hautes qualités, k rbéroïsme, à l'abnégation, au patriotisme exalté. Et si on y rélléchit, on s'aperçoit que cette notion est lice en nous au souvenir de quelques scènes très simples, de quelques traits de mœurs que Plutarque a su graver profondément dans nos mémoires. Sans nous en douter, quand nous prononcions ces mots, nous songions, en une vague réminiscence, à Aristide écrivant lui-même son nom sur le tesson du

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paysan alliénien, h Paul Kmile se consolant de la mort de ses enfants par le triomphe de sa patrie, à Pliilopœmcn fendant le i>ois de sa pauvre liûtesse.

D'ailleurs, s'il est conteur excellent, il n'est pas moins narrateur au sens le plus élevé du mot. Ses grands tableaux histori()ues se font admirer, chaque fois qu'on les rolit. Sans doute, il leur manque une certaine perfection de détail, pour être comptés au nombre des chifsd'œuvre. La langue n'est pas assez simple, assez forte, assez étudiée; sa composition est toujours un peu molle : il n'a ni la hardiesse, ni la sûreté de touche des grands écrivains. Mais, si l'on passe condamnation sur ces défauts, que de qualités vraiment supérieures! Une imagination naïve, amoureuse des grands spoclarles, sensible à l'éclat, à la grandeur, ti la hcauLé, à l'effroi ; une âme facilement émue, très humaine, mohite malgré sa gravité philosophique; un sens naturel du pathétique, qui fait de lui l'un des meilleurs interprètes des tragédies de l'histoire. Sa narration prend sans effort, des qu'il le faut, l'allure dramatique. Kile marque les phases, prépare et suspend l'émotion, ménage les péripéties, fait éclater les coups de lliéàtre. Comme l'auteur vit avec SCS personnages, il nous met aussi à leur place; nous passons par leurs émotions, nous sommes, avec eux, surpris, exaltés, frappés. U" on relise, soit dans son Brutus, soit dans son César, le récit de la conjuration qui aboutit au meurtre du dictateur. Chaque moment essentiel en est marqué si justement qu'on est en suspens jusqu'au dénouement. Ce sont des scènes de tragédie, sinon faites, du moins indiquées, autant que le genre le comporte ; tragédie tantôt familière, tantôt terrible, et toujours singulièrement vraie. Et, dans les instants décisifs, dans les catastrophes surtout, cette vérité du récit s'empreint d'une gravité triste, d'une sorte de solennité sans emphase, qui saisit le lecteur.

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5:}3 CHAI'. III. — RENAISSANCE AU II' SIÈCLE La mort de César, celle de Brutus, celle de Caton sont autant de tableaux qui font impression et qu'on n'outilîe pas.

Toutes ces qualités ont assuré aux Vies parallèles une popularilô légitime. Elles ont charmé, instruit, inspiré des esprits trts divers. Les uns y ont clierclié et trouvé, comme dans un immense répertoire, mille faits importants ou curieux, la plus riche matière historique. D'autreSjlels que noire Montaigne, en ontgoùlédélicieusement les descriptions morales, les réflexions, le nombre inlini des détails caractéristiques; ils y ont recueilli à foison les cléments dispersés d'une enquête sur l'homme. D'autres enfin, tels que Shakespeare ou Corneille, y ont senti s'agiter des drames qui ne demandaient qu'à être portés sur la scène. Aucun ouvrage n'a été plus tu, plus mis à contribution que celui-là. Les peintres etlcssculpteurs y ont puisé comme les poètes et les philosophes. Cet attrait universel qu'il a exercé jusqu'à nos jours, cette force suggestive dont il a fait preuve sans cesse, il les doit à un mérite éminent, dans lequel se confondent toutes SCS qualités. La vie y abonde. Il n'y a pas de livre plus peuplé d'hommes. Il est naturel que l'humanité s'y soit attachée par tous ses instincts, par toutes ses curiosités, par toutes ses sympathies, puisqu'elle y trouvait la matière humaine dans son infinie variété.

Les grands moralistes dont nous nous sommes occupés dans ce chapitre, hipictète, Dion, Plutarque, peuvent éLre considérés comme les représentants éminents du mouvement qui entraînait alors les esprits. A côté d'eux, beaucoup d'autres, plus ou moins oubliés aujourd'hui, mais très connus en leur temps, contribuaient &

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PHILOSOPHES secondaires; FAVOUINUS 53Ï) le propager, selon lamesuro de leurs forces. Xous n'avons pas à insister ici sur des noms tels que ceux du stoïcien Euphrato, des platoniciens Taurus, ,\igrinus, et d'autres, qui sont pourtant cités plus ou moins fréquemment par les auteurs du temps ' ; aucun d'eux n'a de place dans l'histoire de la littérature, soit parce que leurs œuvres sont perdues, soit parce qu'elles offrent, dans ce qui en reste, un caractère trop technique. Seul peut-être, entre ces hommes de réputation disparue, le gaulois Favorinus ne doit pas être entièrement passa ici sous silence. Moitié philosophe, moitié rhéteur, il forme transition entre les écrivains dont nous venons de parier et les sophistes dont il sera question dans le prochain chapitre.

Né à Arles *, probablement sous le règne de Vespasien, entre l'an 70 et l'an 80 de notre ère, il y ^e^;ut une éducation toute grecque, puis vint à Rome, où il résida sous Trajan, sous Adrien et sous AntonJn. Voyageur comme tous les sophistes, il parcourut aussi la (irèce et l'Asie Mineure. U entendit Dion Chrysoslome, dont il se disait le disciple. Peut-être visita4-il Kpictèle; Aulu- Gelle atteste qu'il citait certains propos de lui (N- Alt. XVII, 19)'. 11 fut en relations d'amitié avec Plutarque {Propos de table, I. Vlll. quest. x), dont il donna le nom comme titre à un de ses écrits *. V.n revanche, il eut un

I. GonBtiUer Bur ces ppraonnages les histoires do la philosophie grecque ; d'ailleurs, là même, ils ne peuvent guère être que mentionnés.

S. Sur la biographie de Favorinus, consulter principalement : Suidas, 4aS<i>ptvo( et 'Aipi«ï4;; Philostr,, V. de» loph., 1, ch. vm; en outre, pour des allusions éparses, souvent instructives, Lucien, Aalu-Gelle, Plutarque, Catien. — Étude détaillée de J.-L. Marren. De Favofini ArflaUnsia vila, $itidiis, i-.-iiplit, Utrecht, 1853. Notice dans G. Mflller,Fr. Uisl. gr. t. JII. p. 577. Art. de Fr. Nilzsclie, R/iein. mat., t. XIII, p. 612 sqq.

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