‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 284 sur 514 · CONFÉRENCES PUBLIQUES · texte numérisé non relu

CONFÉRENCES PUBLIQUES

gnait d'ailleurs d'étendre au loin sa réputation. Dès qu'il 80 sentait on étal do plaire, il entreprenait une tournée oratoire, en Asie, enSyrie, en Egypte, en Italie, plus loin même, jusqu'en Gaule et en Espagne, partout oft il pouvait compter sur desauditeurs lettrés, suffisamment frottés d'hellénisme'. L'éducation des classescultivées étant alors la mèms, à peu do chose près, dans toute l'étendue do l'ompirc, le sop'iiste était sûr d'être bien accueilli dans toutes les provinces qui possédaient des écoles grecques.

En général, sa réputation le précédait et excitait dans le public une vive curiosité *. Accueilli dans chaque ville par les maîtres et les élJvcs, il organisait une ou plusieurs séances, auxquelles venuient assister tous ceux qui se piquaient de bon goill c! de bonne éducation. Ces conférences avaient lieu le plus souvent dans les locaux oij enseignaient les rhéteurs de l'endroit (xxsgx- T^pix), quelquefois dans des salles spécialement ornées et aménagées à cet efTet, avec plus ou moins do luxe, soit par les villes, soit par les particuliers ^: rarement enfin, lorsque l'afflucnco était grande, dans les théâtres.

Certains sophistes, même parmi les plus illustres, apportaient là des discours écrits. C'est ce que semblent avoir fait /Klius Aristide, Lucien, Maxime de Tyr, beaucoup d'autres; et parmi ceux-ci, les uns lisaient,

I. JEVm» Aristide, qui passait pour avoir pen voyagâ, était allé en iLilie, en Grèce et en Egypte. Philostr., V. S.. U, c. 9, 1. — Voyages de Lucien on Gaule, voy. plus loin. — Voyagea de Ptolimâe de Naucrstis, Phîl. V., S., II, 15, 2 : llXtloro U ticiXbùv »vti kx)

S. Pline, Ep'ut., II, 3 : Migaa Isxnm tama priecessorat.

3. Lucien, Ilpl tsû oi'm'j. — A Rome, Adrien de Tyr donnait set

séances oratoires dans l'Atlieaaeum (Philostr. V. Soph,, II, 1 1, 3),

Sur ce palais, bftti par Adrien, pour être un Udu* inje luarum ar-

tium. Toir Aurelius Victor, rfeCaïJr.. U, î,et DiojGass.LXSIK.n.

Hiit. de l« Litt. grecqu*. ~ T. V. 36

jM,Googlc

562 GHAP- IV.— SOPHISTIQUE SOUS LKS ANTONINS les autres débitaient de mémoiro. Quelques-uns offraient au public plusieurs sujets et lui laissaient la liberté de choisir ; lorsqu'un grand perstmnage assistait à'Ia séance, c'était à lui, nalurellemenl, qu'était attribué l'honneur du choix. Mais les improvisateurs renommés demandaient simplement à leurs auditeurs de leur désigner un sujet. Us prenaient alors quelques minutes de réflexion, et ils parlaient d'abondance.

Le public, passionné pour l'art à la mode, écoutait avec une attention d'abord curieuse et bientôt frémissante. A mesure que le disc»urs se développait et qu'on voyait naître les pensées inattendues, les arguments ingénieux: et subtils, le» sentiments pathétiques, l'enthousiasme éclatait. A certains moments, les cris d'admiration, les applaudissements partaient de tout côté '. Une belle période, savamment conduite, qui s'achevait comme d'elle-même sanselTorL apparent sur une cadence mélodieuse, ravissait tous ces connaisseurs, comme chez nous, une belle phrase musicale dans un concert. Les traits brillants, les sentences, les antithèses étaient acclamés. De moment en moment, l'exaltation grandissait^; elle passait du public à l'orateur, qui, tout transporté parle succès, semblait se surpasser lui-niôme en invention dialectique, en abondance de mots sonores, en sentiments vibrants et passionnés ^ La séance finissait dans une sorte d'ivresse, au milieu de laquelle lescom-

i. MUms Aristide, invité à parler devant Marc-Aurèle, demandait l'iiutorisalion d'amener ses élèves et qu'il leur fût permis de crier et d'applaudir, x«i floïv xal «fioTiIï. (Phil., F. d. S., II. c. S.J

ï. Aristide, nipi ToO napïçftiïiioTo;, p. S30, Dindorf : i:xoii>îiviâ iii nï; tviaîdi àipoitT,; 'x.a\ oûx ïx^i xiç fifijai. oW «oTtep Iv «apaiiÇli xwx),o'j[ii,i"(n (I opu6 ouvra 1. ïa\ c!>; «aoTOî ï^ii çùotw; r, îvï«iiiù>î oilt»!

3. Voyez, sur celte inspiration, une autre curieuse page d'Aristide, même discours, p. 538, t Une lumière divine, dit-il, ( l'orateur •, et il ajoute '. eùBÙt jiàv tivou xnl Mf|j.1! MuIt iù9'j|i:a:, riptZi -coù; if6aX|j,où; itvu xai ta; ^plx"-' EUmiai, etc.

jM,Googlc

Page 1