‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 285 sur 514 · DIVERSES ESPÈCES DE DISCOURS · texte numérisé non relu

DIVERSES ESPÈCES DE DISCOURS

pliments les plus hyperboliques paraissaient à poine BufQsâDls.

La nature de ces discours était assez variée. Souvent, ils ne différaient on rien par les sujets de ceux qu'on prononçait dans les écoles. C'étaient des exercices {ÎAù.i-:ci:), et on les appelait communément ainsi. Volontiers, on on prenait la matière dans l'histoire grecque, de manière à mettre en scène des personnages connus et des circonstances dramatiques. On faisait parler Solon demandant qu'on effaçât ses lois, puisque PisJstrate avait supprimé la liberté; Xénophon, réclamant le droit de mourir avec Socralo ; Démosthène, jurant qu'il n'avait pas reçu cinquante talents d'Alexandre; ou encore un Spartiate, conseillant à ses compatriotes de ne pas recevoir dans la cité les prisonniers de Sphactérie '. L'histoire y était traitée fort libromerit. On lui demandait de fournir des personnages et une situation ; mais on en modifiait les données et on créait sans se gêner des circonstances de fantaisie. Certains sujets, comme ceux qui viennent d'être cités, plaisaient, parce qu'ils fournissaient matière à do beaux sentiments. D'autres, au contraire, parce qu'ils semblaient ingrats et par là même faisaient valoir d'autant plus le mérite d'invention de l'orateur. Polémon avait composé le discours d'un des alliés de Sparte, conseillant, après la victoire d'j£gos Potamos, de détruire Athènes et de disperser les Athéniens dans les dèmcs '.

A côté dcces harangues pseudo-historiques, figuraient les plaidoyers fictifs, qui étaient censés prononcés devant des tribunaux imaginaires et qui s'appuyaient le plus souvent sur une législation de fantaisie. C'étaient les sujets juridiques (ûiro^toet; Sixxvixii), dont les Con-

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561 CHAP. IV.— SOPHISTIQUE SOUS LES ANTONINS traverses de Sénèquc le père nous onl conservé tant d'exemples. On plaidait pour un adultère pris en flagrant délit (6 if-ov/ii 6 i/xïXi(Xi>;A;j:év5î) *. pour un fils renié par son père (A à-o;',vi:uT7Ôi«vo;) '. Mais, lo plus souvent, on imaginait des situations étranges et contradictoires. « Une loi orrionnc de metire à mort celui qui a excité une sédition et de récompenser celui qui t'a fait cesser. On supposera que le même homme ayant excité une sédition et l'ayant fidi cesser, rêelame la récompense » '. Tantôt on développait longuement les arguments de ta câusc, tantôt on se piquait au contraire de les resserrer autant que possible. Secundus d'Athènes traita en quelques mois le sujet précédent :

Des deux actes en question, quel csl le premier dans l'ordre du temps î C'est d'exciter lu sédition. Quel est le second? C'est de l'apaiser. Commence donc par subir le châtiment de la fuute que lu as commise ; quant ù la récompensa de ta bonne action, viens bi recevoir ensuite, situ le peux.

Un autre genre fort en faveur était celui des Discours de cérémonie, qu'on pourrait appeler lyriques, puisqu'on leur appliquait les noms des anciens genres lyriques ('Eyxw(tw, wSxî, [j^Qv^Sîai, 7:aXtv^)îîix■., Xôpi Y<vj(l>.«Koi, ÎTrtTxçtoî, l-wr;5eioi) cl quela distinction entre laproseet la poésie tendait de plus en plus à s'y effacer. Le recueil d'^^liusAristide nous offre un certain nombre de compositions de cette sorte, destinées tantôt à des particuliers {'AKîWLÏyevsîXtxRÔî), tantôt à des villes{'Pw;jiT,îèyx6>f«ov, 'EXiiw^vio;, Mov^)Sia i-\ S;i'ipv/], etc.). Dans cette classe, se rangent les panégyriques, tel que le Panathéiaïque du même orateur, et en général toutes les harangues officielles, si fréquentes en ce temps, discours d'inaugu-

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