I. Voir sur ce sujet SctimiiJt..lJ(i<M>»)ii(, l. II
î. Dite, tai-réa, IV. lOr. XXVI. p. SOT, Dindorf). Au début de aa maladie, il raconte qu'il Tit en songe un philosophe, Rhoaandre, qni lui ilit : IlïpflXSi; JiilIv tù «Siiiliiali lôv Ar,(io(jeiïT], ût lll'" «JtoÎ! Spx «1; rjiiryaifaii tîvai Onipfpovî]ffai. Et il ajoute : toJio to fï||wt nîo-av
t|10[ TT,V ûoTtpn f i),oti|iIsv U'i'f'i.
3. Son contRmporain.ralticistGPhrynichos, faiaail do lui h plus grand éloRe dans le 10* livre do sa itapaaxiuii aoçioiiKT, (Phot., cod. ISS, p. I0<, 3. Bekker) ; Il n'est pas douteu;i, âtani donna l'esprit de l'ouTragi'. qu'il nclo louât justeruoni à ce point de vue.
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B80 GHAP. IV. — SOPHISTIQUE SOUS LBS ANTONINS opinion, elle provenait d'un sentiment juste des extravagances du temps, et elle a pu contribuer en quelque mesure à' les discréditer '.
Aristide, si admiré qu'il fût, n'eut guère d'élèves à proprement parler et ne lit pas école; on trouvait son art trop 'difficile à pratiquer. Mais ses discours lui survécurent et rencontrèrent des admirateurs passionnés daii» les siècles suivants ^ Libanios doit être nommé parmi les plus fervents, ainsi que son contemporain Himérios '; tout le moyen-àgo byzantin partagea leurs sontimenls; les scolies et prolégomènes qui sont venus jusqu'à nous attestent combien ses œuvres furent étudiées alors dans les écoles. Les plus lues étaient le Panaihénaïque et ]e discours Pour les quatre, oii l'on trouvait, sous une forme oratoire, tout un résumé do l'histoire d'Athènes ; puis les deux discours Poiîr la rhétorique, où était loué l'art le plus en faveur auprès des héritiers de l'hellénisme. Si exagérée que nous paraisse cette réputation, elle n'était pas entièrement imméritée. Les autres sophistes de ce temps n'avaient eu en vue que le succès immédiat; leurs œuvres ont disparu, comme cela devaitètre.avecceux qui les avaient applaudies. Aristide, ' lui, unissante un talent de forme au moins égal une tendance d'esprit plus réfléchie, s'était préoccupé davantage
1. Longtn, rragm. J2 (Spengel, Rhet., Grmd, I, p. 3ÎG) le considère
■««nirW'Mlni qaiarâprlmâ.dana l'éloquence, la mollessequi et ai t& la
mode en Asie : tjiv niioviioïffiiiv nepi tTjv 'Anlav ïxivoiv iiit.-n,irca 'ApiateISti;' (tmvï^û; y^P î'^' ">' f^o>^ x"^ niGavi;. Par Ir mol pjuv, Longjn semble oppposer la continuité du discours, la suite logique de la démonelration (nilavi;), aux traits incohérents et sans suite. Cf. ' Pialég. Dindorf, p. 741, 23 : OùEiv ix 'n^; 'Ao-Ib; inifiptto xivqv F, xoû-
S. Il est cité comme un classique par les auteurs do trailés de l'Age suivaDt. Voir l'index des RheL gr. de Spengel.
3. Voir les témoignages recueillis dans le I. III de l'éd. Dindorf, , p. '772 et suiv. — Eunape, dans la vie d'Hiroérios, l'appelle i luîaç 'Af KPttiEn;. — Cf. Pauiy-Wiaaowa, I, col. 892.
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MAXIME DE TYB 581
de la valeur durable dea idées; ses écrita sont reeléé longtemps comme une partie du palrimoino hellénique, et, aujourd'hui même, ils ne peuvent être entièremaut négligea de ceus qui veulent le bien connaître.
Fort inférieur à i^lius Aristide, Maxime de Tyr ne nous intéresserait guère aujourd'hui, si ses écrits ne nous montraient à quel point la philosophie elfe-mëme, en ce temps, pouvait être sous la dépendance dé la sor phistique.
Tous ce que nous savons de lui, c'est qu'il était originaire de Tyr, qu'il vint à Rome plusieurs fois et qu'il y séjourna sous Commode'. Philosophe platonicien', il' semble avoir passé une bonne partie au moins de sa vie à voyager et à donner dos conférences '. Les quarante-et-une dissertations (Ata^iÇst;) qui nous restent de lui sufQsent amplement à nous donner une idée juste de ce que fut son enseignement. Bien qu'il définisse très gravement l'éloquence philosophique et qu'il la veuille avant tout sérieuse et tournée vers l'efficacité pratique (Or. VII, c. 8), personne on ce temps n'a été plus esclave de toutes les frivolités de la rhétorique à la mode . Son style, d'une coquetterie laborieuse, rappelle la manière de Gorgias par ses affectations de symétrie. La
1. Suidas, UâEiijLa; T^ipio: 9iïiJ9o;a:. Syncellâ (351 A), d'après Euflébe, le fait vivre soue Aalonln ; mais il semble qu'Eusâbe l'a eowrt fonda avec la stoïcien Maxime, qui fut un îles maîtres de Marc- Anrèle. Les six premiers discours du recueil portent le litre : Tfiv i> 'Pw|»i SinXf Eiuv tiic «pÛTTi; ImiTiitia;; ce qui prouve qa'il 7 At plnsleurs séjours distiDcts. 11 est fort douteux qu'il puisse Atre iilen- Ifaé. comme le vonlait Bergli (GrùcA.. LUI.. IV, p. SSi, n. tSy. avec le £iS(ivio: (TOfirTnif dont il est question dans le Demona.c da Luciau, c. U.
3. Il est appeliS «Xa;uvixi: fiXianfo; dans le titre commun deaeii premières dissertations. Il professe du reste très haut son admiration pour Platon (Or. 17, c. 1 et Or. S7, c. 4.)
3. Voyez nolammentOr. VIII, 8 ; souvenirs d'Arabie et de Ptirygie.
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582 CIIAP. IV.— SOPIIISTIQDE sous LES ANTONIKS préoccupation manifeslo de l'auteur est d'ajuster et d'équilibrer ses phrases. Pour cela, il faut que la pcn»éG se divise en une série de petits menxbres de même forme et de même étendue, qui se groupent en périodes, ou plutôt en strophes. Soumises à ce traitement, les idées s'allongent ou se raccourcissent, se multiplient, se coupent en morceaux, selon les besoins de la construction. 11 serait vain de se demander si l'auteur peut être sincère, s'il cherche sérieusement la vépîté, s'il est capable d'examiner à fond une question délicate. Toutes les ressources de l'amplification sophistique forment le tissu mèmede sesdéveioppemenls : citations des poètes, comparaisons superficielles, énumérations, exemples de fantaisie; tout l'arsenal du bel esprit, tout le clinquant qu'on prenait en ce temps pour de l'or '.
S'il faut chercher une doctrine sous ce verbiage prétentieux, celle de Maxime de Tyr est un platonisme éclectique, qui fait dos emprunts, selon les sujets et les occasions, à l'aristolélisme, au stoïcisme, au néopythagorismc, et qui ne se défend guère que de l'épicurisme *. Elle offre quelque intérêt pour l'histoire de la philosophie, justement par celte façon d'amalgamer des idées de toute provenance, qui est caractéristique du temps, et aussi parce qu'à certains égards, notamment par la croyance aux démons, elle annonce, comme les écrits de Plutarquo. l'avénemcnt prochain du néoplatonisme'. Mais si l'on était tenté, d'après les titres de quelques-unes des dissertations de Maxime, de voir en lui un moraliste, au vrai sens du mot., c'est-à-diro un homme qui
(. C'est ainsi qu'il louche à des sujets admirables et n'en tire presque rien. Voir, en particulier, les quatre dissertations XXIV- XXVII, Sur Vérotiquit de Socrate.
a. Voir Zeller, Ph.derGr., t. V, p. Ï03 aqq.
3. Dissertations XIV el W.Svr U génie de Socrate {Iltpl lOûSwxpi-
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MAXlifE D£ TYU 683
sait décrire les mœurs, les critiquer, étudier des états d'Âme délicats, nous faire sentir à la fois nos misères, nos dangers, nos ressources, en un mot nous servir de guide dans le chemin de la vie, on serait absolument déçu t. Quelques ressemblances arec Plul arque ne doivent pas nous faire illusion ' : l'un est un vrai philosophe, un bon et charmant conseiller, l'autre n'est qu'un rhéteur qui parle de philosophie. Kt de même, on ce qui touche aux questions religieuses, Maxime les a beaucoup agitées: il traite de la nature de Dieu, de la providence, de la prière, du culte des statues, d'une foule de choses qui auraient di) l'amener à étudier la croyance de son temps, et par suite à nous ta faire mieux connaître *; mais, en fait, sauf quelques indications générales qu'on trouve aussi ailleurs, il y a peu à tirer de tous ces développements, qui restent uniformément vagueset superficiels dans leur élégance banale.
Le seul nom vraiment grand que nous rencontrions alors, sinon dans le domaine propre de la sophistique, tout au moins dans ses dépendances, est celui de Lucien. Il y a lieu de nous y arrêter plus longuement.
Lucien procède de la soplilstiquc par son éducation et
I. I, II, III. nipl^,Sovf;;;V,''OtiIiTTixiiilx:ùvi[ip(VTâaEuvùf()jiaea(; VI, n<0( J!v Ti; çilov ^apa'jx-.viav.m ; XVllI, El tbv âi»r,aavT> ivTSeu<T,tiav ; XXXIV, Ilû;i£v t.( âlvna; «rii ; XXXVIl, Et a-.>tiCâ»(Ta( «phï
!. îtessemblances de sujets el queligucroi» d'idées. Mais, pour apprécier ce qu'elles cachent (le dllTérences profondes, com|)arer, par eiomple. le Irailéde Plut arque Sur la di/firen-e entre Vami etU flatUur. et la dissert. XX, Tioi /(opiaTtov tov xi\a%ix tov çilou.
3. VIII, E! fl«Bl( àïii(iiiTa tîpuTiov ; X, Tivec Si«ivoï «tpi Seùv lit- Xrfov, «oiTirai î, f lî.icrofoi ; XI, El Bit t3](«3flcii ; XVII, Ti t Stnt xatà nUiwva ; XIX, Eî, [laviixi^c oilnit, Iitti ti tf ' 'iit^Iv.
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par certaines de ses habitudes d'écrivain, mais il s'en dégage par la vigueur native de son esprit et par l'indépendance de son caractère. C'est à la fois un remueur d'idées et un créateur de formes. Paraphlétaire, moraliste, conteur, dialecticien, il a une puissance intime qu'on ne trouve en ce temps chez aucun autre. Seul peut-être entre les écrivains de la période romaine, il rappelle par le génie ceux des siècles classiques ; il y a en lui de l'Aristophane et du Platon. U unit la grâce à la force, l'esprit mordant àla clairvoyance, l'ironie charmante à la philosophie et à l'éloquence. Tous les sophistes contemporains, grands hommes pour leur public, ont disparu pour la postérité: lui seul reste vivant et domine son siècle. D'ailleurs, aucun plus que lui n'invite à penser. 11 incarne l'hellénisme, et il en révèle le déclin. Il tourne avec un art merveilleux les ressources du passé à la destruction de ce que ce passé avait édifié. Son importance est aussi grande dans l'histoire des idées que dans celle des formes littéraires. U est celui qui fait le mieux sentir quelle était encore la force de l'hellénisme et quelle était déjà sa faiblesse.
Sa vie ne nous est guère connue que par ce qu'il en a dit lui-même, çà et là, dans ses écrits '. Né à Samosale, dans la Syrie du Nord, vers l'an 125 de notre ère ', lui
1. Suidas, Aauxiavb; £a[i.osaitO<, notice insigniflanle. Photius, cod. I2S, parle de Bes écrits, mais non de sa vie. — A consulter: Mees, DuLueiani itud'ta et icripla Juvenilibu), Rotterdam, 18*1 ; K. G. Jat-ob, Characterislik Liikiam vor, Samoiala, HHiiil>OQrg, 183i ; K. F. Hermann. Zur CharacteritUk Lukiant, '.8i9; J. Sommerbrodt, Introduction des AusgewahUachriflea da Lueian. Berlin. 1S6U: Maurici! Croiset, Ettai sur Ut vie et les œuvres de Lucien, Paris, 1882.
!. Suidas le tait naître sous Trajan. La date approximative de ISS résalte de l'ensemble de sa vie, en particulier de ce qu'il ae donne à lui-même 40 ans daits VHermotimt, manifestement écrit i Athènes, lorsque l'auteur eut renoncé à la rhétorique, mais peu après. Or Lucien s'est fiy-b b. Athènes vers 164. Cf. Double accuxi- Uon, 32.
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