‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 292 sur 514 · Voy. laocrate, de Pact, argum · texte numérisé non relu

Voy. laocrate, de Pact, argum

S. II. g. Foss, Coiitminlallo ciûtira gita probalur dtclamaliones duo Uptinras non este ab Ar'aliile scriplai, AUenburg, ISil. 3. H. Baumgarl, ouv. cité, p. Oct suiv.

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67C CIIAP- IV.— SOPHISTIQUE SOUS LES ANTONIMS Personne peut -être, en ce temps, ne laisse mienx voir que lui ce qu'avait de fàclieux l'induence de la sopliistiquc. Très richement doué par la nature, Arislide, s'il eût v('cu dans d'autres conditions, aurait clé un liommc supérieur. La sophisliquc le prit, le détourna de la vérité et l'emjièclia de donner ce qu'on pouvait attendre de lui.

II eut ccrlain!>ment, par instants au inoîns,l'amhttioti d'être autre chose qu'un orateur d'école. Sa fortune, le renom de sa famille, son talent.. la considération dont il jo-jissaif . son crédit à la cour pouvaient lui permettre de jouer un rôle politique, incertain nombre de sesdiscours sont de véritables harangues, qui touchent au\ affaires du temps. Lorsqu'on les Ht,, on sent qu'elles ont dil être applaudies et rester sans eifet. L'orateur s'y montre plein de ressources, mais incapable de serrer de près la réalité. Habitué à n'argumenter que sur des thèmes scolaires et d'après des livres, il ne sait pas analyser les choses de la vie. Jamais la situation présente n'y est étudiée sérieusement : nul exposé précis des difficultés à résoudre, des intérêts à satisfaire, des ménagements à garder, nul sens pratique, rien d'immédiatement applicable ; de belles paroles, des développements toujours généraux, une éloquence académique, qui a de l'essor, mais qui ne sait pas marcher sur 1q sol '. Même en ce temps et sous la surveillance de l'autorité impériale, il y avait autre chose que cela à dire, pour étro utile; mais il aurait fallu être simple, franc, parler sans vain souci de plaire, aller droit au fait, appeler les choses par leur nom; et c'était justement ce dont Aristide avait cessé d'être capable.

Ajoutons que les succès oratoires avaient étrangement

I.Vuir surtout là discours XLII. ntjt'i à|iovaix; xal; nUta-.t, et comparer avec DioD (or. 38, 33, tD),qui est très supérieur en Bincérité pratique.

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développé eo lui la vanité et gâlc le jiigemenl. Ses Biscours sacrés sont bien, quant au fond des'choses, l'une des plus sottes et des plus impertinentes 'compositions qu'on puisse lire '. Impossible d'entretenir le public de ses misères physiques avec une infatualion'plus ridicule. Il lui semble que son dieu n'a rien affaire que de s'occuper de lui, et que le monde entier doit être atten* tif à tout ce qui s'est passé entro eux. Nous n'avons aucune raison, quoi qu'on en aitdit, de douter de la sincérité do sa foi. La dévotion, en lui, s'alitait très bien à la vanité, ce qui n'a rien d'extraordinaire. Comment auraît-il douté qu'un personnage de son importance ne dût èlrerubjctd'unesoUicitudedivine toute particulière? Cette sollicitude, il la sentait partout, il en jouissait, et il éprouvait le besoin de la publier : sa présomption puérile est la meilleure preuve de sa crédulité.

Aristide est donc un déclamaleur. Mais, sous cet art sophistique qu'il étale avec complaisance, ou ne peut nier que des qualités rares n'apparaissent et ne compensent môme parfois ses défauts essentiels.

Dans un siècle où l'éloquence cherchait surtout à juxtaposer les traits brillants, il a su argumenter. Qu'il traite un sujet réel ou un sujet ûclif, dès qu'il s'agit de raisonner, l'invention dialectique atteste chez lui des ressources vraiment remarquables'. Si le fond de son discours est historique, comme dans le Panathénaïque ou le Plaidoyer pour les Quatre, il sait tirer de l'histoire les exemples et les arguments avec une rare présence

1. Ce qui a'enipéche pas, bien entendu, qu'on n'j trouve quantité de détails iniéressaots pour l'histoire morale, religieuse, littéraire du temps.

2. Prolég. Dindorf, p. 7tl, 1!: 'HSt) |Uv Adtt^vo; xalnâviKoI xpiti-

xei KaSiXau tôv ATnio'riivTjV [[i[Lav[uva(. — /ftirf., 1- 21 : tj tû» iï8u[iT,luicuv HVKïiTT.Ti Br,|ioaStïi!;ii.

Hitt. ds U Litt. grKt|u<. — T. V. 37

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578 GHAP. IV.— SOPHISTIQUE SOUS LES ANTONINS d'esprit. Los récits des graods écrivains classiques lui sont familiers ; il en a^tout le délail à la Foi» devant les yeux; les faits accourent à son appel pour les besoins de sa cause, avec un à-propos étonnant. De là l'intérêt qu'offrent ces discours pour la connaissance des événe- . ments doot il parle; il est vrai qu'il les arrange à sa façon parce qu'il plaide ; mais il les connaît comme un bon avocat connaît le dossier qu'il a étudié. S'agit -il de discuter des opinions? Même souplesse et mêmes ressources. Quand il défend la rhétorique contre Platon, c'est avec une abondance de raisons qui semble inépuisable. Pas une contradiction de l'adversaire ne lui échappe. Il s'empare de ses avcuxj de ses concessions, de ce qu'il a pu dire ailleurs, et il le réfute par ses propres déclarations, pied à pied, en gagnant du terrain à chaque pas. Dans une argumentation si subtile et si abondante, il rencontre souvent la vérité. Mais les objections spécieuses se mêlent trop aux objections sérieuses, ce qui nousinquiète; et, toujours, ce grand effort d'esprit donne l'impression de quelque chose d'artificiel, dont on se défie, alors mémo qu'on l'admire dans une certaine mesure.

Cette dialectique, d'ailleurs, est ce qu'il y a de meilleur en lui. Son pathétique est banal, faute de sincérité. Des discours tels que la lamentation funèbre sur Smyrne, qui se composent en grande partie d'apostrophes et de prosopopées, sont pour nous sans intérêt et sans valeur. Là où il faudrait de hautes pensées, des sentiments graves et forts, une philosophie en un mot, on ne trouve que le vide. Ses hymnes oratoires aux dieux ne nous renseignent que vaguement sur les croyances du temps, parce qu'ils ne sont eux-mêmes qu'un tissu d'idées vagues, et qu'ils procèdent, non d'un état de conscience, mais d'une pure habileté technique.

Par son style, Aristidecst un des plus attiques entre

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les écrivains de ce temps '. Sachant par cœur, très certaiticmcnt, une bonne partie des œuvres classiques, il se sert sans clTort des ressources qu'elles lui fournissaient. Thucydide, Platon, Xénophon, Isocrate, Démoslhène surtout, sont ses modèles favoris. Rivaliser avec ce dernier a Hii son amhition constante, et il s'est flatté plus d'une fois de l'avoir égalé, sinon surpassé *. En luttant avec lui, il tic craignait pas de lui prendre se» propres armes; il est plein de tours, d'expressions, de raisonnements même, qui viennent directement de son modèle. Toutefois, l'allure de sa phrase n'a rien de la véhémence du grand orateur. Son style est plutôt une sorte de compromis entre sa manière et celle d'Isocrate, avec un mélange d'éléments abstraits qui procèdent de Thucydide. Qu'il ait quelque chose d'apprêté et d'arliliciel, cela est incontestable. Mais pour les meilleurs juges de ce temps, il représentait, en face dos improvisations frivoles et du mauvais goût régnant, la forte tradition classique '. N'ayant qu'une médiocre aptilude à improviser, Aristide s'était Fait une préférence raisonnée pour l'éloquence étudiée, qui lui semblait plus sérieuse. 11 se prenait lui-même pour un pur Altique, et il censurait de haut les écarts des parleurs contemporains, comme on peut le voir surtout dans son discours Contre ceux qui profanent téloquence (Or. L, Kmà. tâv ^Çof/ot);iiv(i)v). Quelle que fût la part d'illusion qu'il y eût dans cette

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