Tb. Zacbariœ, De dktiow Babriana, Leipzig, IBTS
Bi>t. 4* la LIK. graeqM. — T. V. iO
jM,Googlc
62e GHAP. IV.— SOPHISTIQUE SODS LES ANTONINS
mença dès le m* siècle et se prolongea à travers tout le moyen-âge byzantin.
Dfl même que la poésie didactique, la poésie lyrique, au second siècle, n'est vraiment qu'une poésie d'école ou do petits cercles lettrés.
Laissons de côté les Anacreontea, dont une partie semble appartenir aux deux premiers siècles de notre ère ; nous parlerons plus loin du recueil tout entier, lorsque nous arriverons au temps où il paraît s'être achevé, c'est-à-dire au v* siècle.
Dans im tout autre genre, les Hymnes Orphiques, dont un grand nombre aussi sont attribués au premier et au second siècle do notre ère ', peuvent être cités comme des exemples de cette stérile production poétique, assujettie à d'étroites conditions. Ji'otre recueil en comprend quatre-vingl-liuit, sur lesquels une dizaine seulement doivent être rapportés soit à la période alexandrine, soit à une plus haute antiquité -. Ce sont des prières ou plutôt des litanies, consistant surtout en énumérations de titres et d'attributs. De.slinées à accompagner des sacrifices, elles ofTrenl un mélange des diverses idées philosophiques du temps, associées aux vieilles traditions orphieo- pythagoriciennes. Elles ont dû satisfaire la dévotion païenne des contemporains par la pompe obscure des invocations, mais sans jamais sortir d'une petite église, dont les fidèles seuls étaient en état de les comprendre.
l'n art plus savant, mais un art de pure imitation, se mani fesle dans quelques autres œuvres lyriques du môme temps, dont les auteurs ne nous sont guère connus que de nom. Mésomédès de Crète, affranchi de l'empereur Adrien, qui le tint toujours en grande faveur, avait com-
l.Clir. Petersen, Pkilol. XÏVII. p. 385 et suiT. S. Abel, Orphica. Leipzig. 1885, p. 53-102.
jM,Googlc
POÉSIE LYRIQUE; ÈPIGRAMMES C27
posé, d"après Suidas, un Éloge d'Antinoiis et divers autres poèmes lyriques '. II nous reste, de lui un Hymne à Némésis, qui témoigne de quelque habileté technique, mais qui doit surtout sa noloriélé à ce qu'il a garde sa notation musicale. Il en est de même de deux autres hymnes, adressés l'un à la Muse Calliope, l'autre à Apollon, qui portent le nom du poêle Denys d'Alexandrie, d'ailleurs inconnu ; il est assez vraisemblahtc qu'ils datent du même temps 2.
Si la vie de société et le goût du hel esprit favorisaient médiocrement la poésie lyrique, l'épigramme au 0011traire ne pouvait que s'en bien trouver. Le second sii'cle parait avoir élé aussi fécond en et; genre que les précédents. D'apn^s Suidas, le grammairien Diogénianos d'IIéraclée. que nous retrouverons ailleurs, publia, sous Adrien, une Anthologie d'i' pi grammes ('AvOo).5']".ov îta- Ypa;t;xâT«*v)'. Les débris en sont sans doute dispersés dans notre Anthologie palatine. Diogénianos n'était peut-être que collectionneur ; un de ses contemporains, SI raton de Sardes, qui fil, lui aussi, un recueil d'cpigrammes, était de plus poète. Son recueil constitue aujourd'hui le IX* livre de l'Anthologie palatine, où il a pour titre MoO^x nxt$t%Ti. Le genre d'amour que la sopliistique du temps opposait à l'amour naturel est le sujet qui y est traité, avec une imagination souvent licencieuse, soit par Slralon lui mémo, soit par les autres poètes qu'il y a groupés. — En dehors de ces recueils, quelques épigrammatistos isolés de ce temps nous sont connus. Citons seulement Ammianos, de qui nous avons encore une vingtaine d'é-
i. Suldaa, Hi^Dtti^^TjC.
î. Ces trois hymnes se trouvent, avec leur notation, dans ^Vesl• pliai, Metrik, I ■, Anhang, p. S4 et auiv. Cf- pour l'hymne de MùaoinédéB. Jacobs, ÀnlhoL, III, p. 6, et IX, p. 3il.
3. Suidas, dt^Tiviiavà; 'HpaiXiix;, Jacobs. Anlhol,, ProUg. I,
jM,Googlc
l.A RHÉTOBIQUE 629
à parler sommaireinent des quelques formes de ta philologie qui en ont clé les auxiliaires, à savoir de la grammaire, de la rliélorique el de la lexicographie. Nous serons d'autant plus brefs sur ces sujets qu'ils n'inlt^ressent la littérature qu'indirectement.
Jamais, à coup sur, la rhétorique n'avait été plus universellement étudiée et cultivée qu'elle ne le fut alors. Mais après les discussions des Apollodoréens et desThéodoréens, elle n'offrait vraiment plus rien de nouveau à dire. Quintilien, à Rome, avait pu encore, au temps de Domilien, composer sur la rhétorique un ouvrage, sinon neuf, du moins intéressant et même personnel, en traçant, avec un réel talent de composition et de style, un tahleau complet de l'éducation de l'orateur. Mais cela supposait une largeur de vues dont il ne semble pas qu'aucun des maîtres grecs du temps ait été capable. En tout cas, après Quintilien, ce livre n'était plus à faire. Toute la littérature technique du second siècle est purement cl simplement une liltcraturc d'école. Curieuse à consuller en tant que document, elle n'a en elle-même qu'une valeur bien médiocre.
Quelques-uns des livres de classe qu'elle a produits ont eu pourtant de la renommée. — Sous Adrien, le rhéteur Alexandre, fils de Nouménios', composa un Traité de Rhétorique , Aoni il ne nous reste que trois extraits», mais dont la substance st-mble avoir passé dans une Rhétorique anonyme (dite V Anonyme de Séguier)sur laquelle nous allons revenir. 11 y discutait les idées des ApoUodorécns et des ThéoJoréens, avec une tendance marquée vers la manière de voir de ces derniers. I/ouvrage, peu original sans doute, offrait un résumé compU>t de
1. Suidas, 'AJiîïïîpa; Ai^aîa; et No-JUr.vio;. — Pauly-Wissowa, Àkxandrm, n* 98, 2. Walz, RhH. Gr. IX, 331-3Î3 ; Spjngel, R.'iel. Gf. III, 1, 0,
630 CH.VP. IV. — SOPHISTIQUE SOUS LES ANTONINS tout ce (|ue la rhétorique grecque avait produit de plus essentiel. Par là s'explique le succès dont il semble avoir joui dans les siècles suivants; il dispensait de la plupart des écrits antérieurs. On ignore s'il faut rattacher à cette Rhétorique le traité Sur lesfiguresde pensée et de mots, en deux livres, qui nous est parvenu sous le nom du même auteur '. Ce traité, tel que nous le possédons, n'est d'ailleurs qu'un abrégé do l'original *. Celui-ci fit autorité dans les écoles jusqu'aux derniers temps de l'hellénisme. Tous les rhéteurs qui ont écrit sur les figures relèvent d'Alexandre, en particulier Tibère (Ileft Tûv T:apal An^iAcOfvst cyTiiiituv), Phœbammon (ntpl ir/'ny.i.-K» pïiTopixùv), Hérodien (Hapi rrfyi^i'nw), Polybe do Sardes, Zonaeos, et d'autres. — Comme nous venons de le dire, un auteur dont le nom est inconnu (on l'appelle I'ànonyme de Sëgcier) se servit de la Rhétorique d'Alexandre pour composer un peu plus tard un traité qui nous est parvenu sous le titre de TEjfvn -roû no^iTumt "kcrfw *. Le dernier éditeur, Graoven, l'aattribué au rhéteur Cornulos, qui vivait vers l'an 200 après J.-C. L'intérêt de l'ouvrage est surtout dans les renseignements qu'il nous donne, concernant l'histoire de la rhétorique sous l'empire. — .-Elius Théon. probablement contemporain d'Adrien, était, selon Suidas *, un