‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 332 sur 514 · Photius, 5S : 'E«iav£|Ui!;av Gt aùrôv Stvo^ûvTa liai · texte numérisé non relu

Photius, 5S : 'E«iav£|Ui!;av Gt aùrôv Stvo^ûvTa liai

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ARRIEN : SES ÉCRITS 6Cj

prime, llsembte que l'empereur, qui aimait le grec, ail voulu avoir sous la main un document clair, facile à lire, écrit dans sa laDg;ue favorite. Arrien a composé, pour lui d'abord, et sans doute ensuite pour d'autres lecteurs, une sorte de journal de route, qui note les choses intéressantes, sous une forme un peu sèche, mais correcte et dégagée. Une fois ce journal fait, il jugea bon de le compléter par une description analogue du reste du littoral du Pont Euxin ■. Il ajouta donc, d'abord la partie du littoral méridional qui s'étend du Bosphore jusqu'à Trapézonte (c. 12-17): puis celle du littoral occidental et septentrional, du Bosphore à Dioscourias (17-23); la mort récente de Cotys, roi du Bosphore Cimmérien, en offrant h l'empereur l'occasion de régler une succession princîërc, lui paraissait prêter à ces derniers chapitres un intérêt d'actualité (c. 17). Dans toute cette seconde partie, Arrien n'a fait qu'utiliser des Périples antérieurs *. Il ne visait pas à l'originalité des recherches ni à la nouveauté des faits. Son seul but était de réunir, sous une forme tr(?s simple, des renseignements formant un tout ^

Le Traité de Tactique (Té/vïi tocxtixti), achevé en 137 *, peu avant qu'Arrien quittât la Cappadoce, dénote un état d'esprit analogue. L'auteur y continue son apprentissage d'écrivain en rajeunissant des œuvres antérieures. Remarquant que les nombreux traités de

!. Suivant C. G. Brandis (Rhein, Mua.. N-"* sêr.. t. âl.fasc. i). ceUe suile aurait élâ ajoutée postérieurement et ne serait pas d'Arrien.

2. C'est ce que démoalre la comparaison avec le ntpiRlou: Tf|( «ytà; ia.'tât<rv- ^° Ménippe de Pergame, dont un fragment nous a été conservé danerEptfomedeMarcianus d'Héraclôe (voir plus loin, ch. VIII,.

3. Le PéripU d'Arrien est une des sources du Ilepfn^iovç Eù^iivou KdiTov. compilation byzantine, qui figure dans les Geogr. gr. minores Didot, I, p. 462 et autv.

*. La SD* année du régne d'Hadrien (c. U, 3).

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666 CHAP. V. — HELLÉNISME ET CHRISTIANISME tactique écrits jusque là en grec étaient fort obscurs, principalement en raison des termes spéciauii dont ils étaient pleins., il entreprend d'en composer un nouveau, d'une forme accessible à tous'. Toute la première partie (c. 2-32)n'est qu'un exposé des anciennes formations tactiques, grecques et macédoniennes-. .Vrrien y suit de très près le tacticien EUen dont nous parlerons plus loin '. Dans la seconde partie (c. 33-44), l'auteur s'occupe de la lactique romaine; mais ayant déjà parlé de celle de l'infanterie dans un écrit qu'il avait composé pour l'empereur, il s'en tient aux man<L'uvres de la cavalerie *. Le mérite de l'ouvrage est de même genre que celui du Périple : c'est un exposé clair, sans ornement.

Au même groupe d'écrits paraît se rattacher le Plan de bataille contre les Alains ('ExTat^t; xxrà 'AXovûv) ; simple fragment d'un ordre de marche et d'attaque. qu'Arrien avait dû rédiger en qualité de général. Peutêtre l'avait-il inséré plus tard dans son ouvrage Sur les Alains ('AXavixTi), d'où il aura été extrait par un compilateur de documents tactiques'.

En somme, ce n'étaient encore là que des essais sans grande importance. La véritable activité littéraire d'Arrien commence après sa retraite. C'est probablement à Athènes, sous Antonin et sous Marc-Aurèlo, qu'il a composé ses principaux ouvrages. Ceux-ci appartiennent tous au genre historique. Rien en effet ne convenait mieux

1. Tactique, c. I; sartont : i; ojï ij^vuntitaia ïotai loî; ivfjï'/ôvouiti Ta II npàflixTa iia\ ta ivi^igiioi.

3. Voir Pauly-Wissowa, art. -Ellanus, 10, et R. Fôrster. Hermét, }UI, m.

4. C. 32. i. La phrase est altérée, mais le sens ressort du con-

5. 11 nous a élb conservé dans le Laurenlianui SS, i, qui conljeat des écrits relatifs à la tactique.

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que l'histoire à cet esprit sag'c, mais plus exact que puissant ou inventif. D'après les indications de Pholius ', Arrien, dès qu'il se sentit capable de composer, songea à se faire l'historien do la Bîthynie, sa patrie. Mais les renseignements, dispersés, claiont longs à recueillir; il ajourna donc son projet; et, en attendant, il écrivit deux biographies, celles de Timoléon de Corinthe et de Z)ïon (ftf Syracuse, toutes deux perdues. Alors, devenu plus sur de lui, il entreprit son Expédition d'Alexandre {'AXïÇivSpo'i àviê«(Tiî), sur laquelle nous reviendrons tout à l'heure ; et ce fut seulement après l'avoir terminée, qu'il acheva et publia ses Bi&u«axx. De ce dernier ouvrage nous ne savons que ce qu'en dit Photius : qu'il commençait aux temps mythiques, se composait de huit livres, et se terminait à l'époque où la Bithynie devint province romaine (75 av.J.-C.)

Une fois libéré de sa dette envers sa patrie, Arrien revint à ses études sur Alexandre, et il compléta son Anabase par deux ouvrages : un écrit Sur l'Inde ('lyî«T|) et la Succession d'Alexandre (Ti [iît' 'A>.éÇavSpcw) en dix livres. — Le premier ouvrage, qui subsiste encore, est écrit en dialecte ionien ' : après une courte description de l'Inde, dont les éléments sont empruntés surtout à Ératosthène, à Méarque et à Mégasthène ', l'auteur raconte en abrégé le voyage d'exploration (des bouches de l'Indus au fond du golfe pcrstquc) que Néarque avait accompli sur l'ordre d'Alexandre et relaté en détail dans sonPériple. En suivant de très près ce récit, dont il nous a ainsi conservé la substance, iiscmble s'être proposé simplement do réunir, sous une forme brève,

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