Photius
2. Arrien, qui avait fait d'Hérodote nn de ses modèles, aura voulu sans doute s'assimiler autant que pOBsibie par cette imitation les secrets de son atyie.
î. Inde, c. 17, cf. 3.
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668 CHAP. V. — HELLÉNISME ET CHRISTIANISME beaucoup de faits curieux, à l'usage de ceux des leclcurs de son Expédition d'A lexandre, que cet épisode intéresserait plus spécialement*. — Du second ouvrage, nous □e possédons plus qu'un résumé assez court dans Photius (cod. 92). Nous y voyons qu'il embrassait les événements des années ;^23-321, depuis la mort d'Alexandre jusqu'au retour d'Antipator en Europe. Il est difficile de dire pourquoi Arrien s'était arrêté là et s'il avait eu l'intention de pousser plus loin. Au reste, le résumé que nous possédons ne permet de juger ni de son originalité ni de son mérite littéraire'.
Ce fut probablement après avoir beaucoup écrit d'après les autres qu'Arrien se risqua àfaire œuvre plus persoii- Dello en abordant le récit d'événements contemporains. Son livre Sur les Àlains ( 'Alavtx^q), qui ne nous est plus connu que par une simple mention de Photius', datait peut-être du temps de son gouvernement de Cappadoce. Mais son œuvre la plus personnelle et la plus inipor- •tante fut l'histoire de la Guerre des Romains et des /•arMe* sous Trajan (flapôwii), en dix-sept livres'. Il ne nous en reste malheureusement aucun fragment; ce qu'en dit Pholius (cod. o3) est tout à fait insuffisant pour nous en donner même un aperçu.
1. Il renvoie à plusieurs reprises à son Bipéditlon d'Alexandre et donne son nouveau livre comme un supplément indépendant (c. 19, 23, 2G, i3). 11 l'avait du reste annoncé dan* son EjcpidUUm (V, S, 1).
2. L'historien Dexippos, au in< siècle, semble avoir mis à profit l'ouvrage d'Arrîen dans celui qu'il composa sous le même litre. Voy. Pholiua, cod. 81 : 'AppiavûxaTÔ tô itIbÏotoï oOiiçuva ïpàfuv.
3. Si cet ouvrage était surtout un récit de ses campagnes, on peut supposer, comme on l'a vu plus haut, que le Plan de bataille contre le» Alaim on aété extrait.
i. La date relative de cet ùcrit bb déduit de ce qu'Arrien, d'après PhotiuB (c. 93), justiflait, dans la préface de ses BiBuviixi, les relards qu'il avait mis à publier cette histoire de son pajs en citant les autres ouvrages qui l'avaient occupé. Il citait les biographies de Dion et de Timoléon et l'histoire d'Alexandre, mais non la guerre des Parthes. Celle-ci est donc postérieure aux Bifiuviax j.
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Un écrit très spécial, ll'opuscule Sur la Chasse (Kuvn- Y«TUioî), est venu jusqu'à nous. Nous en ignorons absolument la date '. Arrien s'y propose de compléter le traité de Xénoption sur le même sujet. Au milieu de détails purement techniques, on y trouve quelques descriptions, quelques souvenirs personnels, ot même des traits de caractère, qui ne manquent ni d'intérêt ni d'agrément '. — Enfin nous savons par Lucien {Alexandre, c. 2) qu'il avait écrit aussi une Vie du brigand THUboros, personnage entièrement inconnu.
C'est sur son Expédition d'Alexandre que nous devons aujourd'hui le juger, comme historien et con>me écrivain. Le choix du sujet en lui-même est déjà caractéristi que. Si Arrien eût été doué d'un génie vraiment oii^inal, il n'eût pas été tenté sans doute par cette histoire très ancienne, d'autant qu'il n'avait à sa disposition aucun document nouveau qui lui permit de la rajeunir. Mais ce qui aurait éloigné un esprit plus curieux de nouveauté fut peut-être justement ce qui l'attira. Dénué du goût de la recherche, il aimait à juger, à classer et à simplifier. Or, pour traiter ce sujet, il disposait de plusieurs récits bien informés et complets, sans parler de ceux où l'élément fantastique prédominait. Sa tâche était de les critiquer les uns par les autres, de les concilier autant que possible, enfin de les fondre en un nouveau récit, qui deviendrait ainsi le plus vraisemblable de tous en même temps que le plus clair. C'était bien l'affaire de son esprit judicieux et lucide. Ajoutons que le côté militaire du sujet, qui était à ses yeux le principal, dut plaire à l'ancien général qui survivait en lui chez l'écrivain. D'autant plus que ia récente expédition de Trajan en Asie, dont il avait pu recueillir les souvenirs
1. Od voit seulemenl, par le c. 1, que l'auleur était alors fixô i Albènes. on du idoIdb se considérait comma Alhéaien. 3. Voir noIamraeDt le c. 2t, où Arrien atttste sa dÔTOtioa.
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670 CHAP. V. — HELLÉNISME ET CHElSTIANISMt:
dans sa jeunesse en causant avec des officiers plus âgés, donnait alors un intérêt nouveau à cette étonnante expédition du conquérant macédonien, qui avait mené pour la p^emî^re fois des armées régulières au delà de l'Euphrafe et du Tifrre.
Avec un scrupule qui n'était pas ordinaire dans l'an tiquité, Arrien nous a fait connaître ses sources à la première page de son livre '. Entre tous les historiens d'Alexandre, il a choisi, nous dit-il, Ptoléméo et Aristobule comme les plus dignes de foi, parce que tous deux avaient pris part à l'expédition et que tous deux avaient écrit après la mort du conquérant. C'est do leurs récits qu'il tire la substance du sien. Le rôle qu'il revendique est de les comparer ; s'ils sont d'accord, il ne fait que les suivre, on se réservant seulement d'éliminer les choses trop peu dignes d'intérêt; en cas de désaccord entre eux. il se décide selon la vraisemblance. En outre, ajoutcl-il, il a lu la plupart des autres récits, et, lorsqu'ils lui ont paru mériter de n'être pas entièrement passés sous silence, il en a fait mention en usant de la formule on du (isyerat), ou d'autres analogues. Les travaux critiques qui ont été faits de nos jours sur les sources d'Arrien ont démontré l'exactitude do ces déclarations '. On peut donc dire que son récit relève constamment do ceux de Ptolémée et d'Aristobule et qu'il a, au point de vue historique, à peu près^Ia valeur qu'ils avaient eux-mêmes; avec cette différence toutefois, qu'il a effacé par système ce qu'il y avait sans doute de plus caractéristique chez l'un et chez l'autre comme tendance personnelle, pour s'en tenir à une vraisemblance moyenne. Ainsi conçu, l'ensemble du récit n'a rien qui éveille ladéfiance; te merveilleux en est banni, sauf les présages, que la dévotion du narrateur aime à enregistrer ; partout appa-
1, Ej-pM. d-Alej:.. préface.