‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 337 sur 514 · PAUSANIAS · texte numérisé non relu

PAUSANIAS

La Description de la Grèce est un des écrits les plus précieux que )'antiquit6 nous ait légués pour la connaissance Af la Grèce ancienne, de sa mythologie, de sa topographie et de ses monuments. Mais la reconnaissance <]u6 tous les amis de l'antiquité ont pour l'au>eur ne doit pas nous faire illusion sur ses mérites réels,'

Quelle fut, en l'écrivant, son intention? Pausanias ne semble pas avoir voulu rédiger un Guide du voyageur en Grèce à proprement parler, ni même un Guide de l' archéologue, c&T il omet quantité de choses qui eussent W) ulilesàl'un ouà l'autre. Son livre semble bien plutôt avoir été principalement destinée ceux de ses contemporains qui avaient déjà visité la Grèce. Il se proposait de renouveler et de préciser leurs souvenirs, de compléter ou de corriger les indications des exégètcs. Le voyage qu'il leur faisait faire était probablement celui qu'il avait fait lui-même, te voyage d'un amateur qui ne se souciait pas d'être complet. Abordant au Piréc, il décrit d'abord l'Atlique et la Mégaride (1. 1, 'A-mnx): puis, il franchit l'isthme, visite Corinthe, Argos, Mycènes, Epidaurc (1. H, KopwSntitx), s'arrête un peu plus en Laco- Die(l. 111, Asxidivux), traversclaMcssénie,donl ilraconle l'histoire (1. IV, Mecffunwxx) etarrivcaînsi cnElideJ'importance d'Olympic et do ses monuments justifie l'étendue relative de cette partie do sa relation, qui a élé singulièrement précieuse en notre temps pour les archéologues (1. V et VI, 'Hliaxi) ; il parcourt ensuite l'Achaïe en rapportant les grands faits de son histoire, ce qui l'amène à parler aussi incidemment de l'hinie, colonisée en partie par les anciens habitants de l'.Egialée (I. VII, 'Ayaïxâ); il achève l'exploration du Péloponnèse par l'Arcadie, à propos de laquelle il s'étend sur Pbilopcemen (1. VIII, 'Ap)txEi«â). Revenant alors dans la Grèce continentale, il visite d'abord la Béotle; Thèbcs l'y re-

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tient particulièrement, avec ses souvenirs de la Thebaî/le, des guerres médiques, d'Kpaminondas, et ses monuments ; il rayonne de là dans les villes du voisinage, à Platées, Délium, Anlhédon, Orchomèno, Tanagra, etc. (1. IX , BcKQTixi) ; enfin il se rend en Phocide, oii Delphes l'attire et le séduit; la description qu'il en fait est en quelque sorte le guide des fouilles qui s'y exécutent de nos jours ; et son récit do l'expédition des Gaulois nous a conservé un curieux épisode de notre histoire nationale (1. \, ^mx.u.i). Là se termine son voyage, laissant de côté, à notre grand regret, toute la Grèce occidentale et septentrionale, Acarnanie, Ktolie, Épire, région du Pinde central, Thessalie.

En composant cette description, Pausanias a certainement suivi de près des écrivains antérieurs, qu'il ne nomme pas '. Pour l'archéologie, son principal guide n'a guère pu être que Poléraon le Périégète ', dont les œuvres, devenues classiques, avaient été abrégées à l'usage des voyageurs; Pausanias présente des omissions frappantes à propos de tous les monuments notables postérieurs au temps de Polémon '. Pour la topographie, il a emprunté beaucoup à Artémîdore ; pour l'histoire, à Istros. Par lui-même, il n'avait ni le goût ni la méthode des vérifications minutieuses, des recherches patientes, des déchiffrements d'inscriptions. 11 aimait le travail tout fait. Mais il a eu du moins le mérite de puiser à de bonnes sources, et il nous a conservé quantité de renseignements de valeur en les incorporant à son exposé. Qu'il eût d'ailleurs beaucoup lu, en particulier les anciens poètes, c'est ce qu'attestent toutes les parties de son ouvrage. Il cite surtout les vieilles épopées perdues, parfois

1. Kalkmann, Pausanias dtr Periegel ; Untersuohungen ûber seine Schriristellorei und seine Quellen. Berlin. 1883.

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