PLOTIN; PORPHYRE
donné à tout cela qu'une petite part dans sa doctrine et dans sa vie. Mais, après lui, le germe morbide allait ae développer jusqu'à une sorte de folie.
Avec ses défauts et ses qualités, le néoplatonisme de Plotin aurait pu avoir, si l'étal social eût été autre, une immense influence littéraire. Il y avait là une manière nouvelle de penser et de sentir, par conséquent une source d'inspiration. Mais Plotin lui-même, nous l'avons dit, n'avait à aucun degré le sens de l'art. Sa dialectique abstraite, subtile, obscure, ne pouvait être comprise qu'avec etl'ort. Rien de ce qu'il écrivait n'était fait pour émouvoir un public nombreux. D'autres, il est vrai, auraient pu interpréter et populariser sa doctrine. Mais il n'y avait plus en ce temps de société littéraire à proprement parler, plus de curiosité pour les formes nouvelles du beau et du vrai. Le néoplatonisme, malgré sa valeur et son appropriation à l'esprit du temps, ne communiqua pas d'ébranlement fécond à l'imagination contemporaine *.
Parmi les disciples de Plotin, ni Amélius Gentilianus. ni Eustochios (l'.\tcxandriu. ni Origènc le néoplatonicien, ni Firmus Caslricius ne peuvent arrêter notre attention '. Un seul, Porpliyre, doit être distingué, à la
1. 11 ent d'ailleurs une influencu morale et religieuse profonde, mais seulement une influence morale et religieuse. Eunape, V. de$ Soph., Plotin : ntuiivau Beptioi puiiol vûv (au v« siècle) xa( ta ^itiia a-j |»ivovToIïniitait*u)iivgi^iià>;iïpa; ûnip xoîi; IDoTuviiioùc UfO^t, iilà tai Tb «eXù n).TiBo(, lii ii ir>p3xoùoT| ôofiiàitav, i; oiùt3 xi|i7[Ttiai. Eunape, malheureu Bernent, oat toujours suspi^ct d'exagération oratoire.
2. Amélius Genlilianus. le plus remarquable d'entre eux, était originaire d'ttruria. Il s'aitacliu A Plotin en 241 et resta auprès de Ini jusqu'à an mort, il avait mis en ordre les notes qu'il prciiaîl
jM,Googlc
833 CHAP.VI.— DESEPTIME-SÉVÈRE A DIOGLÈTIEN fois pour le rôle qu'il joua dans la propagation de la doctrine et pour la place qu'il occupe dans l'histoire des lettres.
Né à Tyr en 233, Porphyre y fit sans doute ses premières études'; tout jeune, nous dit-il lui-même, il y connut le docteur chrétien Origène ; plus tard il vint en Grèce, à Athènes, où il eut pour maitre le célèbre critique Longin, It était âgé de trente ans, lorsqu'il se rendit à Rome, en 263 : ce fut là qu'il s'attacha à Plotin. De faible santé et d'humeur triste, il songeait alors à se donner la mort. Plotin devina son dessein, releva son courage, et, pendant six ans, le garda sous son influence bienfaisante ; Porphyre devint dans ce laps de temps son disciple le plus cher, et ce fut lui que le maître chargea, comme nous l'avons vu, de mettre en ordre ses écrits. Ils se séparèrent en 2(i9, Porphyre allant en Sicile pour rétablir sa santé ; ils no se revirent plus ; car Plotin mourut en son absence. La dernière partie de la vie de Porphyre nous est mal connue. II semble être resté longtemps en Sicile *, puis, après divers voyages, être revenu à Rome ^ Déjà âgé, il épousa une veuve, Marcella, pauvre, et mère de sept enfants*. Sui-
eo écoutaot aon maUre, et U les donna à son flU adoptif : elle [ormait cent volnmea (Porph., V. de Plotin, ch. m). Ni ce recueil, ni ses autres écrits ne nous sont parTenus. Toir Zeller Ph. d, Gritch.. t. V, p. 83Ï.
1. 11 s'appelait proprement Malchos. ce qui, en syrien, signifia ( roi >. Co nom Tut traduit en grec tantôt par BxaiUif, tautât par nop9Ùp(0(. Cette dernière forme est celle qu'il avait adoptée laiméme. Sa biographie nous est connue soit par ses propres témoignages (il parle beaucoup do lui-même dans sa Vie de Plotin), soit par une notice de Suidas (lIopfiipiD;) «t une autre d'Eunape {V. da S^h., Poi-phyrt). — Sur Origène, voir le passage de Porphyre cité par Eusèbe, Hitt. ecclét.. VI. 19.
i. Susèbe, Hiil. écdéi., VI, 19, ! : 'O xat' ^,|i&; tv ZixtXfi xanirTàc nop^pioc.