‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 400 sur 514 · PORPHYRE · texte numérisé non relu

PORPHYRE

(las nous dit qu'il vécut jusque sous Dioclétion (283-303); et cela est confirmé par un passage de sa Vie de Plolin (c. 23), où il parle lui-même d'une vision qu'il eut à l'âge de soixante-huit ans, donc en 301 . On peut admettre, d'après cela, qu'il mourut entre 301 el 305, probablement à Rome'.

Esprit bien moins original que Plotin, mais singulièrement actif, prompt à comprendre et aimant à expliquer, d'ailleurs très instruit en toute matière, Porphyre a beaucoup écrit. H fut à la fois philosophe, polémiste, historien, grammairien et mathématicien '. Nous ne pouvons donner ici qu'un aperçu de cette immense production liltérairo.

Ses écrits de philosophie, sans parler de la publication des Eniiéades de son maître, étaient nombreux. Suidas en énumèrc une douzaine, la plupart perdus, et sa liste n'est pas complète^ L'ouvrage le plus important pour la doctrine néoplatonicienne est l fnlroduclion à ta connaissance de l'intelligible ('Açofital sïi; -ri wttti), eourt résumé des idées fondamentales do la secte. Avec ce don de clarté qui était une des qualités de son esprit. Porphyre a su y condenser en formules brèves les enseignements de son maitre. Ce qui subsiste d'obscurité dans ce livre tient en partie k la nature même

(. EQnape, paBB. cita.

3. AugustiD. Cilé de Dieu, XJX, !! : doctlssimus pbilosopborum. Eunape, p. cLté : rpgi(i(i,aiixij; n ti; Supai iitim^i.., if>(xi|ji,i>o< xn\

3. Outre ceui dont noua allons parler, ntenlionnons, à cause de leur notoriété et sans y insister aulremont, le Traité sur l'dme (Iltp'i ^-J-pii), dédié à Boâtbos, et la Lellre à Anébon, qui traitait de la jiïinalion. Des fragments asseï importants de l'un el de l'autre subsistent dans la Pi-éparation énangtligue d'Eueèbe. Pour la Letlre à Anébon, voir aussi Augustin, Cilé de Dieu, X, oh. Xi. — Il nous reste dos fragments d'un traité Sur le* force» de l'âme (Hip! tûv tf|( ■Jiujflç Suvj|iiuv) et Ylnlroduction du commentaire sur le» catégorie» d'Aristole.

Hi>t. il< la Litt. grecque. — T. V, 53

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834GHAP.VI.— DESEPTIME-SÉVÈRE A DIOGLÈTIEN des idées, en partie à l'état d'altéraliun du texte. Il ne semble pas d'ailleurs qu'aucun élément nouveau y soit ajouté à ce que Plotin avait créé.

L'ample traité Sur l'abstinence de la chair (llepî à-oj^i^ç i\f^fj-/wi), en quatre livres, aujourd'hui incomplet à la lin, n'est pas au fond beaucoup plus personnel. L'auteur s'y adresse à un autre des disciples de Plotin, à Firmus. Castricius, qui peu a peu était revenu à l'usage de la viande, proscrit par l'ascétisme du maître, et il combat comme une faute grave cette infraction aux principes. Il le fait avec méthode, avec une certaine force de dialectique et de sentiment, mais surtout avec une érudidition d'où résulte aujourd'hui la principale valeur du livre : les renseignements y abondent sur beaucoup d'opinions des diverses sectes, et aussi sur un grand nombre de points qui touchent à la vie des anciens, notamment aux sacrifices '. L'inspiration générale, toute mystique, se traduit, çà et là- par des expressions frappantes *, sans qu'on puisse dire que, dans l'unscmble, la personnalité de l'auteur s'accuse très vivement. Le style vaut surtout par la correction du tour et la bonne tenue. Ce qui est le plus curieux, quant au fond, c'est de voir là comment l'école néoplatonicienne, tout en respectant les usages religieux du monde grec, tendait à les épurer, et comment en particulier la notion du sacritice rituel s'idéalisait pour elle ^. La théologie u aussi sa part dans cet ouvrage, mais une part restreinte; c'est d'ailleurs colle des Ennéades.

1. On y trouvu aussi quantité de citations intérossantcs; l'auteur a particulièrtiuent utilisù le traité de Théophraste Sur ta ptéti, au point qu'avec son livre on pent le restituer en parlie. Il a emprunté, CD outre, maint passage aui poètea. Bemays, Theophraslos Sckrift ueber Fp(immigkeU. Berlin, 1866.

2. I, 57 ; Oia !»T(v Uluin tuïiÎv toû t(Xo-j; îj npoTf.lweivTa lilv, ti xpf, çîvai, Tû 6eû>. àçi]).(a6évta Si toù a(d|uiio(.

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