‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 415 sur 514 · Photius, cod · texte numérisé non relu

Photius, cod

3. Dans la première moitié du xvi* aiécle. on n'en connaissait que huit, ceux qui figurent dans l'édition de Trincavolli, 153t. H. Eetlanne en puhlia six autres, en 1963. L'édition de Petau, I61S, en contient dix-neuf; celle de Hardouln, l6St. trente-deui. Ang. Mai y a joint, en IfilG, le Ilcpi t^( àpx',: et le Disc, sur Euginioa. Un trente'Cinquiéme discours {à Vaûns) ne nous a été conservé que dans une traduction latine.

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THÉMI3TI0S 875

SOUS forme d'apolog^ie personnelle, une sorte «le tableau d'ensemble de sa vie; le 24' (Iltpi Tr,ç i$'/r,<,), où il explique comment il a pu accepter de Théodose la charge de préfet de la ville sans démentir les principes de aa philosophie; et, dans un autre genre, le 5", à Jovien. sur la tolérance religieuse, dont une partie se retrouve dans le 12", àValen8;enfin le 19*, à Théodose, sur l'humanité ('Eit; t?, (piXavôftiiTCiçt toù oc'jTOxpiTOpoî).

L'éloquence de Thémistios est généralement molle et ornée, officielle et académique; mais elle a de la grâce, de la noblesse, de l'éclat, et elle s'inspire de sentiments élevés, qui lui communiquent par moments une certaine force. Son chef-d'œuvre est le discours à Jovien, plein de saines et généreuses pensées. La liberté de croyance et de culte est pour l'orateur un don de Dieu : « Celui qui use de violence en matière religieuse, dît-il, supprime la liberté que Dieu même a concédée. » Kt en fait, ajoule-t-il, la violence est stérile, car l'àme s'y dé. robe : « Cette loi de liberté, ni les confiscations, ni les croix, ni les bûchers ne peuvent la détruire; tu peux emprisonner le corps, le livrer même à la mort; l'àme s'en ira, emportant avec elle sa loi et la liberté de sa ]>ensée, alors même que la langue aura subi la contrainte ^ » De telles paroles font grand honneur à celui qui les a prononcées. Et elles ne sont pas exceptionnelles chez lui. Toute son éloquence a visé à recommander l'humanité, la justice et la haute culture de l'esprit. Étant lui-même sans passions, il a pu garder, en ce siècle de discordes et de mutuelles dénonciations, une sereine impartialité, un peu froide sans doute et sur-

1. 5* DlBC, p. 81, Dind. : *0 St npesiÏYuv tivà^xv ivaiptïtni ti^v i^ou* oiav ï^v i fl(à( a^vtfûfmm. — Kaî toûtov où ](pi][uiiaiv if aipiai;, oj mtXomc, où itupsaCà t!>v vifiov niûngn Uiâsacai àUoi t!i (liv aùi[ii a£ii( xal ânoxTivtl;, âv oÛTO tû^Tj, ^■^•^ B( alx^i^vcox t).iu6ipav [iiTà tdO iiiiiou ovititepifipouini tiiv -puiitr.ï, t! xal tt)» ïXûttoiv l%6itaUii[.

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toul trop amie des discours, mais qui donne à son personnage «quelque chose de sympathique.

Cette sagesse, grave et douce, nous sommes loin de la trouver également chez son contemporain, Libanios d'Antioche : véritahle nature d'homme de lettres, sujette à s'engouer et à s'irriter, intelligence vive et brillante, sans grande étendue ni force de réflexion, bel esprit, mais en fmde compte honnéle, éloquent, applaudi, et offrant, par ses qualités comme par ses défauts, une image assez fidèle de la société païenne du temps.

Né à Antioche, en 314, I^ibanius était issu d'une famille riche et considérée '. Ayant perdu de bonne heure son père, il futélevé par les soins de sa mère et de ses oncles. Quand il eut achevé ses premières études dans sa ville natale, saisi d'un vif amour pour l'éloquence, il se rendit à Athènes, en 336. pour s'y perfectionner dans la rhétorique. Là, au lieu de s'attacher aux maîtres les plus renommés, Ëpiphanios ou Prohœrésios, il suivitles leçons de l'obscur et médiocre Diophantos qui l'avait circonvenu- habilement. Au reste, il semble avoir fait son éducation oratoire surtout en lisant et en relisant les anciens orateurs attiques. Bientôt, il fut en état d'aider son maître dans son enseignement, et il professa ainsi à Athènes, en qualité d'adjoint, mais pendant peu de temps. Après un court voyage, nous le voyons en 342

1. La principale source, pour sa biographie, est le 1" Discours (Bioî ^ iitpl Tflî ÉdUTov TÙ^iis), qui semble avoir élé composé eo ZH et complété plus tard. Il y a en outre beaucoup de renseicDementa à tirer de ses autres discours ot de sa correspondance. Nous avoDB aussi une notice assez détaillée dans les Vies des Soph. d'Eunape, BOD contemporain, et une autre peu étendue dans Suidas (v.AtBàvto;; cf. '.\kixïio,-). I.a vie de Libanios a été étudiée de près par Sieverl. Dtu Leben des Libaniut, Berlin, 18GB. Voir L. Petit, Enai iur ta vie tt la correspondance du sophîile Ubanius, Paris, iBGS : la vie de Libanius y est résumée commodément en un tableau chronologique, p. IS-iS.

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établi à Constanlinople, à la lêle d'une école prospère. Ses succès lui attirent des envieux : leurs intrigues et leurs calomnies l'obligent à s'éloigner. A l'âge do trente-deux ans, en 346, chassé de Constantinople, il va professer à Nicéc, puis à Nicomédie, oi*! il semble avoir retrouvé le même succès. Les cinq années qu'il y passa (346-331) lui laissèrent un souvenir plein de charme; il les appelait plus tard « le printemps et la lloraison de sa vie '. » Toutefois, il revint encore à Constantinople, puis à Athènes, comme professeur public; mais en Soi, à l'âge de quarante ans, étant rentré dans sa ville natale, il se décida à s'y fixer. C'est à Anlioche qu'il vécut dès lors, sous les règnes de Constance, de Julien, de Jovîen, de Valens et de Théodose; il y mourut, dans un âge avancé, à une date incertaine, mais en tout cas après 391 '.

La situation qu'il s'y était faite par son talent était de nature à contenter son ambition. U était reconnu comme le premier des maitres d'éloquence dans la Syrie grecque; il séduisait tous ceux qui t'approchaient par une souplesse caressante ^ Les chrétiens même subissaient son influence littéraire; parmi ses disciples il put compter le jeune Jean, qui allait devenir, sous le surnom de Clipysoslôme, le plus grand orateur de l'Orient grec. D'ailleurs, loin de s'enfermer dans son école, il se mêlait à tout. 11 adressait des discours aux grands personnages, aux empereurs; il traitait les affaires de la ville, se faisait, selon les circonstances, son patron, son panégyriste, son conseiller, son défenseur; il écrivait sans cesse et. à tout )c monde, pour demander, recommander, remercier, complimenter. Tout ce que

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