s. Basile, Lettres 4T-Si
i. Pour l'ensemble (les œuvres d'Athanase et les quesUoDS da chroDologie et d'aulheatlcité, consulter Bardenhewer, ; K, 3-7, et BallfTol. Lilléi: gr. chrél., p. 265 et suivantes. Pour l'appréciation historique, morale e[ littéraire, on peut recommander l'ouvrage cita de Fialon.
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ATIIANASE 919
gèse sur la Bible et le Nouveau Testament, dout il ne reste que des fragments, peuvent être négligés Ici, ainsi que plusieurs traités dogmatiques. Pour nous, Athanase est tout entier dans quelques écrits caractéristiques : son Discours contre les Hellènes (Aôyo; xxts! 'EXXïivwv) complété par un Discours sur l'Incarnation (Ai^o; ~£pt taî Ïyav9pwc-ô?«i); toO Aôyou), eu tout deux livres, écrits avant 318, que S. Jérôme appelle, d'un titre coia\\\\ia,Adoersum ffentes libri duo; son Apologie contre les Ariens, ('AroXoyT,Tixôî xaTX 'Apîiavûv) écrit en 350 ; ses quatre Discours sur les Ariens (Kxtx 'AfcavùvXoYOi TtTrapêî), composés dans le désert, de 35G à 3151, pendant la proscription de l'auteur; son Apologie à l'empereur Constance (de 337), où i! se défend contre diverses imputations politiques et religieuses ; sa Biographie de S. Antoine, du même temps, panégyrique qui n'a pas eu peu d'influence sur la vie ascétique en Orient; ssiJusli/icalion (/e*a /«tVc, probablement do 3a8 ; l'Histoire des Ariens, lettre secrète adressée la mémo année aux moines d'Kgypte, où est retracé le développement de l'arianisme depuis 335 (le début, relatif aux années antérieures, manque; : \aLettre sur les Synorf(?s (de Rimini et do Séleucie), écrite eu 3L9; enfin un recueil de Lettres pastorales, dont nous ne possédons plus qu'une traduction syrienne, découverte en 1847. Dévoué à une idée, qu'il a, plusquo persoune, discutée, définie, élucidée, Attianase doit être considéré d'abord comme penseur. Toutefois, dès qu'on veut lui attribuer ce titre, on sent le besoin de l'expliquer. La pensée, cliez lui, n'est plus, comme chez un Plotin ou un Porphyre, curieuse, ouverte et accueillante, empressée d'aller librement à la rcchercbe de toutes les opinions et de toutes les connaissances, pour en tirer quelques parcelles de vérité et les unir ensuite dans un ample système. Cette largeur d'esprit, celte sympathie, vraiment hellénique et humaine, pour toutes les tentatives
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920 GUAP. VII. — L'ORIENT GHEC AU IV* SIÈCLE de la raison cl toutes les inspirations du cœur, cotte disposîtiou, foncièrenient libérale, qui fait la grandeur du néoplatonisme et atteste si licurcuseinent chez ses représentants la perpétuité de la belle tradition grecque, tout cela est en detiors de sa aaturc. Par sa tendance dominante, il procède plutôt du judaïsme orlliodoxe. Au lieu d'étendre la croyance, de l'assouplir et de la varier, il la resserre et la raidit. Son effort tend à constituer une formule si arrêtée, si précise, qu'elle exclura désormais tout jeu de la pensée. La pliilosopbie proprement dite ouvre des voies, lance le plus qu'elle peut l'intelligence vers l'inconnu; Atbanase, lui, vise à la captiver pour jamais, en fermant d'avance devant elle toutes les roules de la recherche. Ce n'est pas simplement un orthodoxe, c'est l'orthodoxe par excellence; il a pour génie l'esprit même de l'orthodoxie.
Seulement, son orthodoxie n'est pas celle qui se borne à accepter le dogme, c'est celle qui le crée; et voilà où se révèle sa puissance. Dès sa jeunesse, quand il écrit contre les Hellènes, la vigueur de sa pensée éclate. Il ne s'attarde pas, comme trop souvent les apologistes antérieurs, à des vues populaires et superficielles; il va au fond des choses. Très au courant de la philosophie contemporaine, il sait fort bien que les ITcllènes éclairés mettent sous les noms des dieux tout autre chose qu'un polythéisme grossier, il ne méconnaît pas qu'ils dégagent du monde visible une hiérarchie de forces divines, descendant par émanation de l'être absolu. Mais c'est justement ce qu'il leur reproche. Nourri de la Bible et de l'Evangile, épris au fond de simplicité, il ne veut pas de ces inlermcdiaircs inutiles entre Dieu et l'homme ; sa logique et sa foi écartent ces chimères, qui d'ailleurs retiennent encore l'àme humaine dans le monde des sens; il exige qu'elle aille droit au Dieu unique, de qui tout procède. Chose remarquable, ce logicien a un sens
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