‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 429 sur 514 · ATHA.NASE · texte numérisé non relu

ATHA.NASE

Mais si Anus, et en gcnùral la lilléralure de l'arianisme, nous sont t'orl mal connus ', leur principal adversaire, Atlianase, est, au contraire, une des figures les plus en lumière du iv« siècle '.

Né vers 293, à Alexandrie, il y recul, sous l'iniluence de son père, l'évèque Pétros, à la fois le zèle ardent de l'orthodoxie et l'éducation classique. Tout jeune encore, il se donna au service de l'Eglise. L'évèque Alexandros l'ayant ordonnô diacre avant l'âge ordinaire, il devint bientôt l'adversaire décidé d'Arius. Au concile de Nicée, en 325, où 11 avait accompagné son évêque, nul ne contribua plus que lui à formuler le dogme de la « consubstantialité » (J|LooucLa}, dont il peut être regardé comme le représentant et le défeusourpar excellence '. Élu évéque d'Alexandrie le 8 juin 328, il commença presque aussitôt cette vie de luttes incessantes, qui devait se prolonger pendant quarante-cinq ans. Constantin, qui l'avait d'abord protégé, l'exile à Trêves en 33S, après la condamnation prononcée contre lui par le concile de Tyr. 11 rentre dans Alexandrie en 337, Mais

i. Actios, reprtsentanl de l'arianisme eitrême; fragmcnls Je SOD S-jutaTiiitiOY Jans Épiph., Héréi., 76, 10. — Aalérioa, Athan., Di»c. e. let Àrieiu, I, 30. — Akakios le Borgne, successeur d'Eusèbe comme évéque de Césarée de Paleslioe; fragmenta daoe Épiph-, Béré$., 12, 6, 11. — EuDomios, discipk d'Akakios; fragmenU dans les écrits contradictoires de S. Basile, de S. Grégoire de Nysse.

2. Les sources biographiques, pour Alhanase, sont d'abord ses propres écrits et son panégyrique par Grégoire de Nazianze ; puis la traduclioD latine d'un Trugment d'une histoire do sa vie, composée peu après 383, dite Hisloria acephata (Sieverts, Zeiltchrîfl far die hulor. Théologie, ISS3, p. 148); ta traduction syrienne d'un Averlisirmenl qui a été composé pour la collection des Letirra pasloraiet d'Athanase (A. Mai, Nova Patrum bibllotkeca, 1. VI. l» part.) ; les extraits d'uoe Vie du grand Alhanase, dans Pholius, cod. iSS: enfin une courte et iosigniflante notice dans S. JériJme, De viris illiulribuê, 87. — Élude d'ensemble : E. FialoD, Suint Alfianaie, Paris, 1877.

3. Sozom., 1, 16 : nicioiov e!vai ^ioU [lipoc tr,; iitp\ ta-jn ^o-j).!);.

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918 CHAP. VII. — L'ORIENT GREC AU IV* SIÈCLE Constance, favorable aux Ariens, se montre son ennemi: peul-ôtre redouLait-il aussi l'ascendant dont Athanase, grâce au peuple et aux moines, jouissait en Egypte; il l'exile de nouveau en 330. Athanase, chassé d'Orient, trouve faveur en lllyrio à la cour de Constant M; il alTermit la doctrine nicécnnc en Occident, prend pari, en 3t3, au concile tenu à Sardique, en Thrace; enGn, grâce à l'appui énergique dcConstartt 11, il obtient de rentrer à Alexandrie en 346. 11 y reste, cette fois, dix ans. Mais, en 356, se sentant menacé par la haine de l'empereur, il est obligé do fuir, se cache au désert, où il vit en proscrit pendant cinq ans. Le décret de Julien qui faisait cesser toute persécutiun pour cause d'opinions religieuses le ramène dans sa ville épiscopale en 361. A peine y est-il de retour que l'empereur, alarmé de sa puissance, écrit, en 362, une lettre pleine do colère pour ordonner do le chasser d'Egypte (Lettre 6; cf. Lettre 51). Jovien le rétablit dans ses honneurs en 364. Mais, quelques mois plus tard, l'avènement de Valens, arien décidé, l'oblige à fuir de nouveau. Toutefois une réconciliation se fait bientôt entre eux, el désormais (de 365 jusqu'à sa mort, en 373) Athanase peut demeurer paisiblement dans Alexandrie. Les lettres que S, Basile lui adressait vers ce temps montrent de quelle autorité il jouissait alors dans l'Église. C'était une sorte de patriarche et d'arbitre, dont l'opinion faisait loi '.

L'activité littéraire de cet homme ardent ne fut guère moindre que son activité politique '. Beaucoup de ses écrits sont perdus; beaucoup de ceux qui lui sont attribués sont d'origine incertaine. Ses ouvrages d'exé-

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