‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 442 sur 514 · Sacerdoce, I, i-i · texte numérisé non relu

Sacerdoce, I, i-i

i. Même ouvr., 1, 3-1. Ce Basile ne doit pas éire confondu, bien «ntendu, avec le grand Basile, plus âgé d'une quinzaine d'années

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de lui. exerçant sous sa conduite le ministère de la parole. Ce temps passé à Àntiocho, soit comme diacre, soit comme prêtre, est celui de sa plus féconde activité. De trente-cinq à cinquante ans environ, il se donne à l'instruction morale et religieuse des fidèles. La plupart de ses Homélies datent de ces quinze ou seize années, et c'est alors que ce genre prend dans sa bouche toute sa valeur. L'autorité de sa parole sur le peuple d'Antioche était immense. On le vit particulièrement en 3K7, lors de la sédition qui exposa la métropole de l'Orient à la colère de Théodose. Tandis que l'évêque Flavien allait trouver l'empereur pour l'apaiser, ce fut Jean qui, pendantplusieurs semaines d'angoisses cruelles, soutint les courages, modéra ces âmes mobiles et agitées, et leur permit d'attendre avec quelque calme un pardon longtemps inespéré. Mais, en dehors même de cette crise, son inllucnce moralisatrice s'exerçait constamment. Une expérience croissante, sans supprimer en lui tous les excès d'un zèle ardent et d'une doctrine absolue, les atténuait cependant et rendait sa parole do plus en plus appropriée à sa destination. Devenu le premier orateur de l'Orient, et ayant conscience de saforce, il dépensait toute son éloquence en une prédication pratique, qui visait à l'amélioration des mœurs ; et dans cette grande ville, voluptueuse, frivole, pleine d'agitations, de jalousies, de convoitises de toute sorte, il représentait, avec une autorité incomparable, l'idéal de l'Évangile.

Il eût été à souhaiter pour lui qu'il y restât. Mais, à la Un de 397, le siège métropolitain de Constantinople étant devenu vacant par la mort du patriarche Xectarios, l'empereur Arcadius, sousl'intluence de l'eunuque Ëutrope, nt élire, pour le remplacer, Jean d'Antioche, dont la renommée était venue jusqu'à lui. C'était un choix malheureux. Il fallait à Constantinople unhomme d'un tout autre caractère. Des ditîicultés do toute sorte

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954 GHAP. VII. — L'ORIENT GREC AU IV' SIÈCLE y entouraient ie patriarche : un empereur faible, une impératrice mobile et vindicative, mille intrigues de cour, un clergé divisé, des jalousies ardenteset cachées, un peuple toujours prêt à s'agiter. Dans ce milieu, un évêque, quelque décidé qu'il fût à faire son devoir, devait cependant user de prudence, procéder lentement et avec méthode, fermer les yeux sur les petites choses, tenir compte des impossibilités, se montrer patient autant que résolu, et surtout éviter de se poser en face de la cour, ou même de se laisser représenter par la malveillance, comme une sorte de tribun. Or Jeau était un apétre, imprudent à force de zèle, incapable des concessions les plus nécessaires, habitué à tout dire, étranger aux difflcultés du gouvernement des tioiumes. Avec son admirable éloquence, qui l'enivrait lui-même, avec sa foi ardente et sa doctrine inflexible, il avait tout ce qu'il fallait pour échouer là d'une manière tragique, et il échoua en effet.

Intronisé le 26 février 398, il entrait en conflit presque aussitôt avec le tout-puissant Eutrope, qui l'avait choisi. D'ailleurs, dès l'année suivante, lorsqu'une brusque disgrâce eut renversé le favori et faillit le livrera la fureur du peuple, Jean, aussi généreux qu'il avait été hardi, le défendait, en revendiquant pour son église le droit d'asile. Mais la chute d'Eutrope livrait l'empereur à l'iafluonce de sa femme Ëudoxie; et, comme Jean ne pouvait pas ne pas être en opposition avec la puissance du jour, c'était désormais entre l'impératrice et lui que la lutte s'engageait, tantôt sourde, tantôt violente.

La hardiesse de ses prédications, presque révolutionnaires, contre le luxe, les mauvaises mtBurs, la dureté des riches, lui gagnaient le peuple, qui d'ailleurs admirait la simplicité de sa vie, son éloquence et son courage; mais elle lui créait en même temps des ennemis

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oombrcux, qui épiaient les occasions de le perdre. Déjà, il avait eu des contestations avec l'inipératrîce sur des questions de propriété. On n'eut pas de peine à persuader à Eudoxie que les censures do Jean s'adressaient à elle, car elles s'appliquaient certainement à son entourage. Dès lors, elle prêta la main à toutes les intrigues ourdies contre lui. Le patriarche d'Alexandrie, Théophile, homme autoritaire, en voulait depuis longtemps à Jean, pour avoir accueilli avec faveur des moines origénistes qu'il avait chassés d'Egypte. A l'instigation d'Eudoxie, ces griefs furent réveillés; d'autres, ramassés çà et là dans le clergé, s'y ajoutèrent. L'arche véquo fut cité, en août 403, devant un synode de trente-six évêques, choisis entre ses ennemis, et réunis à Chalcédoine dans un domaine appelé le Chêne (conciliabule du chêne, ci^vo^; ncî JipCv) ■. Jean refusa de comparaître, à moins qu'on n'écartât du synode quatre de ses ennemis notoires. Le prétendu tribunal passa outre; il déposa l'archevêque, en l'accusant, par surcroit, de lèse-majesté, pour avoir appliqué à l'impératrice, sous forme d'allusion injurieuse, le nom de Jézabel. Arcadius confirma la sentence de déposition et y ajouta la peine de l'exit.

A cette nouvelle, une vive émotion s'empare du peuple, qui commence à s'agiter. Jean, très noblement, s'emploie à le calmer, et, de lui-même, se met en route pour l'exil. Mais le peuple no s'apaisait pas, et la cour inquiète sentait se préparer une sédition, lorsqu'un tremblement de terre eut lieu pendant la nuit. La superstitieuse Eudoxio en fut épouvantée; saisissant es prétexte qui permettait de donner satisfaction au peuple tout en ne paraissant céder qu'à Dieu, elle fit rappeler

I. Palladius, Dialogue, ch. Tiii. — Voir dans Pholius, cod. S9. la liste (les accusaliona qui y turent perlées contre Chrysoslome.J

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956 CH.VP- VII- - L'OHIENT GREC AU IV* SIÈCLE l'archevêque et lui écrivit clle-mêinc une lettre de soumission. Jean, qui 6laîl déjà en Itilliynio, revint triomplialcment '.

Ce triomphe même présageait aa perte. En vain, une réc-oncitiation eut lieu; en vain, on échangea les meilleures assurances. Sa popularité le rendait redoutable. D'ailleurs, il n'était pas homme à userdésormaia déplus de prudence. Quelques mois après, vers la un de i03, à l'occasion de l'érection d'une statue de l'impératrice sur une place publique qui touchaità l'église principale, de.s réjouissances eurent lieu, dont le caractère païen lui parut offensant pour la religion. 11 somma le préfet de les faire cesser. Le conllit recommençait ainsi sous une forme plus personnelle. L'impératrice, blessée au vif, voulut cette fois aller jusqu'au bout. 11 n'est pas sur que Jean ait réellement prononcé les paroles célèbres qu'on lit aujourd'hui entête d'une homélie qui porte son nom: <r De nouveau, voici llérodiadeen délire, de nouveau elle se met en fureur, de nouveau elle danse, do nouveau elle veut qu'on lui apporte la tète de Jean sur un plat'. » Mais, à défautde ces paroles, ily en avait assez d'autres dans SCS discours, qu'on pouvait interpréter comme autant d'allusions. Kudoxic fit soulever, par les évèques qui lui obéissaient, une protestation contre le rétablissement du patriarche ; et, comme il refusait de cesser ses fonctions, il fut d'abord gardé à vue chez lui, puis, vers le milieu de 404, enlevé violemment de son église et conduit en exil.

Des scènes violentes eurent lieu à Constantinople. Un incendie, qu'on imputa aux partisaas de l'exilé, dévora les bâtiments attenant à la cathédrale et l'église ellemême. En tout cas, ses amis, parmi lesquels il y avait certainement des exaltés, continuèrent à former une

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