‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 446 sur 514 · GRAMMAIRIENS, LEXICOGRAPHES · texte numérisé non relu

GRAMMAIRIENS, LEXICOGRAPHES

tinople au v» siècle et dout l'autorilé se soutint pendant toute la période byzantine, Timothoe de Gaza (aux environs do l'ao SOO), Jean Pliiloponos (première moitié du vi« siècle), d'autres, dont i'épuijue même est incertaine, tels que Théodoretet Jean Cliarax, ne sont guère que des abréviatcurs ou des commentateurs dociles. Nous leur devons de mieux connailre des idées <]ui appartiens nent à leurs prédécesseurs et qu'ils sont loin d'avoir toujours éclaircies en les rapportant. Quelques autres, tels qu'Eudémos de Péluse (entre i50 et 500), Eugénios (vers 300), Sergios Anagnosles (,mèmo temps probablement), dont les noms et les ouvrages sont cités dans len notices biographiques, n'ont rien laissé qui ait survécu, ni sans doute qui méritai de survivre.

A côLé de ceux qui s'allaclient à mainlcnir la correction de la langue et à en perpéluer les règles, d'autres érudits s'occupent surtout de collectionner les mois,, d'en donner le sens autorisé, d'en noter les emplois classiques. El comme les mois ne vont pas sans les choses, les lexiques suscitent les dictionnaires historiques.

iiîi) : ftèglei de la déclinaison et de la conjugaison, ilans Bekker, Anecd. gr. 974-1061 ; Abrégé de la protudie d'Uèrodien, aussi attribué à Arcailius d'Anlioche (ùd. M. Schmiiit, I8G0). — Tiiiiothéc d'^ Gazu : Kégtfs générales de it/nùij-e (Gromer, Anerd. Far. IV, 239) ; aiitrus ouvrages, v. Suidas. Tijiiflea;. — JesQ PhilO|>0aos : Sur lea dialectes (Append. au Thésaurus d'il. Eetieniie) ; Règles d'accenlualioii [6d. Dindorf, Leipzig, iSâS) ; Sur let mois dunl le sens change selon l'accent (éd. E(!onol(f, I8S0). Nous avons de lui. en outre, des Cammratairei sur les Analytiques d'Aristotis, publiés dans l'édilion de l'Acad. de Berlin, — Georges Chœroboacos : Commentaire$ »ur la rhjks de Tkêodose (Gaisford. Oxford, ISIS) et Chirrobosci tcholia in canaiies verbales, éd. A. Ililgard. Leip7ig, 189i ; Sur Vorthografhe (Cramer, Anecd. d'Oxford, t. IIi ; Sur les accents (Bekker, Anecd. gr., 703-8), Commentaires sur Héphestion (Studomund, Anealota varia gnrea, I, 3I.9G). — Théodoret, Sur les esprits, Jean Chnrax, Sur les enrliliquet (Bekker, Anecd. gr., 1149-56), Coinmenlaires sur Théodose, Traiti' de V orthographe (Bekker, Anecd. gr., 1127). — Sur tous ces IgrainmaU riens, voir Krumliacher, Gesch. ,1. byz. Litler., % 137 et suiv.

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Ces lexicographes continuent l'œuvre des Alticistes du second siècle, mais avec moins de choix et presque sans critique. Le rôle dont ils se contentcut est surtout de dépouiller les œuvres de leurs prédécesseurs. — Le petit ouvrage Sur ies termes semblables ou différents (lUfi 6;j.0Mv %xt $Laipcf(i» 'kiïfiiù'*), attribué par les manuscrits à un certain Ammonios, semble n'èlre qu'un remaniement dun traité d'Héronnius Philon Sur les diverses significations des mois'. — Beaucoup plus iniportaot était le Lexique étymologique (llsp: 6tu[«.oXoyiwv} du grammairien Orion, dont il nous reste des fragments. L'auteur fut un des maîtres du philosophe Proclos à Alexandrie vers 430 ; plus tard, il enseigna à Constanlinople, et il oui l'honneur de compter parmi ses élèves la savante impératrice Eudocie, lille du sophiste Léontioset femme de Tliéodosc 11 (4Uti-45U): il lui dédia un Recueil de pensées des Anciens ('AvdoXoyiw), dont il ne nous est rien resté ; enlin il parait avoir tenu école à Césarée '. Pour composer son lexique, il avait dépouillé avec soîn les principaux ouvrages analogues qui avaient paru jusque-là '. Lui-nicme devint à son tour une autorité pour les lexicographes byzantins. C'est d'un exemplaire complet de son recueil que procèdent les principaux lexiques grecs étymologiques du moyen âge, V Etymologicum magnum, composé vers

1. Sur le faut Ammonios, voir Paulj--Wis30wa. Ammonios, il. L'auleur An cette notice, Colin, pense que le rcmnnismeDt en question date de l'époque byzanlinit et que l'ouvrage ninsi transformé a £tÔ faussement attribué à Aiitinonios, gratumairien et preire éiiyplien, qui dut quitter Alexandrie pour CoDstanlinople en 3S) (Soci'.. Hisl. ecvl, V, IS). La ilernière ôililion est encore celle Je G. F. Ammon, Erlangen. 1787.

2. Suidas. 'Upioiv eTiSaCo;; MarJnos, Vie de Proeloi. eh. vtii: Tzetïès, ChU. X, 60.

3. N'olanimenl HéracUdo de Pont, Apollodore, PhiloxèDC, le médecin Soranos, les grammairiens du second siècle. Irénée, ApoUouios Dyscole, Ilérodien et un certain Oros de Milel qui a été quelquefois confondu avec lui.

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ETYMOI.OGICA ; HÉSYGHIOS D'ALEXANDRIE 975

le X* siècle, et X'Etymohgiciim Gudîanum, ainsi nommé de (iude, à qui appartint le manuscrit aujourd'hui déposé àWulffinhuttel.Orion, bien entendu, ne possédait pas plus <|ue ses successeurs la vraie méthode étymologi(]ue ; leurs fantaisies nous donnent l'idée des siennes; mais c'est f^nice à <le tels ouvrages que nous ont élr conserves bien des fragments de textes perdus, avec de nombreux témoignages soit sur les auteurs classiques, soit sur leurs commentateurs '. — Au même siècle parait devoir être rapporté le glossaire d'Ilésycliios d'Alexandrie. L'auteur nous apprend lui-même, dans une lettre qui sert de préface à son livre, que le grammairien Diogénianos' avait eu, avant lui, l'idée heureuse de réunir en un seul lexique (appelé llefiïp-p;cé»))T8;) tout le contenu des glossaires spéciaux à l'cpopt'^c homérique, à la poésie lyrique. à la tragédie, à la comédie, aux orateurs. C'est ce travail qu'il s'est proposé d'améliorer et de compléter. Son ouvrage est comme une revue alphabétique de tous les termes rares et aussi des proverbes employés par les auteurs classiques. Non seulement il supplée pour nous <Ies scolies perdues, mais il permet aux éditeurs modernes de rétablir quelquefois dans les textes anciens les expressions primitives, quand les copistes y ont substitue des termes plus usités '. Dans le glos-

1. Les Élijinol'i^ii/iifs uiit clé plusieurs fois publ!i', La seule dditiori J'cnsamliltt ust l'ncoro celle de Sturz, Etymologka, Loipiig, lKir,.i3«a, <iui contient les rrarEincnta rl'Orion. Elle a <!té compl^lé» par Cramer, Aneed. Par., IV, et Miller, MHanf/fn. p. 1-318. VEl'jmologieuin magnum a été grunilement amélioré <tana l'éil. de Tli, Gaisfor<l, Oxfunl, 184S. Sur l'Iiisloire des Élymologliiuet, Il faut consulter aujourd'hui RËil70iisleiii, Gesctiichie der griec/iiaclien Etymologica,

2. Le même sans doute dont nous avons parlé au cliap. m et qui vWait sous Adrien (ci-dessuî. p. 637).

3. L'édition usitée est celle Je Mor. Schmidt, léna, 1857, * vol. Le même savant a donné ei) ISSi une f,mio minor en un seul volume, qui est d'un usage commode.

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970 CHAP. VIII. — LA FIN DE L'HELLÉNISME 8 aire d'Hésycliios paraissent avoir été fondus h une époque incertaine des éléments empruntés au Lexique de Cyrille, attribué au patriarche d'Alexandrie dont nous parlerons plus loin '. — Après Ilésychios, on peut nommer encore Helladios, Alexandrin également, qui vivait au V" siècle'. Au delà, cette lilti'rature se prolonge dans l'époque byzantine par des ouvrages tels que le Lexique d'Eudème, les Lexiques anonymes de Séguier iLexica Segueriana), le Lexique de Vienne, etc., dont les origines, les rapports mutuels et la date demeurent encore enveloppés d'obscurité '.

Parallèlement à cette série de lexiques proprement dits se développe une série de dictionnaires historiques, qui attestent également le souci d'aider à l'intcltigence des auteurs anciens. Le plus important semble avoir été celui d'Hésychioslllaustrios de Milet, écrivain du vi' siècle, qui composa, sous les règnes d'Anaslase, de Justin et de Justinien, un lexique d'histoire littéraire intitulé 'Ov0[i.x«»î.0Y0î (ou IKvaï tfiiv h :raiS£iq[ Ô¥o;toLCTùiv) *. — Cet ouvrage, et d'autres analogues, furent dépouillés au x*

1. Ce lexique grec Je Cyrille ne doit pas élre confondu avec le glossaire grec-latin qui porte le métne nom. Disons k ce propos que nous n'avons pas cru. devoir parler dans ce livre d'ouvrages qui non seulement n'ont par eux-mêmes rien de littéraire, mais qui ne se rapportent nièoie pua aux auteurs classiques, tels que les 'Ep;iT{V(u(toiTx du pseudo-Dosithée, le glossaire latin-grec de Phtloxène et ce glossaire grec-lalin de Cyrille.

2. Suidas, 'EUàSioî 'A).iEav6ptit. Cf. Suidas, Préface. Photios, cod. US et ST9 ; les Xpr,a<li>V'''^iiai citées et analysées dans ce dernier passaijo ne me paraissent pas distinctes du AiÇtiJv, dont on a voulu faire un autre ouvrage; en tout cas, les deux recueils étaient do mâme nature. Le Ac^ixdv était, selon Phutius, le pins étendu des recueils do ce genre.

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