‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 489 sur 514 · THÉODORE · texte numérisé non relu

THÉODORE

et quelques autres écrits du moindre importance; 2" les œuvres oratoirtis, homélies, sermons, panégyriques, dont il reste peu de chose, et les Lettres, au nombre de 48; 3° les œuvres apologétiques olexégétiques, ces der- Dières formant un ensemble considérable de commentaires sur l'Ancien et le Nouveau Testament; 4° les œuvres de polémique.

Les œuvres oratoires et les œuvres de polémique, quels qu'aient été leur succès et leur influence, sont cb qu'il y a de moins remarquable dans cet ensemble. Photius nous a conservé des fragments de cinq discours à la louange de Cbrysostome, qui durent être prononcés en 438, lorsque les restes de l'illustre banni furent ramenés à Constantinople. Le genre du panégyrique convenait peu à l'esprit sobre et mesuré de Théodoret; ces discours hyperboliques sont d'un homme qui force Bôn talent. Les principales œuvres de polémique sont la Réfutation des anathèmos de Cyrille, les Cinq discours (n*VTaXÔYuni) dirigés contre le même adversaire, et le traité intitulé Le Repas par écotCEfoonirrii), où il combat le Monophysisme d'Ëutycbës en le rattachant à ses origines. Toutes ces œuvres sont d'une pensée vigoureuse, qui s'appuie sur une connaissance solid« des textes. Mais les variations mêmes de Théodoret à propos du Nestorianisme montrent qu'il était plus fait pour la recherche que pour la polémique. Il n'était pas de ceux qui imposent leurs idées, à force de s'y attacher.

Ce qui a fait vivre son nom, ce sont ses écrits historiques, ses écrits apologétiques et ses écrits exégétiques. Nous ne reviendrons pas sur les premiers; d'autant que leurs plus remarquables qualités sont justement celles que nous avons à faire ressortir dans les autres .

Sa grande œuvre apologétique est la Démonstration de la vérité chrétienne d'après la philosophie hellénique (Eû«yTfiXix^î àTiu8jia,î é$ IWnwniiç çiiorop-ac; iitiYvusi;, in-

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106.i CUAP. Vm. — LA FIN DB L'HELLÉNISME lilulceaussi 'ESAiiïiRwv OepairiUTixîî ita(hn«,iTW¥), qui comprend douze livres et semble avoir été composée dans les prcmibrcs années de son épiscopat. L'auteur y compare les vues des écoles grecques et celles du christianisme sur les principales questions de la philosophie. Si l'on en considère le fond, cela n'est pas très original ; l'auteur n'a pas de vues personnelles; il emprunte largement à ses devanciers^ en particulier aux Stromates de Clément d'Alexandrie et à la Préparation évangélique d'Eusèbe. Mais il sait dégager et poser les questions, embrasser des ensembles, composerdes développements bien faits. De plus, il écrit clairement et sobrement, non sans un certain agrément. On peut en rapprocher les dix Discours sur la Providence, composés vers 432, qui forment comme un traité en dix chapitres sur un des points essentiels de la philosophie religieuse. Dans ces deux séries d'oeuvres, Théodoret procède de l'hellénisme qu'il combat; il y tient, quoi qu'il fasse, par ses idées, par sa méthode, par son talent même d'exposition.

Son œuvre d'exégète est bien plus considérable; elle est aussi, par sa nature même, plus spéciale ; mais elle présente les mêmes caractères. Photius, qui cite quelques-uns des commentaires de Théodoret sur diverses parties de l'Écriture, les met au-dessus de tous les autres '. Il en loue la solidité, la pénétration, et en même temps la clarté, l'ordre, la sobriété, la forme simple, élégante sans affectation, éminemment appropriée à l'exégèse. Ces éloges ne semblent pas immérités. Théodoret a hérité des meilleures habitudes de l'école d'Antioche. Il tient d'elle la prudence, le goùl des explications solides, le mépris des fantaisies allégoriques. C'est son mérite ; mais ce mérite renferme en lui-même sa

1. Cod. £03, iOf, sas. Voir en lariiculier cod. !03, l'sppréciaUoD dn commentaire sur Daniel : Ioti ti Tf|v çfà»v, tïtn SUaiApf.yinitm

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DERSIERS ÉCRIVAINS CHBÉTIEKS 1063

restriction : Théodoret n'est créateur en rien. Il dût dignement une très estimable tradition, mais il n'apportait aucun germe d'où put naître quelque cliose de nouveau. On n'est pas surpris qu'après lui il n'y ait plus rien, ou peu s'en faut.

Si l'on met à part ces deux hommes remarquables, les divers genres où ils ont brillé no comptent à partir du V* siècle que des noms peu conous.

L'éloquence religieuse est représentée surtout dans la première moitié de ce siècle par Acakios de^Béroë et Sévcrianos de Gabala, dont il nous reste quelques discours; un peu plus tard, par Proclos, Théodolos d'Ancyre, Eusèbe d'Alexandrie, un des successeurs de Cyrille; puis, verslafindu v* siècle, elle disparait pour nous. L'apologétique et la théologie, en tant qu'elles touchent à la littérature, ont à peu près le même sort. On cite, au début du V siècle, Macarios do Magnésie, qui compose, vers 410, une grande ceuvrc d'apologie, publiée très incomplètement en i876 ' ; Némésios d'Émèse, du même temps, auteur d'un traité philosophique Sur la nature de thommc, où se marque fortement l'iniluence du néoplatonisme *; puis au vi* siècle, Jean Philoponus, le grammairien d'Alexandrie que nous avons déjà nommé, auteur de plusieurs traités théologiques perdus '. Mais le seul ouvrage de ce genre qui ait exercé une durable inllueace, c'est la collection des œuvres de théologie mjs-

1. Macarii ItagnrtU qux tupenant, éJit. C. Blondvl, Paris, 1876. Voir Bardenhawer, t ^'> '■

S. Bardenliewer, | 51, 11. Publia sous le nom de Grégoire de Nysse dans la Pati-ol. gr. de Migne. t. XLV, p. IBB.

3, Bardenhewer, |S2, 3.

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10C4 CHAP. Vill.— LA FIN DE L'HELLÉNISME tique du faux Deuys l'Aréopagfite *. La date en est iucer taioe ; toutefois, elles ne peuvent être antérieures à la fin du IV* siècle, et elles appartiennent plus probablement au V" ou au VI" siècle. Ces œuvres n'intéressent guère la littérature ; mais il était impossible de ne pas les mentionner ici, car elles représenlent comme la forme chrétienne du néoplatonisme, el elles ont été, parmi les legs de l'antiquité grecque, un des plus appréciés du moyen-âge.

Dans le même ordre d'idées, il faut signaler d'un mot la littérature mystique qui se développe au v« siècle avec la vie monastique. Les monuments littéraires les plus intéressants qu'elle ail laissés sont : d'une part l'Histoire des saints ascètes adressée par Palladios à un certain Lausos {Bistoria Laustaca, 'H lupoç AdCoov Îttopia), et composée vers 420 : d'autre part, les œuvres variées de S. Nil, qui mourut au Mont Sinaï vers 430 *. Au reste, ce mysticisme n'ayant pas donné Heu à une véritable création littéraire, nous n'avons pas à y insister autrement.

On ne peut pas dire que la théologie finisse et s'élcigne tout à fait dans le monde grec comme la littérature profane. La vie religieuse demeurant active, elle se perpétue, sans noms bien marquants, à travers les vi*. vil* et vin* siècles, avec Anastase d'Anlioche (vi* siècle), Eulogios d'Alexandrie et Maxime le Confesseur (vu* siècle). Elle aboutit même, d'une manière inattendue, à un homme remarquable, non seulement par l'étendue de son savoir, mais aussi par la force et la variété de son génie, Jean de Damas (viii" siècle), qui la relève et qui en marque la fin. Son grand ouvrage, la Source de ia connaissance (Hiiyv; yyû<iEcd;), en résumant, au point de

1, Voir Bardenhewer, $ 52.

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