THÉODORET
cilesetqui Bonl devenues celles de l'orlhodoxie.Son rôle daD3 l'histoire du christianisme est donc très grand. On n'imposé pas ainsi ses opinions aux hommes sans les dominer parquelques hautes qualités. Les siennes étaient la netteté de l'esprit, la logique, la force de la volonté, la conviction. Personne au v" siècle n'est plus près que lui des grands évèques du iv', d'Athanase surtout; et toutefois on ne peut dire qu'il soil tout à fait leur égal. Comme homme d'action, il n'a pas eu à déployer toutes les qualités exceptionnelles d'Athanase. Comme orateur, il n'a ni la gravité noble ol douce de Basile, ni la grâce hrillanle de Grégoire de Xazianzc, ni l'éloquence pleine, animée, tantôt touchante, tantôt mordante, de Chrysostome. Il est pJus homme d'école ; il n'a ni le mâme naturel ni le même instinct de tu heauté. Son style a de la force et s'éclaire assez fréquemment d'images justes et frappantes; mais il est abstrait, artificiel, chargé d'expressions techniques ; chose curieuse, il rappelle celui d'Origènc et de Clément, autant ou plus que celui de ses devanciers immédiats.
Théodoret, avec d'autres qualités d'esprit, est loin d'avoir, dans l'histoire religieuse du temps, la même importance que Cyrille '. Il n'a attaché son nom à l'établissement d'aucun dogme, il n'a remporté aucune victoire d'opinion; il est seulement le dernier des grands docteurs de l'Église d'Orient.
Né vers 386 à Antioche, Théodoret put entendre encore, dans son enfance, la parole de Chrysostome et celle de Théodore de Mopsuestc. Mais il est impossible
I. Renseignements biographiques dans les historiâus ecclésiasli^ quea et dans plusieurs passages de Photius (voir l'Index de l'éd. Bekker). Pour la bibliographie moderne, consulter Bardenhewer. Pu/roi., [60; voir, en particulier, l'Bialoria Theodoreti du P. Garnier dans son édition de Théodoret.
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1060 CHAP. VIII. —LA FIN DE L'HELLÉNISME qu'il ait été leur disciple au sens propre du mot, comme on l'a dit, puisque Clirysoslome s'éloigna définitivement d'Ânlioche au début de l'année 398, et que Théodore de Mopsueste, à partir de 392, ne semble guère avoir quitté son diocèse de Cilicie. Tbéodorct s'instruisit dans le cloître. En 423, 11 fut nommé évéquc de Kyrrhos, dans ta Syrie du Nord, et il y resta jusqu'à sa mort qui eut Heu vers 458. Cet épiscopal de trente-cinq ans aurait été paisible sans les disputes soulevées par les opinions de Nestorios. Théodoret était le condisciple et l'ami de Nestorios ; d'ailleurs, le tour de son esprit devait le porter plutôt vers l'opinion qui demandait en somme le moins de sacrifices à la raison. 11 prit donc parti, avec Jean d'Antiocbe et un certain nombre d'évêques d'Orient, contre Cyrille, dont il fut le principal adversaire avant le concile d'Kphèsede 431, et même après; car il refusa de souscrire à la formule d'union de 433, et ne consentit cnfiQ à condamner officiellement Nestorios qu'au concile de Cbalcédoinc en 431. Depuis quelques années déjà, il était alors en lutte avec le6 partisans d'Eutychès, et il avait été déposé en 449 par les évèques monophysites réunis à Éphèse; mais l'empereur Marcieo, d'accord avec le pape Léon, le rétablit en 450. En dehors de ces luttes, sa vie parait avoir été consacrée surtout à l'étude et à ses devoirs d'évéque.
Doué d'une rave puissance de travail, Théodoret écrivit constamment. La plus grande partie de ses ouvrages est venue jusqu'à nous '. On peut les répartir en quatre groupes : 1° les œuvres historiques, comprenant y Histoire ecclésiastique Aoui nous avons parlé plus haut,
1. Édition complète, avec trad. lai,, B. Thftdoreti opéra omnia, du P. Sirmond, Paris, 1612, complétée par te P. Garaier, Paris, I6U {en tout, cinq vol. in-(ol.). Édition de Schulze, en S vol. In-S*. Halle, 17S9.mi, reproduite dans la Pali-ol. gr. deMlgne, t. LXXX-LXXXIV, Paris, 1S6D.
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