‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 57 sur 514 · Liste dans Diog. L., V · texte numérisé non relu

Liste dans Diog. L., V

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DËMÉTRIOS DE PHALËRE 87

VraiVés dans le genre de ceux de Théophrasle, des ouvrages d'histoire, des compilations érudilea, des éludes de Ullératare cl de rhétorique, des lettres, des œuvres oratoires. Il nous en reste fort peu de chose. Parmi ceux dont la perte semble particulièremonl regrettable, citons ; ses écrits politiques (notamment un traité Sur la Démagogie ') : son Histoirede dix ans (riep! ttî SexoaTiîa;], récit de sa régence ; — son recueil des Fables Ésopiques; — ses commentaires sur V Iliade et Y Odyssée; — sa Rhétorique, enfin, où il donnait sur Démoslhène des informations de première main '.

Comme orateur, Démétrios de Phalère ne nous est connu que par les jugements des critiques anciens, en particulier de Cicéron ' et de Quintilien '. Mais ces jugements sont assez précis pour que nous puissions nous faire une idée de son éloquence. Klle avait au plus haut degré toutes les qualités d'élégance, de grâce, de fraîcheur agréable et brillante qui conviennent au « genre tempéré ». Elle ne manquait même pas d'une certaine vigueur philosophique'. Ce qu'on regrettait de n'y pas prouver, c'était la passion, la grande puissance oratoire,

1. Cicéron go&tail fort chez Dénitîtrios lo pliilosophe politi(iue. Cf. De offin. I, i, 3 ; De Ugibut. III, 6. 1*.

i. Cf. Plutarque, Démosth., 11. — Le ntpx ipiiviia: qui noua a M conserTé sons son nom est rempli d'observations întéreKsanlea sur le style et sur le rythme oratoires. Mais c'est un ouvrage de date postérieure. Ce traité semble étred'un rhéteur de IV'poque romaine (Cf. S IM, allusion aux lalîclaves des patriciens), qui avait sous les yeni los premières éditions complètes d'Arislote (très souvent eité), et qui se rattachait par ses préférences littéraires à l'école élastique de DenyBd'Halicarnasse. Éditions de Walz. Rhetoret grmci, t. IX, C. Mûller. Orat. atlici (Didot), II; Spengel. Rhelores graeei, m. Trad. fr. de Durassier, Paris, t87!J. — Cf. Dahl, Demeiriot, IIipl 'Epii.. dans Berliner Phiiolog. Woehenichrifl, 1896, n' S. V, aussi la notice de Walz. en tête de son édition.

3. Cicéron, Brulut, 9, 31 ; Oral., r, 91; De Oral. II. !3, 95.

*. Quintilien, X, 1, 80.

S. Diog. L.. V, 8i.

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88 CHAPITRE 111. - HHÈTORIQUE, HISTOIRE, ETC. et cet aiguillon que Pôriclès, selon le mot d'Eupolîs, laissait dans l'âme de ses auditeurs. L'éloquence de Démétrios était exactement celle qu'on pouvait allendre d'un coDtemporain de Théophrasle et de Ménandre.

A côté de Démétrios, il faut citer les noms de deux orateurs qui furent surtout des logographes : Démocharès et Charisios. Démocharf-s, ueveu de Démostliène, était un imitateur fervent du grand orateur '. Charisios prit pour modèle Lysias, dont il exagérait la simplicité jusqu'à la sécheresse '.

Après Charisios et Démocharès, après Démétrios, il n'y a plus en Grèce ni orateurs proprement dits ni logographes; il n'y a que des maîtres de rhétorique et des déclamateurs. L'éloquence politique n'arait plus d'emploi. Même l'art des logographes ne trouvait plus de grandes causes à plaider. Athènes n'était plus qu'une ville de province, une cité universitaire et philosophique sans commerce. Les nouvelles capitales commerciales du monde grec étaient soumises à de? rois qui n'avaient aucun goût pour la parole libre. Il ne restait' de place que pour l'éloquence d'école ou pour les considérations tiiéoriqucs sur l'éloquence. La théorie de l'éloquence fut en partie l'aiïaire des philosophes : le Lycée, l'Académie, le Portique s'en occupaient à i'envi, comme d'une province de la dialectique. On y disputait sur la déHnition de la rhétorique, sur ses parties constitutives, sur les genres. Tout cela était peu fécond. Les rhéteurs proprement dits, sans s'interdire celte sorte de recherches, s'appliquèrent surtout à donner des modèles de l'art oratoire. A défaut de causes réelles, on en plaida de fictives; on fit parler des ambassadeurs, des hommes

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HËGËSIAS DE MAGNÉSIE 89

d'état, dans des débats imaginaires ■. Cela valait mieux, sans doute, que de composer, comme les anciens so^ phistes, l'ûlogc du « moucheron »ou celui do « Busiris ». Mais CCS harangues n'en étaient pas moins des exercices d'école assez creux, et que l'oubli toujours croissant de la réalité devait faire verser de plus en plus dans le belesprit et dans le mauvais goût. Denys d'Halicarnasse est très sévère pour toute cette rhétorique '. Il la traite d' a imbécile » et de « barbare ». >'ous ne pouvons plus en juger avec assurance : elle a péri presque tout entière. II est pourtant probable qu'il avait raison au fond, et que ses vivacités de langage, dont l'excès sent la polémique, n'étaient pas tout-k-fait imméritées.

Udo douzaine de noms de rhéteurs appartenant au m* et au ii* siècle sont arrivés jusqu'à nous '. Le plus cooDU, le seul peut-être qui mérite un bref souvenir, csL Hégésias de Magnésie, qui vivait vers le milieu du m» siècle *. C'était un polygraphe, qui avait composé, outre SCS œuvres oratoires, au moin» un écrit historique ; une histoire d'Alexandre le Grand '. Ce qui fait que le nom d'Hégésias mérite de survivre plus peut-être que quelques autres, ce n'est ni l'inlérét de ses œuvres, aujourd'hui perdues, ni son talent, car il est malmené par les critiques anciens tes plus autorisés; — mais c'est soD influence. 11 est en effet le représentant prtn-

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