‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 70 sur 514 · Liste dans C. Millier, p. i2T · texte numérisé non relu

Liste dans C. Millier, p. i2T

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. 102 CHAPITRE III, — RHÉTORIQUE, HISTOIRE, ETC. neuvo, grande, inépuisable pour la curiosité. Noue avons déjà, meationné le récit militaire et personnel de Ptolé- ■née, ainsi que les Éphémérideg, ofQcieUes ou non, qui relatèrent les marches du roi de Macédoine et l'emploi minutieux de ses journées. Une loule d'autres récits fu rent publiés. Au reste, le conquérant lui-même semblait avoir sollicité le concours des historiens. Il était parti d'Europe avec un cortèg;e de beaux-esprits, rhéteurs ou philosophes,, qui avaient pour tâche principale, sans doute, de continuer à lui faire goûter, au milieu de ses cainpagneB, le plaisir délicat de leurs entretiens, mais qui devaient aussi répandre sa gloire par leurs écrits. C'est ce qui fut fait. D'autres vinrent à la suite des premiers, et, pendant un siècle, U y eut comme un « cycle d'Alexandre a incessamment parcouru par les historiens. La matière était belle, mais elle était dangereuse par sa TÎchesse même pour des esprits que ni la pratique des afiaires ni lerespect austère de la science ne défendaient contre'des tentations de toute sorte. La première de ces tentations fut, chez les comtemporains du roi, le désir de le flatter : de même que les démagogues avaient flagorné le peuple d'Athènes, les historiens prirent l'habitude de flatter les princes. D'ailleurs, la grandeur des choses accomplies devait inviter les écrivains à enfler la voix : ea dehors de toute flatterie, il était bien tentant, pour un Grec, d'être éloquent à si bon compte. ËnGnla nouveauté des pays parcourus, leur éloignement presque fabuleux, le caractère exotique des hommes, des animaux, des plantes, do la nature entière, tout concourait à pousser les imaginations en verve un peu au-delà de l'exacte vérité. Graves inconvénients, auxquels certains hommes sans doute échappèrent plus ou moins, mais qui se firent fâcheusement sentir dans les œuvres de la plupart <. Laissons de cdté les plus obscures de ces

1. Surl'eDBemble dos bistorieDB d'Alexandre, le travail de Saiote-

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A,RISTObULBj CHARËS 103

œuvres, cellesdont lo temps o'apreatjue rion épargné'. Une demi -douzaine environ méritent une mention.

Le meilleurpeut-élre de ces historiens, celui qu'Arrien considère comme élanl le plus véridique avec Ptolémée, c'est Aristobule, qui avait fait partie de l'expédition (et probablement de l'armée) d'Alexandre ^. Il écrivit son ouvrage après la mort du roi, à Cassandrie, où il passa les dernières années de sa longue vie '.C'était, semblel-ïl, un esprit sobre, ennemi du merveilleux et même du théâtral, disposé à préférer, dans lesclioses extraordinaires, les explications les plus simples *. Une anecdote plus que suspecte ne saurait suffire à le convaincre de flatterie * : il n'en parait aucune trace dans ses fragments. On ytrouve des descriptions précises, des récits vraisemblables, et quelquefois des anecdotes à demiromanesques '.

Charès, de Mitylène, fut chambellan d'Alexandre ''. Sa situation lui permit de bien connaître l'histoire privée du roi et la vie intérieure du palais. Son ouvrage, eo dix livres au moins ', s'étendait volontiers sur cet ordre de choses. La description dos fêtes du mariage y était ample et précise '. On y lisait le récit des songes du

Croix (ffjtfiTien critique de* hiitorien* d'Alex.) garde une partie île aa valeur. Les fragmeots de ces historiens oot été recueillis p. C. Huiler (Bibl. Didot), bous ce titre ; Scnploret rerum Atexanilri magm, et publiés à la suite de VArriea de celte coUiictîon. Cf. Subbmibl. J. p. S32 et suiv.

1. Nous De connaissons guère que de nom Menœchmosdft Sicyone, Uarsyas de Pella. Éphippos, Medios, Kyrsilos, etc. Cf. C. SIQIler et Sus«inibl.

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