‹ Histoire de la littérature grecque (volume 5)Chapitre 180 sur 261 · l'liilari[iie, l.yciirgur, c. iv · texte numérisé non relu

l'liilari[iie, l.yciirgur, c. iv

2, Porphjro, Vu de l'ylhag., 1 ; Jamblique, VU dr Pythag., 2.9: Di.iK I.aerco, Vi-s des pliilos., VIII, 2; Suidas, n^-fii-xifii: ApiiL'c, Florida, II, 15.

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chose du moins est certaine; c'est que les rhapsodes, comme les acdes, récitaient des morceaux épiques divers, qu'ils ajustaient les uns aux autres de manière à en constituer des groupes. Voilà pourquoi Pindare les appelait, en jouant sur leur nom, des chanteurs de « morceaux ajustés ))\ Aucune distinction donc ne dut être faite tout d'abord entre rhapsodes et aèdes. Mais peu à peu le mot rhapsode prit une signification plus précise. Tandis qu'on appelait indifféremment aèdes tous les chanteurs, aussi bien ceux qui figuraient dans les funérailles et y faisaient entendre les thrènes funèbres que les interprètes de la poésie épique, le nom de rhapsodes fut attribué

radicaux en question ont pu former le mot ^oL^tû^é^ ; pour échapper a cette difiQculté, on avait imaginé le mot ^a68a>$d;, cité par Eustathe, pure fantaisie grammaticale, qui n'est jamais entrée dans l'usage. D'autres, en plus grand nombre, tirent le mot ^a({«a)8o( des éléments pajTTEiv et aoi87{. Ici encore les lois de l'étymologie ne sont guère respectées, car le changement du n en ^ demeure inexpliqué. Au reste, en admettant la possibilité de cette formation, il y a encore doute et divergence sur l'interprétation. Que signifie ^à;cT£iv àoiSTfv ? est-ce assembler des morceaux divers ? ou bien ajuster des vers les uns à la suite des autres de façon à former un discours poétique continu par opposition aux strophes de la poésie lyrique? ou enfin n'est-ce pas tout simplement comy^oser? L'usage homérique du mot P«7:t£iv confirmerait plutôt cette dernière hypothèse. 'PaTcreiv, en poésie, signifie, d'après le Lexique d'Apollonios, combiner^ produire quelque chose par combinaison ((jL£xa^op'.xc5; (jL7]yavaaOai xai xaTaax£ua!^£iv), et on trouve, dans Homère, xaxà 6oé7rr£iv xivc (Od., III, 118; XVI, 423; Iliade, XVIII, 367), (povov, BavaTov, [idpov fa7i:T£iv {Od.j XVI, 379, 421). Le rhapsode, en ce sens, ne serait autre chose qu'un poète. C'est avec cette signification sans doute que l'expression ^ocjcxetv aoiB7[v figure dans les vers attribués à Hésiode par le scoliasle de Pindare (Ném.j II, 1) : *Ev At[X(i) xote np&xoy iyù} xal "OiJLTjpo; doiÔoi — MA7:o[xev, cv vEapot; Cjivoiç faij*avx£ç âoi8ï(v, — 4>oî6ov 'XitéXktava y^puaaopov, 8v xéxs. ATjTtiS. 1. Ném., II, 1 : Pa:rcwv eju^wv... âoiSo^

exclusivement à ces derniers, et on s'habitua à ne plus les désigner autrement. Celte nouvelle dénomination prit faveur en un temps où Tusage de la phorminx commençait à être abandonné dans les récitations épiques. Sans doute les progrès nouveaux de la musique avaient rendu les auditeurs plus difliciles ; cet accompagnement primitif semblait monotone et insignifiant; on y renonça. En outre^ comme le génie épique allait s'afTaiblissant, ces artistes qui récitaient les vieux poèmes cessèrent d'être eux-mêmes des poètes. Ainsi le mot rhapsode prit dans l'usage un sens déterminé qu'il n'avait probablement pas eu à l'origine. II désigna ceux qui récitaient en public, sans accompagnement musical, des poésies épiques, dont ils n'étaient pas les auteurs*.

Si l'histoire des rhapsodes nous était mieux connue, celle des poésies homériques le serait par là même; car ils furent incontestablement les propagateurs de cette poésie à travers le monde grec '. C'est sans doute l'arrivée de rhapsodes samicns à Sparte dans le cours du neuvième siècle, que la tradition mentionnée par Plutarquc représentait aliégoriquement, quand elle attribuait à Lycurgue rintroduction dans sa patrie des poésies homériques recueillies par lui dans la Grèce d'Asie^. Le génie doricn, à ce qu'il semble,

1. Quand nous lisons, dans Atlicnce (XIY, c. xii), que des poésies d'Archiloque, de Simonide, d'Erapédoclc ont été rhapsodiéeSy cela veut dire par conséquent qu'elles ont été récitées sans accompagnement musical et sur une scène, avec l'appareil ordinaire des rhapsodes.

2. Sur les récitations rliapsodiques, cf. Scngebusch, première dissertation, p. 91, 128, 147.

3. Plutarqiie, Lycurgue, 4; Elien, Var. /list., XIII, 14; Héraclide

fit d'abord quelque résistance à cette poésie venue du dehors; mais enfin il se laissa séduire complètement, et il y eut à Sparte, en Crète, à Cyrène, des concours de rhapsodes ou tout au moins de solennelles représentations rhapsodiques *. Hérodote mentionne expressément des concours de rhapsodes qui avaient lieu à Sicyone au vi® siècle et que le tyran Clislhène fit cesser*. Argos, glorifiée dans V Iliade^ ne dut pas être moins hospitalière pour les rhapsodes, et il n^est pas douteux qu'ils n'aient figuré dans les fêtes homériques que cette ville, d'après un témoignage ancien, célébrait périodiquement*. Mais Taccueil que leur fit Athènes a une importance toute particulière, à cause de l'influence qu'elle eut sur la constitution et la conservation du texte écrit des poèmes d'Homère.

Si nous en croyons Diogène Laerce, le grand législateur d'Athènes, Selon, ne dédaigna pas d'imposer

de Pont, Ilêpi noXiTsiûv, Polit. Laced,, 2, dans les Histor, graec, fragm. de Mûller, t. II.

1. Max. de Tyr, XXIII, 5 : *0^ï (xèv yàp rj Sîcapxy) ^a<{/(i>8et, h^ï $à xai 7) KpTjTT), 6vj»£ 5e x«i to Atopixdv ev A:6'jt) y^voç. Voir à ce propos Marckscheirel, Ilesiodi fragmenta^ ]^. 246. — D'après le scoliaste de Pindare cité plus haut {Ném.y II, 1), ce serait Kynx*thos qui aurait le premier rhapsodie les poèmes homériques à Syracuse dans la 69® Olympiade (504-501). Cette date tardive est fort suspecte, et pourrait bien provenir d'une simple erreur de transcription. Euslathe dit aussi fort obscurément (Cornm, sur llliad.j p. 16 et 17) : Tou oLT^x^ikXv.^ xrjv '0|XT[pou «otijaiv crxeSaiOsîaav âpx.^v licoiTJaaTO Kjva'.Oo; ô Xîo;.

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