‹ Histoire de la littérature grecque (volume 5)Chapitre 186 sur 261 · PARTIE TROYENNE DU CYCLE · texte numérisé non relu

PARTIE TROYENNE DU CYCLE

lituaient*, et diverses représentations figurées, ainsi que de nombreux témoignages antiques, viennent à l'appui de cette analyse.

Il y a de fortes raisons de croire que les plus anciens de ces poèmes sont VEthiopide et la Prise d'Ilios d'Arctinos de Milet. Ce poète vivait au commencement des Olympiades, par conséquent vers le milieu du viii° siècle avant notre ère*. Son premier mérite fut de bien comprendre où en était V Iliade. Au lieu de chercher, comme les aèdes homérides l'avaient fait jusque-là, à la grossir par le dedans en y intercalant de nouveaux épisodes, il entreprit résolument de la compléter par le dehors en la continuant. Pensée féconde, qui marqua la fin d'une période et le commencement d'une autre. L'auteur de la Dolonie ou celui de la seconde Scène des morts d^ns V Odyssée^ avait été peut-être le dernier des aèdes; Arctinos fut le premier des poètes cycliques.

\J Iliade s'arrêtait à la mort d'Hector. Arctinos se mit à raconter les événements qui avaient suivi jusqu'à la chute d'Ilion. Son œuvre comprenait une longue succession de scènes sans unité intime^. L'Amazone Penthésilée venait avec ses compagnes au secours des Troyens. Elle était tuée par Achille. Thersite insultait le héros en se moquant de son amour pour la belle guerrière tombée sous ses coups. De là meurtre de Thersite par Achille, dissentiments violents parmi les Achéens, et enfin purification d'Achille

1. Homeri carmina et Cycli epici reliquiae, éd. Didot, p. 581.

2. Suidas, 'Apxtîvo;. Saint-Jérôme, Chron,, 01. I et 01. IV. Georges le Syncclle, 01. I.

3. Voyez Tanalyse de Proclus mentionnée plus haut et la table iliaque du musée du Capitole (C. I. G. y 6125, avec une planche qui reproduit les scènes en question).

par les Boins d'Ulysse dansTile de Lcsbos. Après l'Amazone Pcnlhésiléc, Mcmnon, fils de l'Aurore, arrivait à son tour comme allié du vieux Priam, et une nouvelle série d'événements commençait. Memnon tuait Anliloque et périssait ensuite de la main d'Achille. Mais celui-ci succombait dans sa victoire même, atteint par la flèche de Paris que dirigeait Apollon. Alors le poète décrivait les funérailles d'Anliloque, puis celles d'Achille, et la querelle d'Ulysse et d'Ajax au sujet de ses armes. Cette série de scènes constituait, d'après Proclus, le poème appelé El/iiopide, qui comprenait cinq livres, et que l'on distinguait de la Destruction d'Uios dont nous allons parler.

Il est à peine besoin de dire que cette division ne saurait être attribuée à Arctinos lui-môme. Celui-ci ne composait pas des poèmes distincts; il complétait la série de chants qui constituaient l'/ZW^ par d'autres chants, qui devaient peut-être, dans sa pensée, s'incorporer au groupe déjà existant'. De même que les chants de VIliade étaient connus sous les noms de Chant delà querelle. Exploits de Diomède, Patroclie, etc. du tiièmc sans doute ceux d'Arclinos s'appelaient V Amazonie, VElhiopide, la Destruction d'Uios, sans que l'usage de ces dénominations impliquât la division de son œuvre en plusieurs poùinos l'ormant chacun un tout. Ce fui donc plus tard que les recils d'Arctinos,

1. Le dobut mcmc Jii puèmc se raUnchuit du la maniùrc la plus i.ilinic! à In lin df VlUadc. Cc-llo-ci se Lermioc par ro vers: '»Q; ai-f tiu.^^E;:DV -.ifii "Ex^a.^o; In7:oSâ[ioia. Le sculiantc uous apprend qu'un autre leite portait : "Q; o'.-f à.\Lf\i7:nt -zi-^ot 'lîxTopo;- — i^XO; il' 'A|j,[ii;(ijï — 'Ajuo; Oj^i^iip jitfalijTopo; i-KoÔijioio. %\'elcker rousidi-'ro ce dernier vers comrae le co ni m en cerne m de VElhiopide d'Arctinos. Kii tuut cas, c'evt au moins une Irausitiou qui lie pou~ servir qu'à lier VElhiopide à Xlliadc.

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