PARTIE TROYENNE DU CYCLE
vail poétique qui avait constitué V Iliade j antériourcinent aux Olympiades, se continua dans le premier siècle de l'ère nouvelle. VOdyssée ne fut guère moins féconde que V Iliade, Son influence est attestée dans le cycle par deux poèmes qui l'encadrent et qui la rattachent à la série complète des événements de la guerre de Troie: ce sont les Retours et la Té lég ortie.
Les Retours sont attribués par la plupart des témoignages anciens à un poète de Trézène, nommé Agias ou Hégias*. En l'absence de toute donnée chronologique positive, on peut en faire par conjecture un contemporain de Leschès. Plusieurs raisons nous y autorisent: d'abord, la patrie mémo du poète; les Retours n'ont pu être composés par un Trézénien qu'au temps où la poésie homérique et VOdyssée en particulier étaient déjà très connues dans le Péloponnèse; puis, l'importance donnée dans le poème aux légendes locales (légendes de Colophon, des Molosses), qui ne se sont greffées que peu à peu sur la légende primitive plus générale, et qui prirent un si grand développement dans la poésie lyrique à partir du vil* siècle; enfin la forme même du poème, qui révèle un eff*ort sensible vers l'unité en dépit du sujet. — Le poète raconte le retour des Grecs après la prise de Troie. Il prend les événements au point où Arctinos les avait laissés, c'est-à-dire immédiatement après le pillage de la ville et le partage du butin, et il les conduit jusqu'au moment où tous les Grecs
1. Proclus, Chrestom. (Didot, Cycli reliq., p. 584). Pausan., I, 2* — Cependant Eustalhc, Odyssée^ XVI, 118, dit que Tauteur des Retours était de Colophon. Scngebusch (Diss. homer. poster., p. 59) suppose qu il avait au moins profité d'un poème antérieur, œuvre d'un Coloplionien.
sont rentrés chez eux, sauf Ulysse, c'est-à-dire jusqu'au début de VOdyssée. Les aventures d'Ulysse, seul entre tous les héros Achéens, sont laissées de côté. Il n'est donc pas douteux que les Retours n'aieni été composés en vue de se raccorder à VOdyssée, Ils s'y rattachaient d'ailleurs par lé développemeni qu'Agias avait donné aux faits racontés d'une manière sommaire dans la Télémachie par Nestor et par Mené las. Néanmoins l'intention du poète semble bien avoii été de constituer un poème distinct : il avait essaya en effet de donner à son œuvre l'unité, à laquelle les événements qu'il racontait ne se prêtaient guèn naturellement. On voit par l'analyse de Proclus qu( les rôles d'Agamemnon et de Ménélas dominaien tout le récit et que les aventures des autres héroi étaient habilement encadrées dans les leurs; à te point qu'un auteur ancien a pu désigner les Retour sous le nom de Rapatriement des Atrides\ Ce qu nous reste du poème ne permet pas de l'apprécier On sait par un passage de Pausanias (X, 28) qu'i contenait une description de Tlladès et de ses ter reurs , sans doute quelque chose d'analogue à 1; NexuCa de VOdyssée^ sauf les changements dus au pro grès des idées religieuses.
Si le poème des Retours servait en quelque sort< d'introduction à VOdyssée^ la Télégonie en formait h dénoùmcnt. G'ctail une œuvre de peu d'étendue les Alexandrins la divisèrent en deux livres seule ment. L'auteur était un Grec de Gvrène, nomm< Eugamon ou Eugammon, qui vivait, d'après la chro nique d'Eusèl^e, dans la LIIP Olympiade (5G8-56
1. Alhéiï., VU, p. 281, \). Il est didicili; de ne pas adineUrc ave NN'clckcr que le lilre de KàOooo; twv 'At^^iocov désigne en olFct dan ce passage le poème d'Agias de Tré^ène.