PARTIE TROYENNE DU CYCLE
av. J.-C.)*, c'est-à-dire vers le temps de Solon et de Pisistrate.
Le temps de l'épopée était alors passé ; c'était la poésie lyrique qui régnait. Aussi le poème d'Eugamon ne fut-il sans doute qu'une œuvre médiocre. Il racontait, en s'inspirant des prophéties de Tirésias dans V Odyssée^ les dernières aventures d'Ulysse après son retour à Ithaque. Le héros allait chez les Thesprotes, y contractait un nouveau mariage, et combattait pour le peuple qui l'avait accueilli. Revenu à Ithaque, il était tué par Télégonos, né autrefois de ses relations avec Circé ; et le poème se terminait par le double mariage de Télégonos avec Pénélope et de Télémaque avec Circé. Eugamon évidemment se souciait peu des vraisemblances et de telles inventions dénotent un art bien déchu*.
En face du groupe des poèmes troyens, le génie épique de la Grèce primitive en avait constitué un autre dont les légendes thébaines étaient la matière. Le siège de Thèbes n'était guère moins célèbre dans l'antiquité que le siège de Troie. Plusieurs généra-
1. ProcluSy Chrestom. (Didot, Cycli reliq., p. 504); Eustathe, Orfj55.,p. 1796, 49; Clém. d'Alex., Strom,, VI, p. 751.— Eusèbe, LUI» 01.
2. Eugamon avait voulu probablement mettre en lumière une légende domestique des princes thesprotcs qui prétendaient se rattacher à Ulysse. Les traditions de Cyrcne, sa patrie, devaient figurer aussi dans le poème, s'il est vrai, comme le rapporte Eustathe, qu'il donnait pour fils à Pénélope, outre Télémaque, un certain Arcésilas, chef sans doute de la lignée royale des Arcésilas de Cyrène (Eustathe, Odyss.y p. 1796).
lions d'aèdes sans doute se transmirent, en les grossissant, les traditions glorieuses qui s'y rapportaient, et de là sortit toute une famille d'épopées.
Ce groupe était représenté dans le cycle de Zénodote par trois poèmes, choisis peut-être entre beaucoup d'autres, VŒdipodie, la Thébaïde, et les Ept-^ gones. De ces grandes œuvres épiques, rien n'a subsisté. Nous n'avons môme pas, pour nous les représenter, la ressource d'une analyse comparable à celle de Proclus. Il en faut chercher la trace chez les mythographes, chez les poètes lyriques et tragiques, et enfin dans quelques rares témoignages isolés.
La Thébaïde ou Expédition d*Amphiaraos était V Iliade de ce groupe. Ce poème est le seul dans le cycle, avec les Epigones^ dont l'auteur nous soit entièrement inconnu. On le mentionnait sans nom de poète ou on l'attribuait à Homère. Pausanias, qui pouvait encore le lire et le comparer aux autres poésies cycliques, le mettait hors de pair*, et cette appréciation semble confirmée par l'influence qu'il a exercée. La Thébaïde a inspiré Pindare', elle a fourni des sujets de tragédies à Eschyle, à Sophocle, à Euripide, elle a suscité un imitateur au v*^ siècle dans le poète épique Anlimaque qui a voulu la refaire sur un plan nou- A^cau. Chez les Latins, Properce Tallribuait encore à Homère et admirait l'audace de son ami Ponticus, qui osait rivaliser avec le grand poète en traitant à son tour ce sujet ^; enfin Stace, que la poésie honié-
1. Pausan., IX, 9 : Ta 8ê enr) lauia KaXXîvo;, aoixo'ixEvos aùttuv eU {jLVTÎar^v, e^rjacv "Oarjpov xov TTO'.rîdavia slvai (il est probable qu'il s'agit ici du poète Callinos, bien que cela ait été très contesté). KaXX^vfo 0£ r.oXkoi le xa"'. àÇiot Xdyoy xaià Tautà Eyvioaav. 'Eytô 8à Tr;v ;:o''Tja'.v TajTTjv [xeia ys *IXta8a xai xi ejct) xà e; *0$*jaa£a È^aivû [xaXiaxa.