‹ Histoire de la littérature grecque (volume 5)Chapitre 216 sur 261 · Philocliore et Xénophanc, dans Aulu-Gellc, III, 11. Posi · texte numérisé non relu

Philocliore et Xénophanc, dans Aulu-Gellc, III, 11. Posi

et dont nous ignorons d'ailleurs les raisons sont à peu près sans valeur. Avons-nous donc, en dehors des témoignages, des arguments propres à nous décider? C'est là, on peut le dire, toute la question ^ De nos jours, on s'est attaché principalement aux preuves qu'on peut appeler historiques. Les poèmes attribués à Hésiode, particulièrement la fin de la Théogonie et les Catalogues, renferment en grand nombre des noms de peuples et des noms de lieux; ils font allusion à des légendes qui cachent des événements réels, et ceux-ci ne semblent pas toujours impossibles à découvrir. On a essayé de tirer parti de tout cela pour obtenir quelques dates certaines qui se rapportent généralement au viii® et au vu* siècle. Que vaut cette méthode? Pour nous, elle est absolument condamnée par un argument décisif: c'est que les poésies mises sous le nom d'Hésiode appartiennent manifestement à des auteurs qui ont vécu en divers temps et en divers lieux. A supposer donc qu'on pût déterminer ainsi la date où fut composé tel ou tel poème, qu'en résulterait-il relativement à la personne môme d'Hésiode? D'ailleurs peut-on douter qu'un genre où les énumérations héroïques et les généalogies tenaient une si grande place n'ait du susciter plus que tout autre le zèle des intcrpolateurs? Les archives de noblesse sont sujettes, comme on sait, à grossir en vieillissant, et nous ne pouvons nous dissimuler que les poésies hcsiodiques n'aient été souvent de véritables archives. Gomment ne pas se demander par suite, lorsqu'on détermine une date,

donios, dans Tzetzès, Exeg. in Iliad.y p. 19, 2 Herm. — Opinion des grammairiens alexandrins, Scol. Venet. Iliad., XXIII, 683.

1. Voyez, dans les Prolégomènes de GœUling déjà cités, la section II : De lempore, quo Ilesiodus vixerit.

Page 1