‹ Histoire de la littérature grecque (volume 5)Chapitre 227 sur 261 · Travaux · texte numérisé non relu

Travaux

objet préféré, à lui, simple habitant des champs, n'est pas la gloire, chose étrangère à sa vie, mais le bonheur. Et ce bonheur, il le conçoit, avec son esprit pratique et ses tendances positives, sous une forme presque toute matérielle, abondance et repos, point de soucis ni de souffrances :

« Les hommes de l'âge d'or, dit-il, vivaient comme des dieux, Tâme exempte de soucis, sans travail et sans douleur. La vieillesse accablante n'était pas suspendue sur leur tête; leurs membres restaient vigoureux jusqu'à la fin, et ils passaient le temps dans de joyeux festins, étrangers à tous les maux. En mourant, ils semblaient s'endormir. Tous les biens étaient à leur disposition ; la terre féconde leur donnait d'ellemême ses fruits en abondance, et eux, tranquilles, se partageaient ces biens en paix au milieu de l'opulence. ' »

Véritable rêve de paysan fatigué, qui se sent vieillir vite sous le poids du labeur quotidien, qui s'inquiète sans cesse pour sa subsistance mal assurée, et qui n'imagine rien de plus désirable en fin de compte que de pouvoir manger à sa faim et boire à sa soif sans user son corps par le travail ni son àmc par les soucis. Cela est touchant, parce que cela est humain et sincère. Voilà le sentiment qui remplit le poème. Si Hésiode prêche si obstinément le travail, ce n'est pas qu'il raiinc ni qu'il lui attribue, selon la pensée chrétienne, une valeur morale et religieuse. Le travail est pour lui une dure nécessité que les dieux ont imposée àriiomme ; une nécessité et non une épreuve ; une vengeance, et non une punition. Il fait partie de cette immense misère humaine dont il a un sentiment si vif et si amer: « La (( terre est pleine de maux, la mer en est pleine !* ».

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