‹ Histoire de la littérature grecque (volume 5)Chapitre 239 sur 261 · Travaux · texte numérisé non relu

Travaux

3. Signalons aussi quelques expressions énigmatiques, telles que « le mortel à trois pieds > pour dire « le vieillard >, v. 533; c l'animal sans os », pour désigner un poulpe, v. 524; c l'arbre fi cinq branches », c'est-à-dire la main, v. 743. Il n'est pas sûr que les passages où elles se trouvent soient d'Hésiode, mais elles n'ont rien qui répugne à sa manière.

qu*elle ne les recherche pas. Elle aime les sentences, et en dehors même de ce qui mérite proprement ce nom, la forme sentencieuse est celle qu'elle a presque toujours en vue et dont elle se rapproche le plus possible. Peu ou point de grands mouvements; une phrase brève, solide, bien sonnante, éminemment propre à servir toutes les qualités moyennes de l'esprit; puis des antithèses, des rapprochements de mots, tout ce qui donne à une pensée de l'originalité et du trait*. Une telle manière de gouverner le langage poétique marque une évolution importante dans l'histoire littéraire du peuple grec : nous saisissons là une curieuse transition entre l'épopée et l'élégie morale, et déjà nous pressentons de loin la naissance de la prose.

Au poème des Travaux se rattachent un certain nombre d'œuvres poétiques que l'antiquité attribuait généralement à Hésiode; nous sommes hors d'état aujourd'hui d'en indiquer ou d'en discuter l'origine ni la date. Ces poèmes ne nous sont connus que par leurs titres, par quelques rares fragments parfois suspects, et par des témoignages insudisants. Et toutefois, quand les titres seuls subsistent, ces litres mêmes ont un intérêt : ils nous laissent deviner l'importance et l'extension d'un genre dont nous venons d'étudier le type.

Le caractère commun des poèmes en question.

1. QuintilîeDi X, 1, 52: Raro assurgit Hesiudus...; tameu utiles circa praecepta scutcutiae, laevitasquc verborum et compositioiiis probabilis : daturquc ei palma \u illo mcdio geuerc diccndi.

c'était de donner des règles ou des préceptes. Les uns contenaient l'exposé des principes et des procédés de certains arts : véritables traités, ressemblant par conséquent plus ou moins à la partie des Travaux qui concerne Tagriculture et la navigation. Les autres consistaient en séries de recommandations morales ; ils se rattachaient ainsi plus directement à la première partie du même poème, à celle que nous avons appelée Y Exhortation.

On ne sera pas surpris de rencontrer tout d'abord deux traités de divination : V Ornithomantie et les Commentaires sur les prodiges. Nous avons déjà noté les rapports du calendrier qui fait partie des Travaux avec l'art des devins. Hésiode, d'après Pausanias, passait pour avoir appris la divination chez les Acarnaniens'. Instruit par eux, il avait composé ses poésies divinatoires^ c'est-à-dire les deux poèmes qui viennent d'être cités*. La divination par les oiseaux et la divination par les prodiges étant les deux formes principales de la mantique ancienne, ces deux exposés didactiques se complétaient l'un l'autre. Tout ce que nous en savons, c'est que Y Ornithomantie élait quelquefois rattachée aux Travaux et considérée comme une partie de ce poème^.

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