‹ Histoire de la littérature grecque (volume 5)Chapitre 238 sur 261 · Travaux · texte numérisé non relu

Travaux

Un autre trait de la langue hésiodîque, c'est remploi fréquent de tours indirects, de périphrases ingénieuses, où nous retrouvons encore quelque chose de la bonhomie malicieuse du peuple grec et de son goût pour les finesses du langage. Au lieu de dire tout simplement, « Si tu agis ainsi, tu pourras rem- (( plir de blé tes amphores », il aimera mieux nous faire entendre la chose d'une manière détournée : c( De cette façon, dit-il, tu auras lieu d'ôter les toiles « d'araignées de tes amphores*. » Ce n'est pas seulement l'image qui lui a plu, mais il se satisfait luimôme en disant une chose au lieu d'une autre qui y lient de près, et en faisant deviner la seconde par la première. De même encore, là où un autre dirait: « Si tu laboures trop tard, lu feras une maigre « récolte », voici comment il s'exprime : « Assis « pour moissonner, tu ne prendras dans ta main que « quelques épis et tu te couvriras de poussière en « liant tes gerbes.' » Ces petits artifices de langage sont absolument étrangers à la tradition homérique, et ils deviendraient fatigants si le poète en abusait; mais employés à propos au milieu d'un poème dont la langue est en général si saine et si savoureuse, ils lui donnent un attrait de plus ^.

Au point de vue de la structure de la phrase, la poésie hésiodique dans les Travaux n'a pas l'ampleur ni la souplesse homériques, et on peut dire

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