‹ Histoire de la littérature grecque (volume 5)Chapitre 85 sur 261 · Sculic du vers · texte numérisé non relu

Sculic du vers

plément plus ou moins tardif. Il n'esl devenu nécessaire en effet qu'au temps où les chants primitifs ont été constitués à Fétat de poème. 11 a fallu expliquer alors comment Achille, dans le chant de la Mort d Hector^ était revêtu d'armes divines', et cette explication que le public primitif ne demandait pas parce qu'il la trouvait dans la légende, on a pris plaisir à la mettre en forme d'épisode dans le poème luimême.

11 n'y a dans tout le dix-neuvième livre qu'une scène vraiment utile à l'action générale du poème : c'est celle de la Réconciliation d'Achille ci dAgatfnemnon. Tout le reste est vide ou rempli de détails sans intérêt. Nous voyons Thélis intervenir elle-même pour éloigner les mouches du cadavre d'Hector : petite besogne pour une déesse. Puis, après la réconciliation, le temps se passe à discuter si Ton prendra le repas, oui ou non, avant de combattre. Sur ce sujet un débat très long a lieu : Ulysse fait tout un discours plein de sentences générales : finalement, on décide qu*il faut manger pour mieux combattre. Achille seul refuse de prendre aucune nourriture. En vain on s'efforce de le faire changer d'avis; il faut qu'Alhéné elle-même intervienne pour le nourrir d'ambroisie à son insu. Rien n'est moins homérique que ces inventions. A la fin seulement, le récit se relève tout à coup, lorsque le poète nous montre Achille s'armant, plein de colère, pour aller

1. XXII, V. 316. Il se pourrait bien aussi que ce vers qui manque (lanH quelques manuscrits fût une interpolation. Dans ce cas, répÎHorle do Thctis et d'IIcphaestos et de la fabrication des armes Heniit tout Kimplement une de ces inventions merveilleuses qui ont été Hurajoutées aux chants primitifs, lorsque ceux-ci commeurcrent ù paraître trop simples.

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