‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 178 sur 351 · ORIGINES · texte numérisé non relu

ORIGINES

visible que les Grecs ont résumé, selon leur habitude, des faits complexes qu’ils connaissaient mal !.

Nous avons dit, à propos des origines de la tragédie, comment l’élément satyrique nous paraissait s'être dégagé peu à peu de l’élément tragique avec lequel ilétait d’abord confondu ?. Une fois qu’ilen fut séparé, la question délicate est de savoir ce qu’il devint ; nous n’y avons répondu encore qu’en passant ?. Fut-1il délaissé purement et simplement, pendant quelque temps au moins? Ou bien, expulsé du corps de la tragédie, se réfugia-t-il dans une sorte de prologue ou d’épilogue, qui restait toujours uni à l’action tragique? Ou enfin s’organisa-t-1l dès le début en pièces distinctes? Sur ce point, les témoignages font absolument défaut. Peut-être du moins quelques-unes des conjectures par lesquelles on essaye d’y suppléer sont-elles assez appuyées sur les faits connus et assez vraisemblables d’ailleurs pour qu’on puisse les accepter avec confiance.

Il n’est pas impossible que, dans la période d’essais qui va de Thespis à Pratinas, on ait vu se réaliser tour à tour ou simultanément lestrois suppositions que nous venons de faire. Rien n’empèche de croire qu'il y ait eu alors des tragédies qui n'avaient rien de satyrique, des tragédies qui élaient satyriques en partie, et déjà aussi des ébauches de drames satyriques indépendants. C’éfait

1. C’est à cette légende qu'Horace semble aussi faire allusion dans les vers bien connus de l’Art poétique, 220 et suiv.

Carmine qui tragico vilem certavit ob hireum Mox etiam agrestes satyros nudavit, et asper Incolumi gravitate jocum tentavit, eo quod Illecebris erat et grata novitate morandus Spectator functusque sacris et potus et exlex.

2. Voir plus haut, p. 35. Aristote, Poétique, ce. 5: To uiv mp&tov Terpauétow éyp@vro (dans la tragédie primitive) da To cartuptuñv «at OPHNTTLMMTÉDAV EÛVXE TV TO! NOLV.

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