Aristote, Poélique, c
Hist. de la Litt. grecque. T. III. 28
lignes si importantes qu'un petit nombre de faits. Le premier, c'est qu'il y a eu à Mégare de l’isthme une comédie politique dont l'essor fut associé à celui de la démocralie naissante; les Mégariens l'affirmaient et Aristote ne le nie pas. Le second, c’est que cette comédie resta confinée dans les villages et qu’elle garda par conséquent un caractère rustique. Le troisième, c’est qu’elle ne suscita aucun grand poète et qu’elle ne créa pas une forme durable; ectte dernière conclusion résulte de ce que les Mégariens de Sicile pouvaient sans invraisemblance considérer leur compatriole Épicharme comme le père du genre comique, prétention qu’Aristote justilie en un aulre passage, comme nous le verrons !. Cela étant posé, les quelques renseignements que nous possédons d'ailleurs prennent un sens assez net.
A la fin du vu siècle, en 612 avant notre ère, les Mégariens se trouvaient sous la domination du tyran Théagène, beau-père de lAthénien Cylon ?. Théagène fut expulsé et la démocratie établie, à une date que Meineke fixe en 581 ?. C’est donc vers ce temps que la comédie dut commencer à prendre l'importance signalée ci-dessus (dnuoxpariaz yevouévns) 4. Il n’yavait pas encore de grandes villes à proprement parler en Grèce et particulièrement en Mégaride *. La masse de la population vivait à la campagne, occupée aux travaux des champs; les fêtes de Bacchus étaient par excellence des fêtes rurales : la comédie mégarienne fut une comédie de