FARCE MÉGARIENNE
raire d'affirmer que ce dernier renseignement doive être rapporté à la période primitive.
En somme, le seul fait bien certain en tout ceci, c’est que très anciennement, — et en tout cas dans Le siècle où s’ébauche la comédie future, c’est-à-dire dans le sixième, — l’instinct mimique et l'instinct satirique, sous l’influence d’une excitation religieuse, le plus souvent dionysiaque, éclataient chez la plupart des populations grecques en manifestations bruyantes. Rien encore de bien défini; partout l'improvisation, le caprice; des idées ou plutôt des fantaisies folles qui jaillissaient au hasard des cerveaux échaulffés; mais nulle réflexion, et par conséquent nulle création durable.
Mégare mérite pourtant d'attirer l'attention !, « Les Mégariens, dit Aristote, revendiquent l'honneur d’avoir
DA inventé la comédie : ceux de listhme, en alléguant que la démocratie est née chez eux, et ceux de Sicile, parce que c’est leur cité qui a donné le jour au poète Epicharme, un peu antérieur à Chionidès et à Magnès ?;...1ls se fondent aussi sur l’étymologie ; car ils font remarquer qu'ils appellent leurs villages des comes (xüuat) tandis que les Athéniens les appellent des dèmes ; et ils pensent que les comédiens ont été ainsi nommés non pas à cause du comos, mais parce qu’ils allaient par les comes, la ville se refusant à les recevoir ?. » Laissons de côté pour le moment Mégare de Sicile etEpicharme, passons sous silence l’étymologie dontil est ici question, et ne retenons de ces
1, L'existence de la comédie mégarienne, admise universellement jusqu’à nos jours, a été contestée par M. de Wilamowitz, Hermès, IX, p. 319 et suiv. M. Denis, dans le chapitre II de son ouvrage cité, a fort bien montré la faiblesse réelle de son argumentation. Quoi qu’on fasse, elle est en contradiction formelle avec le texte d’Aristote.
2. Il faudrait traduire « de beaucoup antérieur à Chionidès et à Magnès », si l’on conservait le texte des manuscrits. II me paraît plus simple d'adopter la correction [où] no11& xp6tepos.