‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 254 sur 351 · Même pièce, Argument III (Didot · texte numérisé non relu

Même pièce, Argument III (Didot

institutions furent momentanément détruites : elle eut à subir la tyrannie des Trente, puis la guerre civile pour le rétablissement de la démocratie. Quand Pamnistie eut été proclamée, la cité respira, mais elle était appauvric et l’esprit public n'avait plus le même ressort qu’autrefois. Nous reviendrons plus loin sur les transformations que subit alors la comédie. La principale résulta du manque de chorèges; on n’était plus assez riche pour subvenir aux dépenses des représentations : le chœur fut réduit à peu de chose, la parabase fut supprimée. Le poèle qui avaiten quelque sorte incarné en lui-même l’ancienne comédie avec sa fantaisie exubérante, son lyrisme, ses hardiesses de toute sorte, dut s’accommoder, dans la seconde partie de sa vie, à ce régime nouveau. Il Ie fit avec une souplesse d’esprit remarquable, sans produire toutefois des chefsd’œuvre comparables à ceux de sa jeunesse. Plus de politique à proprement parler. En 392, il donna l’Assemblée des femmes *, satire des théories communistes qui se discutaient alors dans les écoles des philosophes ; en 388, 1l remit à la scène son Ploutos ?, sous la forme où nous le possédons : 1l y agitait la question sociale par excellence, celle de la répartition des richesses. Ce fut probablement la dernière comédie qu'il donna sous son nom. Il composa encore le Cocalos et l'Éolosicon, pièces perdues, mais il les fit représenter comme des œuvres de son fils Araros, auquel il voulait ainsi gagnerla faveur du public. La première était une comédie d’intrigue, la seconde une parodie. Aristophane suivait désormais le goût du jour et inaugurait une période nouvelle dans l’histoire du genre qu’il avait illustré.

Il mourut peu de temps après après. On prétend que

4. Pour la date, voir v. 193 et la scolie, à rapprocher de Diodore XIV, 82. 2. Ploutos : Argument.

Platon composa pour lui cette épitaphe : « Les Grâces, cherchant un temple qui ne dût pas périr, ont choisi l’âme d’Aristophane !. » Quel que soit l’auteur de ces vers, il a su dire heureusement ce qu'Athènes devait penser quand l’auteur des Oiseaux venait de disparaîlre pour Jamais.

Nous possédons onze pièces d’Aristophane. Ilen avait composé, dit-on, quarante-quatre, sur lesquelles quatre seulement paraissaient suspectes aux critiques anciens ?. Indépendamment des pièces citées plus haut, celles dont nous connaissons les titres et dont nous avons quelques fragments sont les suivantes : Anagyros, la Vieillesse, Gérytadès, Dédale, les Danaïdes, le Double naufrage, le Centaure, Niobos, les Héros, les Lemniennes, les {les (attribuées aussi au poète Archippos), les Cigognes, la Poésie, Polyidos, le Prélude, les Femmes aux fêtes de l'Isthme (Exrvds rarakaubavoucar) les Fri. coteurs (Tayaviotui), les Télémessiens, les Phéniciennes, les Saisons *. Naturellement, le sujet de la plupart de ces pièces nous est inconnu. Il n’en est pas des comédies comme des tragédies, dont les titres révèlent à peu près la donnée principale. Notons seulement que plusieurs de ceux qui viennent d’être énumérés n’ont guère pu s'appliquer qu'à des parodies, c'est-à-dire à un genre qui n’est plus représenté pour nous dans ce qui subsiste de l’œuvre d’Aristophane.

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