Suidas, Eÿroù:. Prolégom. Didot, III
part à une expédition militaire !. D'abord ami d'Aristophane, dont il partageait les idées, il semble l'avoir autorisé à insérer dans ses Chevaliers, en 424, le joli discours des Trières, dont il était l'auteur. Get emprunt d’Aristophane fut relevé, d’une manière blessante pour lui, par Cratinos dans sa Bouteille en 423 ?. Aristophane
soupçonna-t-1l Eupolis d’indiscrétion? Nous l’ignorons ;
toujours est-il qu’ils se brouilièrent. Dans le Maricas,
en 420, Eupolis imita les Chevaliers ; son personnage principal ressemblait à l’Agoracrite d'Aristophane *. Celui-ci, dans la seconde édition des Nuées, en profita pour renvoyer à Eupolis l'accusation de plagiat ‘. Dès lors, la rupture fut complète, et l'ancienne amitié se changea en une disposition toute contraire. Dans ses Baptes, Eupolis se vantait d’avoir fait les Chevaliers en collaboration avec « ce chauve » et de les lui avoir abandonnés par pure faveur *. Peu à peu, on était venu aux injures.
Entre les comédies d’Eupolis, quelques-unes méritent particulièrement d’être citées, soit pour leur valeur littéraire, soit pour leur importance politique. Dans les Chèvres (423 ?), il avait mis en scène un chœur de chèvres; par l'intention générale, la pièce se rapprochait, à ce qu'il semble, des Nuées ; les chèvres étaient Rà sans doute pour représenter les chevriers et avec eux la population rustique de l’Attique : le poète faisait le procès
1. Suidas, Eÿrolx. Suivant une légenie rapportée par Suidas, ce fut par suite de cet événement douloureux que les Athéniens exemptèrent les poëtes du service. Le bruit courut que la mort d’Eupolis n’avait pas été accidentelle, mais qu’elle était due à une vengeance d’Alcibiade offensé par la comédie des Baptes ; on fit même de cela une historiette (Prolégom. Didot, I, et surtout IX a) ; Eratosthène l’avait réfutée (Cic. Ad Aétic. 6, 1).