‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 271 sur 351 · Hésychius, Maprxäy xivaidov · texte numérisé non relu

Hésychius, Maprxäy xivaidov

, 3. Aristoph. Nuées, 551 et 555.

une séduction ; et, seul entre les orateurs, il laissait l’aiguillon dans l’âme des auditeurs 1, »

Dans les Valles, Eupolis introduisait un chœur composé des villes de la confédération athénienne. L'objet de la pièce était sans doute de critiquer la conduite des chefs athéniens envers les alliés. L’intention des Taxiarques est plus obscure pour nous. On y voyait Dionysos recevant de Phormion des leçons d’art militaire ; c'était, comme on pense, un fort médiocre soldat, avec lequel le brave stratège perdait sa peine : on riait fort de voir le dieu malmené et morigéné de la belle façon. Nous ne pouvons que nommer lAge d'or, dont nous ne savons à peu près rien. En revanche, il faut citer, comme une des pièces les plus hardies d’Eupolis, ses Baptes, représentés probablement en 415. L'audacieux poète y flétrissait les sectateurs de la déesse thrace Cotytto, et, parmi eux, Alcibiade : il les représentait comme se livrant à de honteuses débauches 2.

Cette simple énumération nous révèle quelque chose du caractère et du génie d’Eupolis. Les témoignages anciens confirment ce que nous pouvons en soupçonner. Selon le grammairien Platonios, il était merveilleux dans l'invention de la fable comique; il touchait aux plus grands sujets, et il savait, comme personne, exciter puissamment les imaginations. Ses railleries allaient droit au but; avec cela, il avait au plus haut degré la grâce qui vient de l’esprit naturel *. Mais cette grâce n’émoussait en rien les traits de la satire ; car un autre critique nous dit qu'il était « puissant par la parole »

1. Frag. 94 Kock. Voyez aussi le beau fragment 117 sur les anciens généraux d’Athènes, qu’on respectait « comme des dieux ».

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