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IV. L’atticisme. — V. La langue attique

La prééminence d'Athènes est le fait capital qui distinguc la période de l’histoire des lettres grecques dans laquelle nous entrons.

Le génie hellénique parvient alors à sa maturité. Ses qualités originales brillent de leur plein éclat; et cet éclat est d'autant plus vif, qu’à ce moment ilse concentre dans un foyer unique, d’où il rayonne. Athènes est ce foyer. Pendant deux cents ans, c’est en elle que s’élabore tout ce qui fait honneur à l'esprit national. Non pas que l’activité intellectuelle soit éteinte dans les autres parties du monde grec. Loin de là. Il y naît peut-être autant d'hommes remarquables que par le passé. Mais, au lieu de vivre chez eux et d’y faire leur œuvre, ils se tournent vers la grande cité, qui produit alors, à la fois, des maitres, dont les exemples s’imposemt, et un public, dont

Popinion est souveraine. Expliquer ce rôle d'Athènes et Hist. de la Litt. grecque. — T. III. À

le déterminer avec précision est la première chose que nous ayons à faire.

La population de l’Attique aimait à se dire autochtone, En réalité, elle s’était formée peu à peu, par une série presque continue de mélanges, sans invasion brusque ni bouleversements. Une vicille tribu pélasgique, établie sur une presqu'ile rocheuse, derrière l'abri du Cithéron et du. Parnès, en dehors de la route naturelle des invasions qui va de la Thessalie au Péloponnèse par l’isthme, avait pu vivre là dans une sécurité relative !. Les étrangers n'avaient eu accès chez elle que peu à peu, en petits groupes, les uns par mer, les autres par terre, quelquefois en combattant, et quelquefois sans combat: Phéniciens, Thraces, Cariens, Lélèges, Minyens, et plus tard, fuyant du Péloponnèse devant les envahisseurs du Nord, des Pyliens et des Achéens. La population primitive, pénétrée plus ou moins profondément par ces inliltrations, était restée pendant plusieurs siècles en travail d'organisation intime. Elle cultivait un sol maigre, mais non stérile, jouissant d’un climat sec et sain, et respirant-un air dont la pureté a été souvent célébrée ?. |

LE Thucydide, I,2;-Strabon VILLE 12:

2. Euripide, Médée, 824, — Jules Girard, Études sur l’éloquence altique, p. 51: «Il y a un si merveilleux accord entre la nature dè l’Attique et le caractère des œuvres athéniennes qu’elle semble les avoir inspirées et qu’elle en aide l’intelligence, en provoquant d’ellemême des rapprochements qui nous en rendent les qualités plus sensibles. Rien n'explique mieux l’éloquence attique que la lumière d'Athènes... L’éclat de l’éloquence athénienne, c’est la lumière même du soleil d'Athènes aux heures si belles qu’éclairent ses premiers et ses derniers rayons; rien de plus resplendissant, mais rien de plus doux. C’est un rayonnement puissant qui atteint et pénètre tout sans choc et sans résistance, Alors le soleil d’Athènes inonde les objets de lumière, mais en baigne mollement les contours, de même que les flots bleus de son golfe viennent doucement s’unir au rivage doré de Phalère. Alors tout est lumineux et transparent, tout jusqu'aux ombres des montagnes ; mais aussi tout a sa valeur ; les plans divers se dessinent nettement, toutes

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