‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 327 sur 351 · Ibidem, p · texte numérisé non relu

Ibidem, p

Hist. de la Litt. grecque. — T. III. 42

de date incertaines, que nous trouvons cités çà et là 1. Ce sont des couplets très courts, d’une allure preste et dégagée, tout en petils membres logaédiques, qui renferment ou un souvenir patriotique, ou un bon conseil,

ou une pensée moqueuse, ou simplement une brève

échappée de sentiment; parfois un apologue ésopique, résumé en quelques mots :

« Le crabe dit ainsi — quand il tint le serpent dans ses pinces : — Il faut qu'un ami soit droit, — et qui il n'ait pas de pensées tortueuses 2. »

L’éloge d'Harmodios et d'Aristogiton est un sujet préféré, qui revient souvent sous diverses formes.

« Votre gloire subsistera toujours sur la terre, — chers Harmodios et Aristogiton, — parce que vous avez tué le tyran, — et donné aux Athéniens l’égalité devant la loi 3. »

Un des bons morceaux en ce genre est le scolion, mal. heureusement altéré, du crétois Hybrias‘ :

« J’ai un grand trésor, qui est ma lance et mon épée, et le beau bouclier dont je me couvre ; c’est avec cela que je laboure, avec cela que je moissonne, c’est avec cela que je foule aux pieds le vin délicieux de la vigne ; c’est cela qui fait de moi le maître dans ma maison. — Ceux qui n’osent pas tenir la lance et l’épée ni le beau bouclier pour se couvrir, tous, tremblants et fléchissant le genou, me saluent comme leur maître et m’appellent le grand roi. »

Mais le chef-d'œuvre de cette classe de poésies est incontestablement l'hymne célèbre d’Aristote à la Vertus. Composé vers 345, après la mort toute récente d’'Hermias d’Atarnée, qui avait été l’un des meilleurs amis du grand philosophe, ce chant, comme l’a remarqué Athénée, est

1. Sur l’histoire et les formes du scolie, voir plus haut, t. IT, p. 211. 2. Bergk, Poet. lyr. gr., III, p. 648.

3. Bergk, Poet: lyr. gr.; III, p.641, fr.212% cf.\fr.9, 10, L

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