Athénée, XV, 695 À. Bergk, II, p
MÉLIAMBES 659
bien une sorte de scolion. Il procède d’un sentiment touchant et d’une idée élevée :
« Vertu, objet des efforts de la race mortelle, but glorieux où tend la vie, c’est pour ta beauté, noble vierge, que la mort même est recherchée dans l’Hellade et qu’on y supporte la dure fatigue de l’énergie indomptable. Ton charme jette les âmes dans un amour immortel, plus puissant que l’or et que les voluptés et que le sommeil aux doux regards. C’est pour toi que le fils de Zeus, Héraclès, et les jeunes héros nés de Léda ont tant souffert, voulant par leurs actes dire hautement ta puissance. Pleins des désirs que tu excites, Achille et Ajax descendirent aux demeures d’'Hadès ; et voici encore que, pour ta beauté bien-aimée, le fils d’Atarnée, lui aussi, a renoncé aux clartés du jour. Qu'il soit donc chanté pour ce qu'il a fait, qu’il devienne immortel, grâce aux Muses, filles de Mnémosyné, qui honorent Zeus hospitalier et les faveurs d’une amitié inviolable 1. »
Parmi les représentants de la poésie lyrique familière durant la période atlique, une place doit êlre réservée aussi à l’arcadien Kerkidas de Mégalopolis, contemporain de Philippe de Macédoine et auteur de Méliambes ou chants iambiques, dont il nous est resté une quinzaine de vers?. Kerkidas fut un législateur et un homme po- litique*; auxiliaire du parti macédonien, il a été flétri
par Démosthène 4. C'était un admirateur enthousiaste d'Homère 5. Ses méliambes ont düù être des chansons morales, où l’exhortation prenait plus ou moins le ton moqueur de la satire. Le plus curieux de ses fragments est formé de cinq vers relatifs à la mort de Diogène * :
4. J'ai traduit sur le texte de Bergk; quelques-unes des restitu” tions sont fort incertaines.