‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 332 sur 351 · L'ÉLÉGIE · texte numérisé non relu

L'ÉLÉGIE

Avec ces qualités, Événos devait se faire une sorte d'autorité de moraliste mondain. C’est ce qui explique pourquoi Aristote le cite à plusieurs reprises et pourquoi il lui emprunte même des choses que d'autres avaient dites avant lui. En les redisant après eux, Événos se les élait appropriées !. Si lerecueil de ses élégies nous était resté, 1l ne serait pas sans intérêt de Le placer à côté du Banquet de Xénophon, l’un et l’autre ouvrage représentant assez bien ce qu'était alors la bonne sociélé d'Athènes.

Critias le tyran, dont nous avons déjà parlé à propos de la tragédie ?, fut aussi un poète élégiaque. Il avait composé en distiques un recueil d’élégies intitulé /es Républiques (Iokweïa)?. Nous én possédons deux fragments, l’un de quatorze vers, l’autre de vingt-huit, qui peuvent nous donner quelque idée de l’ensemble. Dans le premier, le poète énumère les inventions qui font honneur à l’industrie ou au goût des divers peuples, et il finit par vanter la céramique athénienne. Dans le second, il oppose à l'abus du vin, qui était alors de mode dans les repas à Athènes, l’usage plus discret qu’on en faisait à Sparte. À en juger par ces deux morceaux, le recueil devait comprendre un nombre plus ou moins

4. Il n’y à donc aucune raison de retrancher à Théognis et d’attribuer à Événos, comme l’a fait Bergk, trois morceaux assez étendus qui figurent dans le recueil de Théognis (v. 467 sqq.; 667 sqq.; 1335 sqq.). Le premier de ces morceaux contient un vers qu’Aristote cite comme étant d’Événos ; Bergk en conclut que toutle morceau est d'Événos, et, comme, dans ce morceau, figure le nom d’un certain Simonide, il lui attribue, par voie de conséquence, les deux autres passages où le même personnage est nommé. Toutes ces conjectures s’écroulent, si l’on remarque que le vers cité est un proverbe, et si on explique, comme je le fais, pourquoi Aristote, en lé rapportant, allègue de préférence l'autorité d’Événos. Cf. Leutsch, Philoloqus, XXX, 662 sqq.

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